Lors de la cérémonie de rétrocession du centre multimédia de l’Hôpital Général de Douala, le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a exhorté les responsables de l’établissement à maintenir les standards qui ont fait de cette structure l’une des références du système hospitalier camerounais.
Le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a demandé à la direction de l’Hôpital Général de Douala (HGD) de maintenir son rang parmi les établissements de santé du pays. Il s’est exprimé le vendredi 30 octobre 2026 à Douala, lors de la cérémonie de rétrocession du centre multimédia que MTN Cameroon a installé dans l’hôpital.
« Ne baissez pas la garde », a lancé le ministre, en rappelant qu’il avait déjà formulé cet avertissement quelque temps auparavant. Il a indiqué que l’HGD occupe une place dans le dispositif national de santé et qu’il observe un début de relâchement. « Si vous baissez un peu de garde, vous allez aller en deuxième position, Monsieur le directeur », a ajouté Dr Manaouda Malachie, avant d’inviter l’équipe dirigeante à repartir « au taquet pour garder votre place ». Le ministre n’a désigné aucun établissement concurrent et n’a pas précisé le classement auquel il faisait référence.
Le ministre a énoncé les critères qui, selon lui, définissent un hôpital de ce rang. Il doit conjuguer expertise médicale, exigence de qualité, sécurité des soins, innovation et humanisation de la prise en charge. Il a insisté sur la nécessité de maintenir le patient au cœur des actions menées au sein de l’hôpital.
Cette référence au patient n’est pas anodine. Depuis plusieurs années, l’Hôpital Général de Douala développe sa stratégie institutionnelle autour du concept « Patient First », une orientation qui place les besoins du malade au centre des décisions médicales et administratives. Cette démarche vise notamment à améliorer l’accueil, l’écoute, les délais de prise en charge et l’accompagnement des usagers.
Les défis
Le ministre a également évoqué le contexte particulier dans lequel interviennent les professionnels de santé. Face à des patients souvent confrontés à la douleur, à l’angoisse ou à la détresse liée à la maladie, il a appelé les personnels à faire preuve de compréhension et d’attention. Pour lui, cette approche est en cohérence avec la vision portée par les pouvoirs publics en matière de réforme du système de santé.
Au-delà de cet appel à la vigilance, le chef du département ministériel a mis en avant l’intérêt des infrastructures réceptionnées. La modernisation de la salle polyvalente doit renforcer l’organisation des formations continues, des conférences scientifiques et des rencontres professionnelles. Les équipements installés dans la salle de réunion de la direction générale sont appelés à faciliter la présentation des données, le suivi des activités et les échanges entre responsables. Quant aux dispositifs destinés à l’espace de doctorat et au bloc opératoire, ils doivent contribuer au partage des connaissances et au développement des activités scientifiques au sein de l’établissement.
Des performances remarquables
Le discours du ministre intervient dans un contexte marqué par la consolidation des performances de l’Hôpital Général de Douala. Cette formation sanitaire de première catégorie s’est progressivement imposée comme l’un des principaux pôles de médecine spécialisée au Cameroun. Selon les données publiées par le ministère de la Santé publique en 2026, l’établissement enregistre plus de 110 000 consultations externes chaque année et prend en charge plus de 7 300 urgences médico chirurgicales. L’hôpital dispose de 320 lits d’hospitalisation et mobilise plus de 715 personnels dans ses différents services.
Les performances de l’établissement sont également observées dans plusieurs disciplines spécialisées. En cardiologie, plus de 265 interventions de chirurgie cardiaque ont été réalisées, tandis qu’environ 35 stimulateurs cardiaques sont implantés chaque année. Les activités comprennent aussi des coronarographies, des angioplasties et d’autres actes de cardiologie interventionnelle.
Dans le domaine de la prise en charge des cancers, l’hôpital figure parmi les centres les plus sollicités du pays. Les statistiques communiquées en 2026 font état de 1 683 nouvelles consultations en oncologie, 1 232 nouvelles consultations en radiothérapie et 3 468 cures de chimiothérapie réalisées. Les services concernés enregistrent une fréquentation soutenue, conséquence de l’augmentation des besoins en traitements spécialisés pour les patients atteints de cancers.
L’établissement joue également un rôle majeur dans la prise en charge de
l’insuffisance rénale. Son centre d’hémodialyse dispose de 38 postes et de 44 générateurs. Ces capacités ont été renforcées au cours des dernières années grâce à de nouveaux investissements en équipements et à la modernisation des installations de traitement de l’eau.
Pour les autorités sanitaires, cette dynamique doit cependant s’accompagner d’un effort permanent de maintien de la qualité des prestations. Lors de sa revue médicale semestrielle de juillet 2026, la direction de l’Hôpital Général de Douala a d’ailleurs procédé à une évaluation des indicateurs de performance des différents services. Les travaux avaient permis d’identifier plusieurs axes d’amélioration portant notamment sur la prévention des infections associées aux soins, l’hygiène hospitalière, la gestion des équipements, la sécurisation des données médicales et le suivi des décès hospitaliers.
D’autres établissements progressent dans des disciplines voisines. L’Hôpital Général de Yaoundé a annoncé en janvier 2026 sa 18è transplantation rénale. Le ministre n’a pas fait de lien entre cette activité et son avertissement.
Le message du 30 octobre reste donc une consigne adressée à la direction de l’HGD. Le ministre a demandé à l’hôpital de conserver sa place dans le dispositif national, en appliquant les principes de qualité, de sécurité et d’humanisation des soins qu’il a énumérés devant le personnel.






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