« Nous avons été extraordinairement impressionnés »
Quel était l’objectif de votre visite dans la région du Nord ?
Notre objectif est simple : nous avons été dépêchés par le comité de gestion du Centre national de transfusion sanguine pour venir nous rendre compte du niveau d’évolution du Centre régional de transfusion sanguine, qui sera le premier CRTS de notre institution. Parce que vous savez que nous sommes supposés avoir un Centre national de transfusion sanguine à Yaoundé, et Garoua devrait être le deuxième centre régional.
Il était important que le comité de gestion se rende bien compte du niveau d’évolution de ce Centre régional de transfusion sanguine. Par conséquent, nous sommes venus, après avoir obtenu les autorisations de la tutelle qui est le maître d’œuvre de ce projet, voir ce qu’il en est exactement, parce que vous savez qu’au bout du compte c’est le CRTS qui sera responsable de la mise en œuvre, de l’implémentation de tout ce qui sera comme activité, soit en termes de promotion du don du sang, en termes de collecte du sang, en termes de qualification du sang et de distribution du sang. Donc le Centre régional de Garoua sera une structure pilote pour le Centre national de transfusion sanguine.
Je dois vous avouer que nous avons été extraordinairement impressionnés par la qualité du bâtiment qui va héberger cette structure extrêmement stratégique. Donc nous repartons à Yaoundé avec un sentiment de défi énorme pour le Centre national de transfusion sanguine, parce que faire fonctionner ce Centre régional de transfusion sanguine nous paraissait être quelque chose de simple, mais en réalité c’est la miniature de la complexité des problèmes que le CRTS a comme défi à relever au niveau de la nation.
Professeur, pourquoi le choix de la région du Nord pour abriter une telle structure après Yaoundé ?
C’est pour des raisons d’opportunité. J’entends par opportunité la disponibilité foncière, la réactivité des autorités locales à accueillir cette structure, à faciliter énormément le choix de Garoua. Par conséquent, c’est l’occasion pour nous d’adresser nos remerciements à monsieur le gouverneur de la région du Nord, à monsieur le président du Conseil régional du Nord, au délégué de la Santé qui a beaucoup fait pour ce choix, et puis aux autorités municipales qui nous ont énormément facilité les choses dans le choix de la localité, du site du CRTS. Donc nous repartons à Yaoundé, très fortement édifiés, je dirais, du défi que représente le lancement et la finition du CRTS de Garoua.
Quels défis restent à relever avant la mise en service de cette infrastructure ?
De façon unanime, les membres du comité de gestion ont pointé le déficit en personnel. Vous savez, animer la promotion du don du sang, cela veut dire aller dans toutes les banques de sang, renforcer les capacités du personnel de ces banques de sang, renforcer l’équipement nécessaire à la qualification du sang, à la collecte du sang ; c’est une œuvre extrêmement gigantesque.
Par conséquent, les deux personnels que nous avons ici sont manifestement insuffisamment épaulés. Nous allons devoir attirer l’attention du comité de gestion et très probablement de notre tutelle technique et de la tutelle financière sur le véritable défi que représente le lancement du Centre régional de transfusion sanguine de Garoua. Il faut vraiment prendre ce défi à la mesure de ce que le chef de l’État a lui-même, je dirais, développé comme vision, afin que ce projet qui a suscité l’intérêt des bailleurs de fonds de la Banque islamique de développement, à laquelle nous rendons un vibrant hommage et cette vision du chef de l’État soient une réalité. On ne peut pas imaginer qu’une vision aussi prophétique du chef de l’État, Son Excellence Paul Biya, s’arrête en chemin. Il y a par conséquent, de la part de notre tutelle technique et de la tutelle financière, la nécessité de véritablement reprendre les termes de l’investissement que représente le lancement du Centre régional de transfusion sanguine de Garoua. C’est extrêmement stratégique.
Où en sont actuellement les travaux de construction du Centre régional de transfusion sanguine de Garoua ?
Écoutez, nous avons demandé à l’entrepreneur. Il nous a fait comprendre qu’on était à peu près à 55 % du niveau de réalisation et que les financements sont aussi à peu près au même niveau. C’est pourquoi nous avons pensé que, pour être réaliste, il faudrait compter non pas quatre mois, mais neuf mois pour que cet immeuble soit véritablement fonctionnel. Mais nous réalisons que chacun des piliers du fonctionnement de cette structure va demander du personnel. Et qui dit personnel dit finances, ressources financières. Et, par conséquent, nous repartons d’ici véritablement édifiés sur la réalité du défi que représente le Centre régional de transfusion sanguine de Garoua. D’accord.
Une fois opérationnel, quel impact ce Centre régional de transfusion sanguine devrait-il avoir sur l’approvisionnement en sang et la prise en charge des patients de la région du Nord ?
Je voudrais dire que les espoirs que le comité de gestion porte sur ce Centre régional de transfusion sanguine sont réels, parce qu’il va couvrir la région de l’Extrême-Nord, la région du Nord et la région de l’Adamaoua. Ce qui pose énormément de problèmes. Parce qu’en
réalité, ce Centre régional va devoir rayonner sur pratiquement tout le septentrion. C’est énorme comme défi en termes de promotion du don du sang, en termes de qualité de collecte, de gestion de la qualification du sang et, nécessairement, des mécanismes de distribution du sang.
Est-ce que, devant la faible qualité du transport entre toutes les capitales du septentrion, le transport terrestre suffira ? Et le transport ferroviaire ?
Certainement pas. Il faudra probablement imaginer, comme dans d’autres pays qui nous ont précédés dans cette voie, un système par drone, pour pouvoir faire en sorte que la qualité du sang qui aura été traité à Garoua puisse arriver dans l’Adamaoua et ainsi de suite en bon état. Nous partons de Garoua, je vous assure, avec un véritable défi dont nous nous demandons si nous serons capables de le porter sans que la tutelle technique et la tutelle financière ne s’impliquent de façon résolument efficace.














