Confrontée à l’exiguïté de ses locaux et à un matériel vieillissant, l’unité d’ophtalmologie de l’hôpital de district d’Efoulan, dirigée par le Dr Claude Njusa, prend en charge jusqu’à 600 patients par mois. Une équipe dévouée y conjugue consultations quotidiennes et campagnes de dépistage.
Au cœur de la cité, dans l’arrondissement de Yaoundé III, l’hôpital de district d’Efoulan abrite une unité d’ophtalmologie essentielle mais confrontée à de réels défis quotidiens. Entre dévouement du personnel, exiguïté des locaux et besoins pressants en équipements, le Dr Claude Njusa et son équipe œuvrent sans relâche pour préserver la vue des populations.Des couloirs de l’hôpital de district d’Efoulan émanent une effervescence familière.
C’est ici, dans une configuration spatiale modeste, que se joue chaque jour la santé visuelle de centaines de Camerounais. À la tête de l’unité d’ophtalmologie, le Dr Claude Njusa ne cache pas la réalité des lieux : « Le département d’ophtalmologie d’Efoulan est un service assez modeste au vu de l’espace qu’il occupe. Nous n’avons pas beaucoup d’espace, et tout se fait dans cette unique salle. C’est un gros problème pour nous, car cela ne facilite pas le travail. »Malgré cette contrainte infrastructurelle majeure due à l’exiguïté générale de l’établissement, l’unité ne désemplit pas.
Du lundi au vendredi, de 7 h 30 à 15 h 30, l’équipe médicale et paramédicale assure une permanence rigoureuse. Le service accueille toutes les pathologies oculaires, qu’elles soient médicales ou chirurgicales, démontrant une résilience remarquable face aux obstacles matériels.
Un capital humain qualifié au service des patients
Derrière la simplicité des locaux se cache une ressource humaine hautement qualifiée. L’unité s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire soudée, composée exactement de deux médecins ophtalmologistes et de sept techniciens supérieurs en ophtalmologie, par ailleurs infirmiers spécialisés dans la discipline.
Cette synergie permet d’assurer un volume de consultations impressionnant. En moyenne, l’unité enregistre vingt-cinq consultations par jour, portant le total mensuel à une fourchette oscillant entre 500 et 600 patients. Une cadence soutenue qui témoigne de la confiance que les populations riveraines accordent à cette structure de santé publique de proximité.
Une prédominance écrasante des vices de réfraction
Sur le plan clinique, le profil des consultations est largement dominé par les défauts optiques. Entre 70 % et 80 % des patients reçus présentent des vices de réfraction, c’est-à-dire des troubles de la vue nécessitant le port de lunettes correctrices (myopie, astigmatisme, hypermétropie, presbytie).
Pour faire face à cette forte demande, l’unité dispose d’un plateau technique de base mais fonctionnel. Elle intègre une unité de consultation complète permettant d’examiner le patient et de réaliser des examens de réfraction précis. L’équipement comprend notamment un réfractomètre automatisé pour déterminer les chiffres de base, épaulé par une traditionnelle valisette de verres d’essai afin d’affiner la correction et de trouver le numéro exact de lunettes adapté au patient.
Cependant, le Dr Njusa insiste sur les limites du plateau technique actuel : « En fonction de nos équipements, il y a certains cas complexes que nous sommes obligés de référer vers d’autres structures, car nous n’avons pas tout le matériel nécessaire sur place. »
Des urgences matérielles pour optimiser la prise en charge
À cette contrainte d’espace s’ajoute l’obsolescence d’une partie du matériel indispensable. L’appel lancé par l’équipe dirigeante à l’attention de la hiérarchie est explicite. L’unité a un besoin urgent de deux équipements clés pour moderniser ses prestations : un tonomètre (pour mesurer la pression intraoculaire, examen crucial dans le dépistage du glaucome) et un frontofocomètre.
Ce dernier dispositif, indispensable pour vérifier la correction des verres de lunettes, est aujourd’hui dans un état critique. « Celui que nous avons là est déjà fétiche, dépassé, presque hors service, ce qui rend le travail un peu fastidieux pour nous », déplore le chef d’unité. L’acquisition rapide d’un nouveau tonomètre et d’un frontofocomètre représenterait ainsi un bond qualitatif majeur pour le service.
Campagnes de sensibilisation et dépistage de masse : l’action sur le terrain
L’action de l’unité d’ophtalmologie d’Efoulan ne se limite pas aux murs de l’hôpital. Fidèle à sa mission de santé publique, le service s’investit activement dans des campagnes préventives d’envergure. Récemment, à l’occasion de la Journée mondiale de la vue, l’équipe a mené une vaste opération de trois jours, du 7 au 9 octobre.Durant cette période, les consultations ont été entièrement offertes à titre gracieux, tandis que les examens exploratoires ont été pratiqués à moitié prix.
Cette initiative citoyenne a permis d’accueillir entre 100 et 120 patients en l’espace de trois jours. Le bilan de cette campagne confirme les tendances habituelles, mais a également permis de poser des diagnostics précoces essentiels.Sur les 120 patients dépistés, la grande majorité souffrait de vices de réfraction. Néanmoins, l’équipe a également identifié cinq à six cas suspects de glaucomes et environ trois cas de cataractes, lesquels ont immédiatement été orientés vers un parcours de prise en charge et d’investigation approfondie.
D’autres pathologies infectieuses ou inflammatoires, telles que des conjonctivites, des kératites et des uvéites, ont également été traitées.Dans sa programmation annuelle, l’unité institutionnalise deux grands rendez-vous de santé préventive : une campagne organisée en mars-avril lors de la Semaine mondiale du glaucome, et une seconde en octobre à l’occasion de la Journée mondiale de la vue
Un message fort à l’attention des populations
Au terme de cette présentation, le Dr Claude Njusa tient à lancer un appel pressant aux habitants d’Efoulan et des quartiers environnants. Pour lui, la banalisation des affections oculaires demeure un piège à éviter absolument : « Les yeux sont des organes très sensibles et très importants pour la vie. Ce n’est pas tout le monde qui manipule les yeux. Quand vous avez un problème oculaire, il est toujours mieux de consulter un spécialiste ».
Le message est clair : inutile de recourir à des solutions empiriques ou à des marchands ambulants de lunettes non qualifiés. L’hôpital de district d’Efoulan met à la disposition des citoyens une équipe d’experts accessible, prête à offrir des consultations de qualité, des diagnostics rigoureux et, au besoin, des rendez-vous personnalisés. Une sentinelle de la vue, ancrée au cœur du district, qui ne demande qu’à être davantage soutenue pour mieux éblouir d’efficacité.









