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Garoua-Boulaï : le partogramme au cœur du renforcement des compétences

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Pour contrer la mortalité maternelle et néonatale à l’Est du Cameroun (6 décès maternels et 58 néonataux en 2025), 46 soignants du district de Garoua-Boulaï ont été formés le 25 août 2026 à l’utilisation du partogramme, un outil clé pour détecter les complications et sécuriser les accouchements.


Dans le cadre des efforts continus visant à réduire la mortalité maternelle et néonatale, la salle de réunion de l’Hôpital régional annexe de Garoua-Boulaï a accueilli, le 25 août 2026, un important atelier de renforcement des capacités du personnel de santé sur l’utilisation correcte du partogramme en salle de travail. Organisée par la Délégation régionale de la Santé publique de l’Est, avec le soutien d’organisations humanitaires majeures telles que le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et Africa Humanitarian Action (AHA), cette session de formation marque un tournant dans la prise en charge obstétricale au sein du district.   

Des statistiques alarmantes comme déclencheur
L’initiative de cet atelier repose sur un constat épidémiologique préoccupant. Les données sanitaires enregistrées en 2025 dans le district de santé de Garoua-Boulaï font état de 3 920 accouchements, émaillés malheureusement par 6 décès maternels et 58 décès néo-nataux. Face à ces pertes évitables, la formation a réuni 46 participants issus de 16 formations sanitaires réparties à travers les 9 aires de santé du district, dans l’optique d’harmoniser et de perfectionner les pratiques de surveillance pendant le travail d’accouchement.
Sous la coordination du Dr Leon Tendi Nembe, gynécologue-obstétricien à l’Hôpital régional annexe de Garoua-Boulaï, et grâce aux interventions d’expertes telles que Meka Monique Blanche (sage-femme UNFPA) et Mme Mveng (sage-femme HRAGB), les prestataires ont bénéficié d’un réapprentissage approfondi des outils graphiques et cliniques indispensables à la maternité.

Le partogramme : un outil vital de détection et de décision

Le partogramme constitue la pierre angulaire de la surveillance obstétricale en phase active du travail (dès 5 cm de dilatation). Conçu pour être utilisable à tous les niveaux de la pyramide sanitaire, il permet un enregistrement synthétique, graphique et méthodique des données fœtales, maternelles et de la progression de l’accouchement.

Considéré comme un véritable « système d’alarme précoce », le partogramme permet de surveiller la règle fondamentale des « 3 P » : le Passage (bassin), le Passager (fœtus) et la Puissance (contractions utérines). Grâce au tracé rigoureux des lignes d’alerte et d’action, cet outil offre aux praticiens la possibilité d’identifier précocement les dystocies mécaniques ou dynamiques, la disproportion céphalo-pelvienne (DCP), ou encore la souffrance fœtale aiguë. Il guide ainsi la prise de décision rapide : relance du travail par ocytocine, évacuation ou réalisation d’une césarienne d’urgence, prévenant ainsi les ruptures utérines, les fistules obstétricales, les infections néonatales et les hémorragies du post-partum.

Une vision globale intégrée à la Couverture Santé Universelle (CSU)

Au-delà de son rôle clinique et pronostique, le partogramme demeure un document médico-légal de référence qui responsabilise le personnel de santé et sécurise la relation de soin. La formation a insisté sur une prise en charge globale, incluant une surveillance post-partum immédiate très stricte (évaluation des paramètres vitaux, du saignement et du tonus utérin) pour prévenir toute complication précoce.
Cette activité s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale de Couverture Santé Universelle (CSU) promue par le ministère de la Santé publique du Cameroun. En renforçant les compétences théoriques et pratiques des sages-femmes, infirmiers et médecins de première ligne, le district de Garoua-Boulaï réaffirme sa volonté de garantir un accouchement sécurisé pour chaque femme, réduisant ainsi durablement la morbi-mortalité materno-fœtale dans l’Est.

Réaction

« Renforcer les capacités des prestataires de maternité »

Dr. Leon Tendi Nembe, directeur de l’Hôpital Régional Annexe de Garoua-Boulai

La formation a été justifiée au vu des problèmes rencontrés sur le partogramme pendant les séances mensuelles de revue des décès maternels et néonataux dans le district de santé de Garoua-Boulai. 46 professionnels de santé issus de 16 formations sanitaires des 9 aires de santé et districts ont assisté à la formation. L’objectif général était de renforcer les capacités des prestataires de maternité sur le remplissage systématique et l’interprétation adéquate du partogramme afin de réduire la morbi-mortalité materno-fœtale pendant le travail d’accouchement.
Les avantages du pathogramme sont multiples.

L’utilisation du patogramme en salle d’accouchement permet de détecter précocement les anomalies maternelles ou fœtales survenant pendant le travail d’accouchement, de prendre les décisions adéquates et à temps et d’éviter plusieurs complications comme les souffrances fœtales aiguës, les anomalies des descentes du mobile fœtal, le travail prolongé, les hémorragies postpartum, les fistules obstétricales, les ruptures utérines et les décès maternels ou néonataux pendant le travail. Comme limite du patogramme, il ne renseigne pas sur les antécédents obstétriques de la femme.
Donc il est important d’avoir un dossier qui permet de mieux connaître toutes les sortes obstétriques de la femme. Le patogramme ainsi donc permet un meilleur suivi du travail d’accouchement.

En organisant cette formation, l’hôpital régional annexe de Garoua-Boulai entend améliorer les connaissances et les compétences des prestataires des autres maternités du district de santé afin de réduire la mortalité materno-fœtale et d’améliorer la qualité des références en tant qu’hôpital de référence du district.
Depuis le début de l’année 2026, l’hôpital régional annexe de Garoua-Boulai a enregistré 870 accouchements. Pour l’organisation de cette formation, l’hôpital régional annexe a reçu un appui venant de la délégation régionale en santé publique de l’Est et des partenaires comme L’UNFPA et l’ONG AHA (Action Humanité Africaine).

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Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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