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La paix en Afrique : Le Forum régional de l’UNESCO s’est ouvert à Bujumbura

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Alors que les conflits armés continuent d’endeuiller la région, le forum régional de l’UNESCO s’est ouvert à Bujumbura le 8 septembre 2026. Objectif : dépasser l’approche purement militaire en s’attaquant aux racines profondes de la méfiance intercommunautaire.

Les travaux du forum régional de l’UNESCO pour le renforcement de la culture de la paix se sont ouverts ce 8 septembre 2026 dans la capitale économique du Burundi. Durant trois jours, décideurs politiques, experts, chercheurs, femmes et jeunes venus de dix Etats d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs (Burundi, Cameroun, RCA, Congo, RDC, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe) se concertent sous un « arbre à palabres » moderne pour repenser la sécurité régionale.

L’impasse des armes et de la méfiance

Le constat dressé par les organisateurs et les intervenants est sans appel : les solutions uniquement sécuritaires ou militaires ont montré leurs limites face à la persistance des crises humanitaires, des déplacements forcés et des violences. Le problème fondamental réside dans les causes profondes des conflits : la méfiance nourrie par des récits historiques irréconciliables enseignés dans les écoles, la compétition autour des ressources naturelles et le déficit de confiance entre citoyens, communautés et institutions. « La paix ne se décrète pas, elle se construit. Réduire la paix à l’absence de violence serait une erreur. Une paix durable se mesure au niveau de confiance qui existe entre les citoyens », a rappelé Huang Xia, envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la région des Grands Lacs, dans un message transmis aux participants lors de l’ouverture du Forum.

L’approche de l’UNESCO, utiliser le patrimoine, l’éducation et l’eau

Pour transformer ces tensions en opportunités de coopération, l’UNESCO déploie

cinq outils clés : La reconnaissance du patrimoine culturel partagé (Tambour royal du Burundi, Rumba congolaise, Trinational de la Sangha) ; L’enseignement d’un récit historique commun fondé sur l’Histoire générale de l’Afrique ; Une éducation axée sur les droits humains et la révision des programmes scolaires ; La science et l’hydrodiplomatie, qui transforment la gestion des ressources en eau (Lac Tchad, Lac Tanganyika, Bassin du Congo) en levier d’union ; La communication via les radios communautaires, ces voix de proximité qui font circuler chaque jour, la confiance entre les communautés et les institutions.

Une rencontre concrète et constructive

Ce rassemblement ne se veut pas un espace de diagnostic supplémentaire comme l’a souligné Huang Xia, envoyé spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies pour la région des grands Lacs. Les résultats attendus sont précis : identifier les causes directes des tensions, désigner des territoires transfrontaliers prioritaires et élaborer une feuille de route assortie d’un portefeuille d’initiatives concrètes.

Les attentes sont majeures : lier enfin les démarches communautaires de terrain aux grands traités diplomatiques, tout en plaçant les femmes et la jeunesse au cœur des dispositifs de médiation et d’alerte précoce. Les recommandations de Bujumbura nourriront donc directement la prochaine Biennale de Luanda consacrée à la gouvernance de l’eau en octobre.

Alors que les commissions et les tables rondes se poursuivent activement à Bujumbura, les participants restent guidés par la règle ancestrale de l’arbre à palabre : chacun parle, chacun écoute, et l’on ne se sépare qu’une fois le consensus trouvé pour faire avancer la région unie.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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