La 12è session ordinaire du Conseil des Ministres se tient ce mercredi à Yaoundé, marqué par l’inauguration du nouveau siège et le passage de relais de la présidence au Cameroun. Mais au-delà du protocole, l’enjeu prioritaire demeure la survie de l’institution, étranglée par 22 mois d’arriérés de salaires.
Photo de famille à l’ouverture du segment des experts de la 12e session ordinaire du Conseil des ministres de la COMIFAC, à Yaoundé.
Les travaux de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) alimente les réflexions ce 4 novembre 2026 à Yaoundé, la capitale politique du Cameroun. Selon le programme officiel, la journée sera rythmée par deux temps forts de la diplomatie régionale : l’inauguration officielle du nouvel immeuble siège mis à disposition par le gouvernement camerounais et le transfert de la présidence en exercice de la République du Burundi à la République du Cameroun. Toutefois, ce rendez-vous ministériel prend l’allure d’une réunion décisive pour l’avenir même de l’organisation sous-régionale.
L’alerte a été donnée hier mardi lors de l’ouverture du segment des experts. Devant les délégués des onze États membres et les partenaires techniques et financiers, le Secrétaire Exécutif de la COMIFAC, Hervé Martial Maïdou, a dressé un bilan alarmant de la situation sociale. Relayant la doléance pressante du personnel, il a rappelé la priorité absolue : « Le règlement total des arriérés de salaire au personnel de la COMIFAC, soit vingt-deux mois ».
« La vie de notre organisation est un échec sans cela », a averti le Secrétaire Exécutif, soulignant que l’équipe consacre désormais « environ 40 % de son temps dans la recherche des solutions aux problèmes sociaux au lieu de les consacrer au développement des projets ». Preuve de cette précarité budgétaire, l’organisation de ces assises, chiffrée à 120 millions de FCFA, n’a été rendue possible que grâce au concours financier des partenaires.
L’exigence d’une souveraineté budgétaire des États
Cette crise de trésorerie figure en tête des trois grands dossiers soumis à l’arbitrage des Ministres.
Lors des travaux préparatoires, les bailleurs de fonds internationaux ont réaffirmé leur soutien tout en fixant leurs conditions. Knut Gummert, représentant la Co-facilitation Germano-Congolaise du PFBC, a rappelé que plus de 2,9 milliards de dollars ont été annoncés jusqu’en 2030 dans le cadre du Fair Deal de Belém. Il a cependant averti : « Les contributions propres des États membres constituent un élément essentiel de l’appropriation et sont un critère déterminant pour les bailleurs ». Autrement dit : si les États membres ne s’acquittent pas de leurs cotisations, les partenaires internationaux ne suivront pas. Un appel à la responsabilité budgétaire soutenu au nom de l’Union Européenne par Stephen Peedell.
Climat et biodiversité : une stratégie commune pour la décennie
Le deuxième volet des discussions porte sur la validation stratégique du Plan de Convergence révisé 2026-2035. Présenté par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), ce document d’orientation décennal intègre la préservation du capital naturel, la résilience climatique, la bioéconomie et la prise en compte explicite des peuples autochtones.
Enfin, le troisième dossier concerne l’harmonisation de la diplomatie climatique sous-régionale. Le Ministre des Forêts et de la Faune du Cameroun, Jules Doret Ndongo, a appelé les pays membres à se regrouper en vue de la COP31 en Turquie pour « faire entendre une seule et même voix forte et unie » afin d’accroître l’accès aux financements mondiaux, tout en défendant « le droit souverain de nos États à valoriser durablement leurs ressources ».
En réunissant l’urgence sociale, la refonte stratégique et les défis environnementaux, la réunion ministérielle de la COMIFAC devra prouver que la volonté politique des États membres peut se traduire par un engagement financier concret.
COMIFAC – 12e session ordinaire : les données clés
Segment des experts, Yaoundé, 3 novembre 2026
Graphique 1 : Où passe le temps du Secrétariat ?

Source : Hervé Martial Maidou, Secrétaire exécutif. Le « ~60 % » est le complément du chiffre annoncé.
Graphique 2 : Le poids du Bassin du Congo

Source : intervention du PNUE. Le « ~72 % » est le complément du chiffre annoncé.
ENCADRÉ : Les 3 décisions attendues ce mercredi
Le siège : Inauguration officielle du bâtiment abritant la COMIFAC à Yaoundé, offert par le Cameroun. Selon le programme officiel, la cérémonie est placée sous la présidence du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, actuellement en déplacement au Sommet du Commonwealth.
La présidence : Transfert officiel du Burundi au Cameroun pour deux ans. Le Cameroun avait déjà assuré la présidence jusqu’en mars 2023.
La survie : Adoption du plan de redressement financier adopté en ligne le 30 juin 2026, examen des contributions égalitaires et règlement des 22 mois d’arriérés de salaires.
Tableau des chiffres cités
| Indicateur | Valeur |
| Arriérés de salaire du personnel | 22 mois |
| Temps du Secrétariat consacré aux problèmes sociaux | ~40 % |
| Coût d’une réunion comme celle-ci | ~120 millions FCFA |
| Perte de forêt dans le Bassin en 2025 | ~2,4 millions d’hectares |
| Engagements des partenaires jusqu’en 2030 | > 2,9 milliards de dollars |
| Part du carbone de tourbière tropicale mondiale | ~28 % |
| Espèces végétales (dont ~1/3 endémiques) | ~10 000 |
| Personnes dépendant du Bassin du Congo | ~80 millions |
Chiffres relevés dans les discours prononcés ce mardi 3 novembre au siège de la COMIFAC à Yaoundé.






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