Pour la 31ᵉ Journée mondiale de la femme rurale ce 15 octobre 2026, le MINPROFF opère un virage stratégique. L’objectif : substituer aux appuis ponctuels un écosystème d’investissements alliant foncier, financements, technologies et marchés.
Le jour se lève à Bamendou, village situé sur l’axe lourd, à 15 kilomètres du carrefour Balessing, dans l’arrondissement de Penka-Michel, région de l’Ouest. Mama Odette croise l’aurore sur le chemin de sa plantation. À 63 ans, l’agricultrice doit parcourir des kilomètres pour aller au champ. Un trajet qu’elle effectue quatre fois par semaine. Au bout de la boue et de la fatigue, quatre hectares de cultures : pommes de terre, Ignames jaunes, canne à sucre, plantains, maïs, arachides. « La Terre ne trahit pas », dit-elle. L’adage est sa boussole. Ce jeudi 15 octobre 2026, le Cameroun célèbre la 31e édition de la Journée Mondiale de la Femme Rurale. Thème de cette année : « Investir dans la femme rurale : un levier pour la croissance économique et le développement durable ». Guidjiba est une localité située dans l’arrondissement de Tcholliré, le département du Mayo-Rey et la région du Nord au Cameroun. Ce sera sous les auspices de Marie-Thérèse Abena Ondoa, ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille.
L’édition 2026 intervient dans un contexte particulier. Les Nations Unies ont proclamé 2026 « Année Internationale de la Femme Agricultrice ». L’objectif : reconnaître sa contribution à l’ensemble des chaînes de valeurs agroalimentaires et combler les écarts d’accès à la terre, aux financements, aux technologies, à la formation, aux services et à la prise de décision. Cette dynamique s’inscrit dans les Objectifs de Développement Durable : lutte contre la pauvreté, sécurité alimentaire, égalité des sexes, travail décent, consommation responsable et action climatique.Au Cameroun, les chiffres rappellent l’urgence. Selon la FAO, les femmes représentent plus de 60 % de la main-d’œuvre agricole. Pourtant, elles restent confrontées à un accès limité à la terre, aux moyens de production, aux financements et aux sphères de décision. Les pertes post-récoltes constituent également un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire. Face à cette réalité, le gouvernement, à travers le MINPROFF et ses partenaires, veut passer d’une logique d’appuis ponctuels à un véritable écosystème d’investissements : financement, compétences, actifs productifs, technologies, foncier, marchés, infrastructures et accompagnement entrepreneurial.
À Balessing, Maman Odette cultive quatre hectares de pommes de terre, ignames, canne à sucre, plantains, maïs et arachides. Elle nourrit sa famille, scolarise ses enfants et subvient à ses besoins. Mais les routes boueuses et le coût du transport freinent son activité. Son souhait : une agriculture mécanisée. Pour la 31e Journée mondiale de la femme rurale, la parole sera donnée aux femmes rurales. Au programme : témoignages, success stories, awards, rencontres B2B, caravanes de services, cliniques sociojuridiques, pitchs, démonstrations d’agroécologie, d’irrigation économe et d’énergie solaire.
Objectifs : renforcer les capacités des femmes rurales ; faciliter leur accès aux ressources, financements, numérique et marchés ; moderniser les chaînes de valeurs ; vulgariser les innovations féminines ; renforcer leur résilience face aux chocs climatiques, économiques et sécuritaires. Résultats attendus : plaidoyer intensifié, capacités renforcées, accès facilité aux ressources, chaînes de valeurs modernisées et résilience consolidée.








