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Journées portes ouvertes : L’HGOPED ouvre ses portes au dépistage du cœur et du cerveau à Douala

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Jusqu’au 4 novembre 2026, cardiologues et neurologues de l’Hôpital Gynéco Obstétrique et Pédiatrique de Douala reçoivent la population pour des consultations et le dépistage de l’hypertension, du diabète, de l’épilepsie et de l’AVC.

L’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala (HGOPED) a ouvert ce lundi 2 novembre 2026 ses journées portes ouvertes de cardiologie et de neurologie. L’opération se tient jusqu’au 4 novembre sous le slogan « Cerveau et cœur, deux organes, une même santé ». Le programme comprend des consultations gratuites et le dépistage des facteurs de risque des maladies cardiovasculaires et des affections neurologiques.

Le Dr Estelle Nguelo, cardiologue et présidente du comité d’organisation, explique le choix d’associer les deux spécialités. Selon elle, le cœur et le cerveau travaillent en étroite collaboration dans l’organisme. « L’hypertension artérielle et certains troubles du rythme cardiaque ont un retentissement sur le cerveau et provoquent des AVC. Les services de cardiologie et de neurologie ont donc décidé d’unir leurs efforts pour la santé neurovasculaire des populations », explique-t-elle.

Les pathologies recherchées

Au cours de cette campagne, les équipes recherchent l’hypertension artérielle, le diabète, l’hypercholestérolémie, l’obésité, les céphalées, l’épilepsie, l’accident vasculaire cérébral (AVC) et les troubles de la mémoire. Des affections qui touchent particulièrement Maman Marie, une sexagénaire résidant au quartier Bonabéri, dans l’arrondissement de Douala 5e. Elle est arrivée à l’hôpital à 7 h, plus de deux heures avant le début des consultations. « Je suis venue me faire consulter. J’ai des maux auxquels je dois obtenir des réponses. En apprenant le lancement de cette campagne, j’ai décidé de quitter tôt pour venir me faire consulter. »

Même son de cloche du côté de Marie T., une garde-malade en séjour depuis plusieurs jours dans cette formation sanitaire. Rencontrée ce lundi, elle explique avoir découvert la campagne sur place et en avoir profité pour se faire examiner. « Je consulte d’ordinaire un médecin à l’hôpital Jamot de Yaoundé. Comme je suis là, j’ai décidé de refaire le même examen à Douala pour qu’un autre médecin regarde mon mal », nous fait-elle savoir.

Les consultations sont organisées. Le parcours des patients commence sous une tente installée dans l’enceinte de l’hôpital. Des infirmières enregistrent les personnes, puis prennent les paramètres et les constantes vitales. Les patients passent ensuite au stand des tests rapides, où l’équipe mesure la glycémie et le cholestérol. Ils terminent par un entretien avec un cardiologue ou un neurologue.

Plus de 500 personnes attendues

Le périmètre de la gratuité couvre les consultations, les orientations et les conseils. Les explorations complémentaires restent à la charge des patients. D’après le Dr Eric Gueumekane Bila Lamou, médecin neurologue, l’hôpital ne fixe pas d’objectif chiffré. « Nous voulons le maximum », déclare le neurologue, qui se dit disponible pour « 200, 300, 500 ou 1 000 personnes ». Il présente la campagne comme l’occasion de faire connaître le savoir-faire de l’hôpital en neurologie.

Le Dr Nguelo situe la campagne dans l’augmentation des maladies non transmissibles, parmi lesquelles l’hypertension artérielle, le diabète, l’AVC et l’épilepsie. Elle relie cette hausse aux changements des habitudes de vie. Elle cite la consommation d’aliments trop salés ou trop sucrés, la sédentarité, le stress au travail et en famille, ainsi que le tabagisme. Elle indique que ces maladies donnent peu de signes et que les médecins les diagnostiquent le plus souvent au stade des complications.

