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Innovation scientifique au Burkina Faso : Un comprimé végétal pour stopper les épidémies de paludisme et de dengue à la source

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Des chercheurs burkinabè ont présenté les 8 et 9 octobre 2026 les résultats de leur projet portant sur un comprimé bio-insecticide novateur capable d’éliminer jusqu’à 90 % des larves de moustiques à partir d’une plante locale. Cette innovation majeure vient renforcer le dispositif sanitaire national sans pour autant remplacer la vigilance citoyenne et les mesures de protection édictées par le gouvernement.

Au Burkina Faso, la menace sanitaire reste critique alors que le pays fait face à une double pression épidémiologique constante : le paludisme, fardeau historique toujours pesant en saison des pluies, et la dengue, crise épidémique récurrente implantée dans les grands centres urbains. Bien que les récentes campagnes de vaccination, de distribution de moustiquaires et de chimioprévention aient permis de réduire la mortalité, les deux maladies continuent d’affecter des millions de citoyens. C’est pour couper ce mal à la racine que l’équipe de l’Université Joseph Ki-Zerbo et du Laboratoire de recherche et de développement de médicaments s’est attaquée directement aux gîtes larvaires.

Trois ans et demi de recherche pour un résultat satisfaisantIssu de trois ans et demi de travaux soutenus par le Fonds de soutien à l’éducation et à la recherche dans le cadre de l’initiative Made in Burkina, ce nouveau traitement repose sur l’utilisation du Calotropis procera, une plante locale communément appelée Poussou pouga. Les chercheurs ont réussi à formuler ses principes actifs naturels sous la forme d’un comprimé matriciel biodégradable à libération lente. Une fois jeté dans les eaux stagnantes, les canaris ou les réservoirs d’eau, ce comprimé libère ses métabolites de manière continue, protégeant les molécules de la dégradation solaire et paralysant mortellement le système nerveux et digestif des larves d’Anopheles et d’Aedes sans nécessiter une application quotidienne.

Un taux d’efficacité éprouvéLes essais menés en laboratoire révèlent un taux d’efficacité impressionnant, éliminant 80 à 90 % des larves visées. Lors de la présentation officielle des résultats de fin de projet organisée les 8 et 9 octobre 2026, l’équipe scientifique a annoncé qu’elle préparait désormais les étapes de tests sur le terrain. Elle recherche activement des partenaires pour industrialiser ce bio-insecticide à moindre coût, offrant ainsi une alternative locale et écologique pour réduire la dépendance aux produits chimiques importés.

Cependant, les autorités sanitaires et les experts rappellent que cette avancée scientifique de pointe ne saurait se substituer aux bons réflexes individuels et collectifs. Pour freiner durablement la transmission de la dengue et du paludisme, la population doit impérativement maintenir les mesures de prévention recommandées par le ministère de la Santé.

L’assainissement régulier du cadre de vie, la destruction des récipients d’eau stagnante autour des concessions, l’usage continu des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action et la participation aux campagnes de chimioprévention pour les jeunes enfants demeurent le socle indispensable sur lequel s’appuie cette nouvelle arme biologique.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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