À l’occasion de la Journée mondiale de la vue, l’Hôpital Général de Douala organise des consultations gratuites les 15 et 16 octobre 2026. L’établissement, situé dans le quartier Beedi, invite le public à un examen de la vue sans frais. Le glaucome peut évoluer sans symptôme pendant des années. La consultation est le premier pas vers la prévention.
L’Hôpital Général de Douala organise des consultations gratuites les 15 et 16 octobre 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de la vue. L’établissement, situé dans le quartier Beedi, a diffusé un visuel avec un compte à rebours de deux jours avant l’ouverture. Le visuel montre une femme qui se frotte l’œil. Il reprend ses propos : « Quand je me réveille, il y a souvent des trucs jaunes qui coulent de mes yeux ». La Journée mondiale de la vue a été célébrée le 8 octobre 2026.
L’Agence internationale pour la prévention de la cécité (IAPB) l’a portée avec l’OMS. Cette campagne 2026 entre dans sa sixième année sous la bannière #LoveYourEyes. Elle a deux objectifs : inciter chacun à prendre soin de sa vue et demander aux gouvernements de financer les soins oculaires.Selon l’Organisation mondiale de la Santé, au moins 2,2 milliards de personnes ont une déficience de la vision de près ou de loin, et au moins un milliard de cas pourraient être prévenus ou traités.
L’Afrique subsaharienneUne note de l’OMS indique que le continent abrite une personne aveugle sur six dans le monde et 26 millions de personnes atteintes de déficience visuelle. Seuls 14 % des patients qui ont besoin d’une opération de la cataracte la reçoivent, et plus de 80 % des personnes myopes ne reçoivent aucun traitement. La même note signale des reculs de la carence en vitamine A, de l’onchocercose et du trachome comme causes de cécité. À l’échelle mondiale, l’OMS estime à 14,3 milliards de dollars par an le coût des erreurs de réfraction non corrigées et de la cataracte.Un document du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique répartit les causes de cécité dans la région.
La cataracte compte pour 50 %, le glaucome pour 12 %, les opacités de la cornée pour 5 %, le diabète pour 5 % et le trachome pour 4 %. Le texte relève aussi que le manque de données épidémiologiques fiables constitue un problème en Afrique.Le CamerounLa cataracte est présentée comme la première cause de cécité curable au Cameroun, car la vision revient après le retrait du cristallin opaque. Le président de la Société camerounaise d’ophtalmologie a décrit la cataracte comme la première cause de cécité du pays.Une étude menée dans la région du Centre dans le cadre de stratégies avancées apporte des données de terrain. Sur 3 754 personnes examinées, 193 présentaient une cataracte, soit une prévalence de 5,14 %.
Parmi les yeux touchés, 54,80 % étaient aveugles. L’étude relève aussi une proportion plus élevée de femmes que d’hommes parmi les personnes atteintes. À Yaoundé, une étude sur l’unité d’ophtalmologie de l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé (HGOPY) indique que 47,95 % des yeux étaient aveugles avant l’opération, et que plus de 80 % des yeux opérés ont obtenu de bons résultats fonctionnels.Le glaucome occupe une place distincte. Selon la cheffe du service d’ophtalmologie de l’Hôpital Laquintinie de Douala, la Dre Jeanne Mayouego-Enyama, cette maladie peut évoluer pendant de longues années sans symptôme, réduire le champ visuel et conduire à la cécité. Elle estime que 5 Camerounais sur 100 en souffrent, et que plus de 40 % des personnes atteintes sont aveugles d’un œil ou des deux. Elle rappelle que les ophtalmologues n’étaient pas formés au Cameroun il y a peu, et que le pays dispose d’un Programme national de lutte contre la cécité.
Les enfants sont aussi concernés. Une étude conduite dans deux hôpitaux de Douala auprès d’enfants de 5 à 15 ans a relevé que 39,5 % des enfants atteints de déficience visuelle étaient aveugles et 60,5 % avaient une basse vision. Parmi les causes, la cécité corticale représentait 15,1 %, les erreurs de réfraction sévères 11,6 % et la cataracte 9,3 %. Une autre étude, menée au Magrabi ICO Cameroon Eye Institute de Yaoundé, relève que la chirurgie de la cataracte chez l’enfant intervient tard au Cameroun.Ce que la campagne de Douala peut apporterCes données éclairent l’enjeu des consultations annoncées à l’Hôpital Général de Douala. La cataracte, le glaucome et les erreurs de réfraction relèvent de soins qui existent, mais que peu de patients atteignent. Pour le glaucome, qui peut évoluer sans symptôme, la consultation constitue le moment où la maladie peut être détectée.
Les organisateurs de la Journée mondiale appellent à réaliser un examen de la vue pour soi et pour ses proches. L’Hôpital Général de Douala propose cet examen sans frais pendant deux jours.













