Grâce à sa propriété laxative, elle stimule le transit en provoquant une légère irritation locale de la muqueuse intestinale, ce qui déclenche des contractions coordonnées des muscles du côlon, et accélère mécaniquement la progression des selles vers la sortie.
Face à des blocages passagers, notamment le stress ou le manque d’hydratation, le système digestif se retrouve souvent fatigué. Pour y remédier, la phytothérapie propose des remèdes d’une remarquable efficacité, au premier rang desquels figure le séné. Connu sous le nom
scientifique de Senna alexandrina, cet arbuste de la famille des Fabacées puise ses vertus dans les régions arides et subdésertiques d’Afrique, notamment en Égypte et au Soudan, mais aussi en Asie. Récoltées puis séchées, ses feuilles et ses gousses constituent un traitement de choix pour débloquer les crises de constipation de courte durée.
Une plante aux propriétés laxatives
D’après les tradithérapeutes, la renommée du séné repose sur sa richesse en dérivés anthracéniques (substances d’origine végétale reconnues principalement pour leurs puissantes propriétés laxatives et purgatives), plus particulièrement les sennosides A, B, C et D, comme l’explique Armand, un naturopathe : « Lorsque ces composés atteignent l’appareil digestif, ils sont transformés par les bactéries de la flore intestinale en principes actifs puissants. Le séné déploie alors une double action particulièrement redoutable pour soulager la constipation occasionnelle. »
Donc, selon l’expert, il exerce d’une part une propriété laxative stimulante en provoquant une légère irritation locale de la muqueuse intestinale. Cela déclenche des contractions coordonnées des muscles du côlon, un phénomène appelé péristaltisme, qui accélère mécaniquement la progression des selles vers la sortie. D’autre part, la plante possède une action sécrétoire et hydratante majeure. Elle modifie les flux d’eau et de sels minéraux en stimulant la sécrétion de fluides tout en freinant la réabsorption de l’eau par la paroi du côlon. Résultat : les selles gagnent en volume, se ramollissent considérablement et s’évacuent sans effort.
Pour tirer le meilleur parti de ces propriétés, l’utilisation du séné répond à un rituel simple. La méthode la plus traditionnelle recommandée consiste à consommer la plante par voie orale sous forme d’infusion. Il convient alors de laisser infuser un demi-gramme à deux grammes de feuilles séchées dans une tasse d’eau chaude pendant cinq à dix minutes. Les principes actifs nécessitent entre six et douze heures pour agir pleinement. Il est vivement recommandé de boire cette tisane le soir au coucher. Cette chronologie, selon le praticien, permet d’obtenir un soulagement naturel dès le réveil, sans perturber la journée.
Précautions d’usage
Bien que naturel, le séné est d’une grande puissance et impose une discipline rigoureuse. Cette plante est un traitement d’urgence et ne doit sous aucun prétexte devenir une habitude quotidienne. Son usage doit impérativement rester ponctuel et limité à une période maximale de huit à dix jours consécutifs. Dépasser cette durée expose à des risques sérieux, notamment une accoutumance entraînant une paresse intestinale accrue, une irritation chronique de la muqueuse digestive et des fuites de minéraux essentiels comme le potassium, ainsi que l’a révélé l’expert. Des effets secondaires désagréables comme des crampes abdominales ou des diarrhées peuvent également survenir. Par ailleurs, le séné est absolument interdit aux femmes enceintes ou allaitantes, aux enfants de moins de douze ans, ainsi qu’aux personnes souffrant de maladies inflammatoires du côlon telles que la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique. Son emploi est tout aussi proscrit en cas d’occlusion intestinale, de douleurs abdominales d’origine inconnue, de déshydratation sévère ou de troubles cardiaques.
Utilisé avec discernement, le séné demeure néanmoins un recours naturel d’une efficacité redoutable.









