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Élimination des MTN au Cameroun : le projet ACCESS MMP lancé ! 

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Réunis à l’Hôtel COFE de Yaoundé le mercredi 21 octobre 2026 pour le lancement du projet ACCESS MMP, le Ministère de la Santé publique à travers le Programme national de lutte contre l’onchocercose (PNLO), l’OMS, l’ISM et leurs partenaires unissent leurs forces pour accélérer l’élimination des maladies tropicales négligées (MTN) au Cameroun ;

En ciblant prioritairement les réfugiés de l’Est et les pasteurs nomades de l’Adamaoua, cette initiative vise à surmonter les barrières d’accès aux soins grâce à des données épidémiologiques précises, une approche par les pairs et l’outil OMS Skin Entities ;

Financé pour sa phase initiale, le projet engage 1 152 participants dans une démarche communautaire inclusive pour garantir qu’aucune population mobile ne soit laissée de côté.

Ne laisser personne de côté. Cest sous ce principe directeur de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) que s’est tenue à lhôtel COFE de Yaoundé la cérémonie dengagement des parties prenantes et de lancement officiel du projet ACCESS MMP. Intitulé « Renforcer linclusion des populations mobiles et migrantes dans la lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN) au Cameroun », cet atelier marque un tournant stratégique majeur pour la santé publique nationale.
Alors que le Cameroun intensifie ses efforts pour éradiquer les maladies tropicales négligées, une contrainte majeure persistait jusqu’ici : la prise en charge efficace des populations nomades, migrantes et réfugiées. En raison de leur forte mobilité saisonnière, de leur enclavement géographique et de barrières linguistiques ou socioculturelles, ces groupes vulnérables restent souvent en marge des campagnes de distribution de masse de médicaments. Une situation qui fragilise les acquis nationaux, la mobilité favorisant le risque de réintroduction de la transmission dans des zones pourtant assainies.

Une stratégie ciblée et scientifique

Pour répondre à ce défi opérationnel, le projet sarticule autour dun périmètre prioritaire : les réfugiés des camps de l’Est et les populations pastorales de l’Adamaoua. Lors de sa présentation, le Dr Efon Arnauld, responsable à l’Institut supérieur de recherche scientifique et médicale (ISM), a précisé l’ambition du programme : générer des données épidémiologiques rigoureuses pour co-construire une intervention adaptée.
Les travaux prévoient une étude quasi-expérimentale incluant 1 152 participants pour le volet quantitatif, 12 groupes de discussion et 30 heures d’entretiens approfondis avec les acteurs locaux. Pathologies visées : l’onchocercose, la filariose lymphatique, la schistosomiase, les géohelminthiases et les affections cutanées, évaluées par des examens cliniques, des tests biologiques, des PCR et des validations dermatologiques.

Une synergie d’experts et de partenaires

Cet atelier de lancement a permis de sceller une alliance solide entre le ministère de la Santé publique (DLMEP, PNLO), les structures régionales, les ONG et les agences internationales telles que le HCR, Helen Keller Intl et Sightsavers.
Le Dr Etienne Nnomzoo, conseiller national chargé de la lutte contre les MTN à l’OMS, a souligné l’engagement de l’organisation : « L’OMS a développé les stratégies nécessaires, dès l’élaboration du protocole à sa mise en uvre. Nous accompagnons l’utilisation de l’application Skin Entities et la formation des enquêteurs ». Il a insisté sur la nécessité d’une approche communautaire inclusive, s’appuyant sur des pairs au sein des communautés pygmées et bororos, afin de suivre le devenir réel des traitements et réactifs distribués.

