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Extrême-Nord : la canne blanche au cœur du combat pour l’autonomie des malvoyants

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Célébrée le 21 octobre 2026 dans la région de l’Extrême-Nord en différé, la Journée mondiale de la canne blanche a été marquée par une activité sportive et une table ronde. Au-delà de la commémoration, cette initiative met en lumière l’importance de cet outil de mobilité, la nécessité de préserver la dignité des personnes déficientes visuelles et les défis de leur inclusion sociale.


La canne blanche n’est pas un simple bâton pour les personnes déficientes visuelles. Elle représente un instrument d’autonomie, de sécurité et de liberté dans les déplacements quotidiens. Dans la région de l’Extrême-Nord, cette réalité a été au centre de la célébration de la Journée mondiale de la canne blanche, ce mercredi 21 octobre 2026. Une activité sportive et une table ronde ont constitué les principales articulations de cette mobilisation consacrée aux droits et à la participation sociale des personnes malvoyantes.
À travers ces activités, les organisateurs entendent attirer l’attention sur les difficultés auxquelles cette catégorie de personnes est confrontée dans son environnement quotidien. Se déplacer sur une route encombrée, traverser une chaussée, accéder à un bâtiment public ou emprunter un espace insuffisamment aménagé peut représenter un véritable défi pour une personne déficiente visuelle. Dans un contexte où les infrastructures ne sont pas toujours adaptées, la canne blanche contribue à repérer les obstacles et à sécuriser les déplacements.
Mais son importance dépasse sa fonction pratique. Elle constitue également un signe de reconnaissance de la déficience visuelle et rappelle aux autres usagers la nécessité d’adopter des comportements responsables. Elle favorise ainsi une meilleure compréhension des réalités vécues par les personnes malvoyantes et leur permet de circuler avec davantage de confiance.

Pour Bello Garey, responsable régional des malvoyants, cette journée constitue une occasion de faire entendre les préoccupations de cette communauté et de sensibiliser les pouvoirs publics ainsi que les populations. L’enjeu est de promouvoir un environnement dans lequel la déficience visuelle ne constitue pas un obstacle systématique à l’éducation, à l’emploi, aux loisirs et à la participation citoyenne. La sensibilisation doit s’accompagner de mesures concrètes pour améliorer l’accessibilité et réduire les discriminations.
Au-delà des discours, cette journée donne également la parole aux principaux concernés. Innocent Guibey, malvoyant, est directement confronté aux réalités liées aux déplacements et à l’autonomie. Son expérience rappelle que les difficultés rencontrées ne relèvent pas uniquement de la déficience visuelle, mais aussi de l’environnement dans lequel évoluent les personnes concernées.
La qualité des voies de circulation, l’encombrement des trottoirs, la présence d’obstacles et le manque d’aménagements adaptés peuvent compliquer les déplacements. Dans ces conditions, la solidarité des autres usagers, le respect des espaces de circulation et une meilleure prise en compte des besoins spécifiques deviennent essentiels.

Pour les personnes déficientes visuelles, l’autonomie ne se limite pas à la capacité de se déplacer seules. Elle implique également de pouvoir accéder aux services publics, poursuivre une formation, exercer une activité professionnelle et participer aux activités communautaires sans subir de marginalisation. La canne blanche contribue à cette autonomie, mais elle ne saurait remplacer les efforts collectifs nécessaires à la construction d’un environnement inclusif.

Le choix d’organiser une activité sportive donne une dimension particulière à cette célébration. Le sport permet de valoriser les capacités des personnes déficientes visuelles, de renforcer les liens entre les participants et de combattre les préjugés qui les réduisent parfois à leurs limitations. Il rappelle que la déficience visuelle n’efface ni les talents, ni les ambitions, ni le potentiel de contribution au développement de la communauté.
La table ronde, quant à elle, offre un cadre d’échange sur les préoccupations des personnes malvoyantes et les réponses à apporter. L’accessibilité des espaces publics, l’accompagnement social, l’accès à l’information et la sensibilisation des populations figurent parmi les enjeux qui méritent une attention constante.

La portée de cette journée dépend toutefois de la continuité des actions engagées. Les collectivités territoriales, les services publics, les organisations de personnes handicapées et les populations ont un rôle à jouer dans l’amélioration des conditions de vie des personnes déficientes visuelles. Des infrastructures mieux adaptées, des dispositifs d’accompagnement accessibles et une lutte soutenue contre les préjugés peuvent contribuer à réduire les obstacles rencontrés au quotidien.

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Samuel Adjewa

Journaliste communicateur

Samuel Adjewa est journaliste-communicateur basé à l’Extrême-Nord du Cameroun. Il est correspondant régional du groupe Échos Santé dans cette partie du pays. Il est actuellement en Master 2 en communication des organisations à l’Université de Maroua. Il a collaboré avec plusieurs médias et ONG nationales et internationales, notamment dans la production de contenus radio et documentaires. Son travail s’intéresse particulièrement aux questions de santé, de développement local et de communication institutionnelle.

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