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Hôpital Régional de Bamenda : La banque de sang reste sous pression

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L’Hôpital Régional de Bamenda a organisé les 24 et 25 septembre une campagne de don de sang avec l’Ordre des Pharmaciens du Cameroun. Cette mobilisation intervient alors que l’établissement estime ses besoins annuels à plus de 6 000 unités, un niveau rarement atteint. En 2026, plus de 3 700 unités ont déjà été transfusées.

Deux jours pour renflouer les réserves et sensibiliser au don volontaire. Les 24 et 25 septembre, l’Hôpital Régional de Bamenda a mobilisé le personnel, des donneurs et l’Ordre des Pharmaciens du Cameroun autour d’une campagne destinée à répondre aux besoins de sa banque de sang. L’initiative s’inscrivait dans le cadre de la Journée mondiale des pharmaciens 2026, placée sous le thème « Donner aux pharmaciens les moyens d’agir pour un avenir plus sain ».

Lors du lancement, le directeur de l’établissement, Dr Sama Julius, a rappelé l’ampleur des besoins. L’hôpital nécessite plus de 6 000 unités de sang par an, mais parvient rarement à atteindre ce niveau. Plus de 3 700 unités avaient déjà été transfusées depuis le début de l’année 2026.Cette demande est alimentée par plusieurs pathologies et situations d’urgence.

Le paludisme, la drépanocytose, les insuffisances hépatique et rénale, les blessures par balle et les accidents de la circulation figurent parmi les principaux motifs nécessitant du sang. La chirurgie, la pédiatrie et la maternité comptent également parmi les services les plus consommateurs.Pour les patients, un besoin quotidienDerrière les chiffres de la banque de sang se trouvent des patients pour lesquels la disponibilité d’une poche peut conditionner la poursuite des soins.

Formin Cecile, patiente sous dialyse à l’Hôpital Régional de Bamenda, témoigne de cette réalité.« Vous ne pouvez pas être connecté à la machine sans sang », explique-t-elle. Selon elle, un patient dialysé peut avoir besoin de trois à quatre poches par mois. Elle évoque également les difficultés rencontrées par les patients déplacés qui ne disposent pas de proches à Bamenda pour mobiliser des donneurs.La recherche de donneurs peut ainsi devenir une difficulté supplémentaire pour des patients déjà confrontés à des soins réguliers.

Formin Cecile rapporte notamment des situations dans lesquelles des personnes demanderaient une rémunération avant de donner leur sang.Les donneurs face aux idées reçuesLa campagne a également permis de mettre en avant l’engagement des donneurs réguliers. Emma Hans Nania, représentant de One United Family Organization, une organisation de jeunes volontaires comptant une trentaine de membres, affirme donner du sang depuis 2016. Il en est aujourd’hui à son 18e don.Selon lui, les idées reçues constituent encore un obstacle à la mobilisation.

Avant de devenir donneur, il pensait que le sang collecté était vendu dans les hôpitaux.« Je ne peux pas vendre du sang parce que je ne l’ai pas acheté », explique-t-il, indiquant avoir ensuite compris que les sommes parfois versées par les patients ou leurs accompagnants peuvent correspondre aux examens réalisés sur le sang donné.Pour le président de l’Ordre des Pharmaciens du Cameroun, Dr Joseph Ndim Yuh, le choix de soutenir cette campagne répond à une réalité particulière : le sang est un produit pharmaceutique d’origine humaine qui ne peut pas être fabriqué.

Encourager les dons réguliersPour renforcer l’attractivité du don volontaire, l’Hôpital Régional de Bamenda propose plusieurs services aux donneurs. Dr Sama Julius indique qu’ils bénéficient notamment d’un dépistage comprenant le groupage sanguin et la recherche du statut drépanocytaire, d’une carte de donneur et d’une inscription à la Voluntary Blood Donation Association.Une consultation médicale gratuite est également proposée, ainsi qu’une réduction de 50 % sur les examens de laboratoire prescrits par un clinicien qualifié.

Les personnes testées positives à certaines maladies peuvent être orientées vers une prise en charge, avec notamment un traitement gratuit du VIH pour les donneurs concernés. Une collation est enfin servie après le don.À la clôture de la campagne, Dr Sama Julius a appelé les populations à donner régulièrement leur sang.

Pour l’Hôpital Régional de Bamenda, la mobilisation ne se limite pas à ces deux journées : avec des besoins annuels supérieurs à 6 000 unités et plus de 3 700 transfusions déjà réalisées en 2026, la disponibilité du sang reste un enjeu quotidien de prise en charge des patients.

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Zanga Ornéla, journaliste dans le groupe Echos Santé, Licence professionnelle en sciences et techniques de l’information et de la communication à l’ESSTIC. Écris et parle parfaitement le français et l’anglais.

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