L’émotion était à son comble lorsque le Centre Hospitalier de Recherche et d’Application en Chirurgie Endoscopique et Reproduction Humaine (CHRACERH) a raflé un doublé historique au Prix Africain de Leadership en Santé (PALSA). Son Administrateur Directeur Général, le Professeur Jean-Marie KASIA, exprime sa gratitude envers la confiance du couple présidentiel et rend hommage à son équipe, clé de ces “résultats très enviés par le monde entier”, alors que l’établissement vise déjà les 1 000 bébés nés de FIV.
Professeur KASIA, le Centre Hospitalier de Recherche et d’Application en Chirurgie Endoscopique et Reproduction Humaine (CHRACERH) vient de recevoir un prix national et un prix panafricain en tant que meilleur centre en fécondation in vitro. Quels sentiments vous animent face à cette double consécration ?
Qui ne ressentirait pas de la joie et une immense fierté ? C’est une immense satisfaction d’avoir été primé à ce niveau. Je crois sincèrement que c’est le fruit d’un travail d’équipe, une équipe acharnée, qui chaque jour se remet en question pour atteindre de meilleurs résultats. C’est une distinction amplement méritée par cette équipe dévouée. C’est aussi le fruit d’un travail rigoureux et du respect de la confiance que nous ont témoignée les institutions.
Vous évoquez la confiance. Le CHRACERH a-t-il toujours bénéficié de cette confiance, notamment au début de ses activités ?
Non, pas toujours. Il est crucial de souligner que ce centre existe avant tout grâce à la volonté personnelle du couple présidentiel, Paul et Chantal Biya, qui ont cru en notre vision. Il y a quelques années, personne ne croyait réellement à ce que nous entreprenions. Certains ne nous accordaient même pas un crédit minimal, persuadés que les Camerounais n’étaient pas capables de réaliser de telles prouesses. Pourtant, le couple présidentiel nous a fait confiance, même si, paradoxalement, beaucoup de gens n’y croyaient pas et n’en voulaient même pas. Ils ont cru en nous, et nous, nous avons tout mis en œuvre pour respecter et mériter cette confiance inestimable.
Comment avez-vous construit cette réussite, notamment dans un domaine aussi complexe que la fécondation in vitro ?
Le premier pilier a été de bâtir une équipe soudée et solidaire, capable de travailler en parfaite synergie. La fécondation in vitro n’est pas le mérite d’une seule personne. C’est un assemblage complexe de plusieurs activités, nécessitant l’expertise des biologistes et des cliniciens, notamment les gynécologues.
En outre, nous avons une équipe d’infirmières qui travaille sans relâche, “comme des fourmis”, avec une exigence de zéro faute. Une petite infection dans le circuit peut compromettre l’intégralité des résultats. Nous avons donc mis en place un système de travail qualité rigoureux, où chacun respecte les consignes à son niveau. C’est ce qui nous permet aujourd’hui d’atteindre des résultats très enviés à l’échelle mondiale. Ces deux prix, national et international, témoignent de la grande qualité du travail réalisé au CHRACERH. Ce succès, je le répète, est également dû au soutien indéfectible du couple présidentiel et au dévouement de toute notre équipe.
Vous soulignez la performance de votre équipe dans un contexte africain. Est-ce un défi particulier ?
Absolument. Faire ce que, à l’époque, même certains Européens n’arrivaient pas à faire, et le faire ici, dans notre contexte africain, est un immense mérite pour cette équipe. Je leur tire un grand chapeau. Il n’y a pas que les professionnels médecins, mais aussi tous les autres corps de métier qui travaillent nuit et jour, chacun à son niveau, pour que nous atteignions de tels résultats. En tant que dirigeant de cette institution, je ne peux que remercier le Seigneur de nous avoir éclairés et de nous avoir donné l’énergie et l’intelligence nécessaires pour travailler en harmonie et offrir ces résultats. C’est aussi la victoire de tous les Camerounais.
Quelle a été la réaction de l’équipe à l’annonce de ces prix ?
Nous ne savions même pas que nous allions être primés. Quand nous sommes arrivés dans la salle et que nous avons été nominés pour la première fois, ce fut un éclat de joie pour toute l’équipe présente. Et quand nous avons reçu le deuxième prix, le prix africain, je peux vous garantir que c’était le comble de la joie ! Le lendemain matin, nous avions des séances de fécondation in vitro, et toute l’équipe est venue pour que nous puissions présenter les trophées à l’ensemble du personnel.
En termes de résultats concrets, où en est le CHRACERH aujourd’hui, et quels sont vos prochains objectifs ?
Nous sommes pratiquement déjà à 538 bébés nés grâce à la FIV. Je pense que la semaine prochaine, nous atteindrons 540, avec deux grossesses et deux accouchements en vue. Vous voyez, nous progressons inexorablement vers un objectif qui me tient particulièrement à cœur : atteindre 1 000 bébés. C’est vraiment quelque chose d’extraordinaire. Nous allons d’abord faire une pause pour fêter les 500 bébés, puis nous rechargerons les batteries pour continuer jusqu’à 1 000. Quand vous avez réussi à faire venir 1 000 personnes au monde, l’impact est incommensurable.
Ces récompenses interviennent peu avant le Conseil d’administration. Comment aborderez-vous cette rencontre ?
Nous ferons simplement le rapport de nos activités, comme d’habitude. Nous présenterons les résultats que nous obtenons, qui sont palpables et vérifiables, comme l’a confirmé la communauté scientifique internationale. Notre priorité est de maintenir cette dynamique. Il ne suffit pas d’être premier, il faut savoir le rester. Nous voulons que le CHRACERH demeure la structure de pointe, la structure phare dans le domaine de la fécondation in vitro et de la chirurgie endoscopique. Nous allons nous y atteler. Faites-nous confiance, nous serons présents. Et pour ceux qui voudraient nous défier, qu’ils sachent que nous avons déjà pris le train en marche et nous ferons le maximum pour garder notre position.
Propos recueillis par Elvis Serge NSAA















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