En l’espace de seulement huit jours, entre le 13 et le 21 septembre 2026, l’épidémie de diphtérie a connu une progression fulgurante sur le territoire sénégalais. Avec une hausse spectaculaire des cas confirmés et une extension à plus d’une trentaine de districts sanitaires, la maladie progresse à pas de géant, poussant le ministère de la Santé à tirer la sonnette d’alarme.
C’est une accélération spectaculaire et profondément inquiétante. Alors que le Sénégal enregistrait 76 cas confirmés et 9 décès dus à la diphtérie entre le 1er août et le 13 septembre, le dernier bilan publié ce lundi 21 septembre par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique dresse un tableau bien plus sombre. En à peine huit jours, le compteur s’est envolé pour atteindre 114 cas confirmés et 11 décès. En une semaine, 38 nouveaux malades ont été répertoriés et 7 nouveaux districts sanitaires ont été atteints, portant le total à 31 districts touchés à travers 12 régions du pays. Cette progression de 50 % des infections en si peu de temps témoigne d’une circulation communautaire intense et d’une dynamique épidémique incontrôlée.
Un foyer épidémique qui s’étend de jour en jour
La géographie du risque s’étend désormais sur plusieurs fronts sensibles. La région de Kédougou demeure le principal foyer d’infection avec 33 cas recensés, dont 23 pour le seul district de Kédougou, 8 à Saraya et 2 à Salémata. Cette zone frontalière subit de plein fouet la violence de la flambée. Mais la menace s’est également ancrée dans des zones à forte densité démographique. La région de Louga totalise 16 cas, notamment à Darou-Mousty et Kébémer, tandis que Dakar enregistre 15 cas, principalement concentrés à Guédiawaye, mais touchant aussi Keur Massar, Pikine, Sangalkam ainsi que le centre de la capitale. Diourbel pointe à 13 cas, avec une concentration quasi totale dans la ville religieuse de Touba, et Thiès en compte
12, majoritairement localisés à Mbour. La maladie s’est aussi infiltrée à Matam, Tambacounda, Kaolack, Kolda, Saint-Louis, Ziguinchor et Fatick, confirmant un maillage national redoutable.
Une progression multisectorielle
Pour expliquer un tel embrasement en quelques jours, les autorités sanitaires identifient une combinaison de facteurs critiques. Maladie entièrement évitable, la diphtérie réapparaît dès que l’immunité collective s’effrite, et de nombreux enfants n’ont malheureusement pas reçu l’ensemble des doses requises par le Programme élargi de vaccination. À cela s’ajoute une contagiosité extrême : transmise par les gouttelettes respiratoires émises lors de la toux ou des éternuements, la bactérie se propage comme une traînée de poudre dans les zones d’habitat dense. Enfin, le piège de l’automédication et du recours tardif aux soins aggrave la situation. Face aux premiers symptômes comme les maux de gorge, la fièvre ou les difficultés à avaler, beaucoup de familles tardent à consulter. Ce retard s’avère fatal, car la maladie peut entraîner la formation d’une membrane grisâtre dans la gorge causant une asphyxie mortelle, ou sécréter une toxine s’attaquant au cœur, tout en prolongeant la chaîne de transmission dans le foyer.
Face à ce péril sanitaire, le ministère de la Santé exhorte les parents à vérifier d’urgence le carnet de vaccination de leurs enfants pour compléter sans délai les doses manquantes. Le respect strict du calendrier vaccinal reste l’unique rempart capable de stopper la circulation bactérienne. À la moindre suspicion ou apparition de signes cliniques, les populations sont invitées à se rendre immédiatement dans une structure médicale et à éviter toute médication sauvage. Pour orienter et répondre aux questions des citoyens, les numéros gratuits 800 00 50 50 et 1919 ainsi que le SAMU au 1515 demeurent pleinement opérationnels. L’heure est à la vigilance absolue.