De son côté, le Dr Guy Wafeu, chercheur et co-investigateur principal à l’ISM, a rappelé le rôle clé de l’institution : « Notre apport réside dans l’expertise technique sur l’analyse des échantillons, le traitement des données et la prise en charge médicale, soutenus par notre ancrage communautaire dans les zones d’étude »

Cap sur les premières évaluations

L’atelier s’est conclu par la planification d’une réunion technique préparatoire fixée dès le lendemain, visant à finaliser la composition des équipes et la logistique pour le déploiement des évaluations de base dans un délai de deux semaines. En réunissant l’ensemble des acteurs stratégiques, cet événement pose les jalons d’un modèle sanitaire plus équitable, garantissant qu’aucun citoyen ni migrant ne soit oublié dans le combat final contre les MTN au Cameroun.

Réactions

 « Le projet Access MMP vise l’inclusion des populations migrantes »

Pr. Émilienne Épée, chef du service des Maladies Tropicales Négligées au ministère de la Santé.

Le projet Access MMP vise l’inclusion des populations migrantes et mobiles dans la lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN). Déployé sur une durée de 18 mois dans les régions de l’Adamaoua et de l’Est, il a pour objectif principal de renforcer la prise en charge de ces pathologies dans les campements de réfugiés et de nomades. De façon spécifique, l’initiative entend d’abord évaluer la prévalence des MTN au sein de ces communautés, puis co-construire avec elles des stratégies d’intervention adaptées à leurs réalités de terrain, avant d’instaurer des mécanismes sur mesure dont l’impact permettra d’intensifier l’offre de soins. Plusieurs résultats sont attendus au fil du déploiement : à court terme, la réalisation d’une cartographie épidémiologique couplée à des études sociologiques sur les connaissances, attitudes et pratiques des bénéficiaires ; à moyen terme, l’ajustement des protocoles et une implication accrue des populations locales ; et à long terme, l’institutionnalisation de ces approches au sein du système de santé public afin de garantir la pérennité des acquis et d’en faire une norme durable pour éliminer les MTN.

« Accélérer l’élimination des Maladies Tropicales Négligées »

Dr Théophile Mistral Mpaba Minkat, Secrétaire Permanent du Programme national de lutte contre lonchocercose.

« Ce projet permet de restituer le rôle de la recherche et, plus particulièrement, la recherche opérationnelle comme celle menée par Access est l’outil qu’utilisent le ministère de la Santé publique et les autres institutions pour trouver des solutions concrètes. Le ministère est l’organe central, tandis que les chercheurs l’accompagnent pour répondre aux préoccupations des communautés. Nous parlons ici des maladies tropicales négligées (MTN). Elles manquent de visibilité et génèrent peu de financements. Grâce à cette initiative, les MTN seront mises au premier plan, ciblant des communautés démunies ou difficiles d’accès, comme les populations nomades, souvent manquées lors des grandes interventions du ministère. Cette fois, Access ira directement sur le terrain pour s’occuper spécifiquement de ces populations mobiles ou isolées. L’objectif est de recueillir leur ressenti et de comprendre comment elles souhaitent mettre en uvre les activités afin de garantir leur participation.
Access va ainsi aider le ministère à obtenir l’adhésion de ces populations habituellement absentes lors de nos campagnes. La co-construction consistera à élaborer avec elles des stratégies adaptées à leurs réalités. Nous pourrons ainsi augmenter la couverture géographique et le taux de couverture thérapeutique lors des traitements de masse, afin d’accélérer l’élimination des maladies tropicales négligées, une priorité du ministère. Access permettra de découvrir ce qui se passe dans des zones hors d’atteinte lors des interventions régaliennes. En obtenant l’adhésion des communautés et en étendant les couvertures géographique et thérapeutique, nous pourrons couper la chaîne de transmission, réduire la prévalence et atteindre le seuil d’élimination recommandé par l’OMS.
Deux éléments de réponse : les populations nomades sont réparties sur l’ensemble du territoire, mais elles partagent des caractéristiques communes. Les résultats de cette étude pourront donc être extrapolés ou réappliqués. Une fois le protocole établi, nous pourrons l’adapter à d’autres communautés. L’essentiel est de progresser vers l’élimination, qui demeure le but ultime.

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Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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