Elle recommande de consulter sans attendre en cas de douleur ou de gêne dans la poitrine à l’effort, d’essoufflement, de fatigue à l’effort ou de palpitations répétées. Sur le plan neurologique, une faiblesse soudaine, un engourdissement du visage, du bras ou de la jambe, ou des maux de tête qui persistent et s’intensifient malgré les antidouleurs appellent aussi une consultation.

19,8 millions de morts chaque année

Les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé confirment que les maladies cardiovasculaires restent la principale cause de décès dans le monde, avec environ 19,8 millions de morts chaque année. Au sein de ce groupe, l’AVC vient en deuxième position derrière les maladies coronariennes. L’organisation souligne que l’identification des personnes les plus exposées et leur traitement permettent d’éviter des décès avant l’âge avancé.

Du côté neurologique, l’épilepsie touche plus de 50 millions de personnes dans le monde, dont 10 millions en Afrique. Elle représente la maladie neurologique la plus fréquente après la migraine. Les trois quarts des patients en Afrique n’ont pas accès aux soins appropriés, alors que, selon l’OMS, 70 % des personnes atteintes pourraient vivre sans convulsions avec des médicaments qui coûtent environ 5 dollars par an. Les infections, le suivi insuffisant des grossesses et des accouchements, ainsi que les traumatismes crâniens figurent parmi les causes que la prévention permet d’éviter.

Interview :

« Ces pathologies nécessitent beaucoup de prévention »

Dr Eric Gueumekane Bila Lamou, médecin neurologue

Médecin neurologue à l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala, le spécialiste explique pourquoi l’hôpital organise des journées de dépistage en cardiologie et en neurologie. Il détaille les maladies recherchées, le périmètre de la gratuité et les pathologies les plus fréquentes chez les hommes et chez les femmes.

Qu’est-ce qui a motivé l’organisation de cette campagne, et pourquoi ?

Merci de venir couvrir cette campagne de santé consacrée à la cardiologie et à la neurologie à l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala, du 2 au 4 novembre. On constate que les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la Santé. Les AVC viennent ensuite et font partie des priorités de l’OMS. Dans cet hôpital de référence, nous devons organiser des campagnes de santé pour sensibiliser nos populations, car ces pathologies nécessitent beaucoup de prévention. Une fois la maladie installée, le coût de la prise en charge est très élevé et l’accès aux soins est souvent difficile. Avec ces campagnes de prévention, nous éduquons les populations et nous les orientons vers une meilleure prise en charge.

Quelles maladies neurologiques comptez-vous dépister pendant cette campagne ?

Elles sont multiples. Il y a les céphalées, c’est-à-dire les maux de tête, qui sont très fréquents et qui causent de l’absentéisme au travail. Il y a les neuropathies, c’est-à-dire les maladies des nerfs. Il y a l’épilepsie et les crises convulsives, que nous pouvons diagnostiquer dans notre hôpital. Il y a aussi les personnes qui ont subi un AVC. Elles ont besoin d’une orientation et d’une bonne prise en charge, et nous leur donnons des conseils de prévention pour éviter les récidives. Nous pouvons aussi dépister la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer dans notre centre hospitalier.

À quel niveau se situe exactement la gratuité ?

Les consultations sont totalement gratuites. Les orientations et les conseils le sont aussi. L’exploration ne sera pas gratuite. La gratuité porte uniquement sur les consultations et sur les orientations que nous donnons.

Combien de personnes envisagez-vous de consulter pendant ces trois jours ?

Nous voulons le maximum. Nous voulons faire vivre notre hôpital et nous invitons tout le monde à venir voir son savoir-faire et les compétences qui s’y trouvent. Nous sommes disponibles du 2 au 4 novembre. Que ce soit 200, 300, 400, 500 ou 1 000 personnes, nous sommes prêts.

Dans votre service de neurologie, quelles sont les maladies les plus courantes à l’HGOPED ?

