Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a réuni le 28 août 2026 plusieurs administrations, les mairies d’arrondissement et les entreprises de collecte pour renforcer la gestion des déchets à Yaoundé. Au-delà des mesures annoncées, l’enjeu est désormais de traduire ces décisions en actions régulières dans les quartiers où les ordures s’accumulent.
À Yaoundé, les tas d’ordures ne sont pas seulement une question d’image. Ils occupent les abords des routes, débordent parfois sur les chaussées et s’installent durablement dans certains quartiers. C’est précisément cette situation que le ministère de l’Administration territoriale veut désormais combattre avec davantage de fermeté.
Le 28 août, Paul Atanga Nji a présidé au MINAT une réunion consacrée à la gestion des ordures ménagères dans la capitale. Autour de la table : différents ministères, autorités administratives de la région du Centre, les maires des sept arrondissements du Mfoundi ainsi que les entreprises HYSACAM et THICLOP. Objectif : dresser l’état des lieux de la collecte, examiner les difficultés rencontrées par les opérateurs et revoir les mécanismes permettant d’assurer un enlèvement plus régulier des déchets.
Une mobilisation qui doit durer
Le constat des autorités est sans ambiguïté : certaines opérations ponctuelles ont permis d’améliorer la propreté de plusieurs secteurs, mais un relâchement a ensuite été observé. Pour le MINAT, la capitale ne peut pas être nettoyée uniquement à l’approche de la venue de personnalités ou de grands événements.
« Il faut se mettre au travail et prendre les mesures appropriées pour assurer l’enlèvement des ordures », a insisté Paul Atanga Nji.
La nouvelle organisation prévoit notamment des descentes des sous-préfets avec les maires d’arrondissement au moins deux fois par semaine. Ces visites doivent permettre d’identifier les points noirs, de suivre l’enlèvement des déchets et d’intervenir plus rapidement lorsque les poubelles s’accumulent.
Du ministère aux quartiers
Après la réunion, les responsables présents sont descendus sur le terrain. Au Carrefour Total Melen et à Nsimeyong-Victor Hugo, ils ont pu constater la présence de monticules d’ordures encombrant certains espaces et affectant les conditions de circulation et d’hygiène.
Cette descente illustre le principal défi de la nouvelle stratégie : passer du constat à l’exécution. Car dans les quartiers, le problème ne se limite pas à la présence de déchets. Lorsqu’ils restent plusieurs jours au même endroit, les détritus attirent mouches, cafards et autres nuisibles. Les déchets peuvent également contribuer à la
formation de points d’eau stagnante lorsqu’ils obstruent les caniveaux, créant des conditions favorables à la prolifération des moustiques.
À proximité des habitations, des marchés ou des lieux de passage, cette accumulation expose davantage les populations aux nuisances et aux risques liés à un environnement dégradé. La situation devient particulièrement préoccupante lorsque les déchets sont brûlés à l’air libre ou lorsqu’ils sont dispersés par les eaux de pluie.
Les communes appelées à jouer leur rôle
La réunion a également mis en évidence une autre dimension du problème : la gestion des déchets ne dépend pas uniquement des entreprises chargées de la collecte. Le financement, l’organisation municipale, le suivi administratif et le comportement des populations entrent également en jeu.
Pour les responsables réunis au MINAT, les difficultés financières auxquelles sont confrontés les acteurs du secteur ne doivent toutefois pas conduire à l’inaction. L’enjeu est désormais de maintenir les efforts dans le temps, afin que les opérations de nettoyage ne soient plus seulement des interventions ponctuelles.
Yaoundé compte ainsi sur cette nouvelle mobilisation pour retrouver une propreté durable. Mais entre les décisions prises dans les bureaux et leur traduction dans les quartiers, le véritable test reste celui de la régularité du ramassage. Pour les habitants, ce sont moins les annonces que la disparition effective des tas d’ordures devant leurs maisons, sur les routes et autour des marchés qui permettra de mesurer les résultats.










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