Nous recevons principalement des AVC, qui deviennent un problème de santé publique. Nous recevons aussi des neuropathies, comme les complications neurologiques du diabète, de l’épilepsie et des céphalées. Ces pathologies sont très fréquentes dans notre consultation.

Certaines pathologies touchent-elles plus les hommes ou les femmes ?

Dans la population que nous recevons à l’hôpital, l’AVC touche plus les hommes. Les céphalées se rencontrent dans la même proportion chez les femmes et chez les hommes. Les troubles du sommeil sont aussi un problème de santé publique. Nous les voyons surtout chez les femmes au foyer, en lien avec le stress.

Quels sont vos objectifs à travers cette campagne ?

Notre objectif principal est de faire connaître le savoir-faire de l’Hôpital gynéco-obstétrique en neurologie. Nous voulons faire passer le message que nous disposons d’une prise en charge neurologique complète. Les patients peuvent venir à tout moment, pour toute pathologie. Une équipe est là pour les prendre en charge.

Interview 2

« Le cœur et le cerveau travaillent en étroite collaboration »

Dr Estelle Nguelo, cardiologue

La présidente du comité d’organisation des journées portes ouvertes de l’HGOPED explique le lien entre les maladies du cœur et les AVC. Elle décrit le parcours des patients et les signes qui doivent conduire à consulter, et elle appelle à un dépistage précoce pour éviter les complications.

Pourquoi associer la cardiologie et la neurologie dans une même campagne ?

Le cœur et le cerveau sont deux organes qui travaillent en étroite collaboration dans l’organisme. Certaines affections du cœur, comme l’hypertension artérielle et certains troubles du rythme, ont un retentissement important sur le cerveau et causent par exemple des AVC.

Quelles dispositions l’hôpital a-t-il prises pour la prise en charge ou l’orientation des patients chez qui des pathologies seront dépistées ?

Pour avoir une approche plus globale et préventive, nous avons décidé conjointement d’associer nos efforts pour une meilleure santé neurovasculaire des populations. Les patients sont accueillis sous une tente, au sein de l’hôpital. Des infirmières mises à disposition les enregistrent. Ils passent ensuite à la prise des paramètres et des constantes vitales, puis au stand des tests rapides pour la glycémie et le cholestérol. Ils terminent par un entretien avec le médecin spécialiste, cardiologue ou neurologue.

L’affiche mentionne le dépistage gratuit de pathologies lourdes comme l’hypertension artérielle, le diabète, l’épilepsie ou les AVC. Comment expliquez-vous la prévalence de ces affections dans notre contexte sanitaire ?

On assiste à une augmentation du nombre de cas de maladies non transmissibles, à savoir l’hypertension artérielle, le diabète, les AVC et les épilepsies. Ces affections sont pour la plupart liées à des changements dans nos habitudes de vie. Il y a la consommation d’aliments trop salés ou trop sucrés, la sédentarité, le stress en milieu professionnel ou familial et le tabagisme. Ces pathologies sont le plus souvent silencieuses et les médecins les diagnostiquent souvent tard, au stade des complications. C’est l’intérêt d’offrir ce dépistage à la population, pour permettre une prise en charge précoce.

Quels signes avant-coureurs la population doit-elle surveiller au quotidien ?

Il faut consulter rapidement devant une douleur ou une gêne dans la poitrine, surtout à l’effort, que ce soit à la marche, pendant l’activité physique, pendant l’activité sexuelle ou pendant la

toilette. Il faut aussi consulter en cas de difficultés à respirer, d’essoufflement à l’effort ou de fatigue extrême à l’effort. Les palpitations, c’est-à-dire des impressions de coups de poing dans la poitrine qui reviennent en permanence, sont un autre signal. Sur le plan neurologique, une faiblesse soudaine ou un engourdissement d’une partie du corps, visage, bras ou jambe, impose de consulter rapidement. Il en va de même pour des maux de tête qui persistent de façon inhabituelle, dont l’intensité augmente ou qui ne cèdent pas malgré les antidouleurs.





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