Dans un entretien exclusif, le Dr Ange Ngo Bilong, Cardiologue, parle des accidents cardiovasculaires. Elle donne aussi les mesures à suivre par les sportifs pour réduire les risques d’en être victime.
Quels sont les principaux facteurs de risque pour les accidents cardiovasculaires chez les athlètes de haut niveau ?
Quand il s’agit des facteurs de risques cardiovasculaires chez les athlètes, nous avons 02 groupes : Chez les athlètes de moins de 35 ans, nous avons en 1ere position qui est les hypertrophies (la plus fréquente est la cardiomyopathie hypertrophique), l’anomalie de naissance des coronaires, la myocardite, le syndrome du QT long, la tachycardie ventriculaire catécholergique. Chez les athlètes de plus de 35 ans nous avons le tabagisme, l’alcoolisme, l’athlète connu avec une hypertension artérielle, une insuffisance cardiaque, syndrome d’apnée obstructive du sommeil.
Pouvez-vous nous parler des anomalies cardiaques congénitales ou acquises qui peuvent augmenter le risque d’accidents cardiovasculaires chez le sportif ?
Parmi les anomalies cardiaques congénitales, nous avons l’anomalie de naissance des coronaires, les communications inter auriculaires, interventriculaire, la transposition des gros vaisseaux, la tétralogie de Fallot (elles entrainent des insuffisance cardiaque et arythmies avec risque de mort subite). Tandis que parmi les anomalies cardiaques acquises, nous avons les cardiomyopathies hypertrophiques, cardiomyopathies dilatées, les cardiopathies ischémiques, les valvulopathies, les myocardites.
Quelles sont les causes les plus fréquentes de l’arrêt cardiaque soudain chez les athlètes de haut niveau ?
Je dirai que nous avons 02 groupes ici comme toujours : Chez les athlètes de moins de 35 ans, la première cause est la cardiomyopathie hypertrophique, ensuite l’anomalie de naissance des coronaires, les myocardites, les tachycardies catecholergiques, le QT long. Chez les athlètes de plus de 35 ans, la première cause reste les coronaropathies. Ensuite, nous avons les cardiomyopathies et enfin les, myocardites.
Comment se manifeste un infarctus du myocarde chez les athlètes, et quelles sont les causes possibles ?
Lorsqu’un athlète a une plaque d’athérome dans les vaisseaux, à l’effort physique de très haute intensité, la plaque se déstabilise, on a rupture de cette plaque. Ce qui entraine un IM. Dans plus de 90 % des cas, nous avons une douleur thoracique poignante de forte intensité retro sternale irradiant vers l’épaule gauche, la main gauche, la mâchoire, survenant au repos, ou à l’effort. Cependant il existe des manifestations atypiques de l’IM comme par exemple une epigastralgie, une douleur à l’épaule, une douleur aux 02 membres supérieurs, difficultés à respirer le plus souvent pendant l’effort. Chez l’athlète nous avons une baisse considérable de la performance. Les causes possibles de l’IM seront divisées en deux groupes : Chez athlète de moins de 35 ans, nous avons l’hypercholestérolémie familiale, l’hérédité coronarienne et la prise des substance dopantes. Chez les athlètes de plus de 35 ans, nous avons tous les facteurs de risque cardiovasculaires.
Quelles sont les conséquences à court et à long terme d’un accident cardiovasculaire sur la carrière d’un athlète de haut niveau ?
A court terme, comme conséquence, nous avons la mort subite. A long terme, une baisse de la performance parfois jusqu’à l’arrêt provisoire ou définitif du sport.
Quels examens et tests recommandez-vous pour les évaluations précompétitives des athlètes de haut niveau ?
Nous avons : L’ examen Clinique ; Les examens biologiques (NFS ; CRP ; GAJ ; Profil lipidique ; Ionogramme complet) ; Les examens paracliniques (ECG ; Échographie cardiaque). Peuvent également être prescrits : l’épreuve d’effort, un holter ECG, une échographie de stress si pathologies à l’ECG.
Quelle est l’importance de la formation et de l’éducation des athlètes et des entraîneurs pour reconnaître les signes d’alerte ?
L’importance de la formation des athlètes et des encadreurs pour connaitre les signes d’alerte est capitale. Car, à travers les connaissances acquises, ces derniers pourront sauver des vies. Il est donc important de connaître les 10 règles d’or du sportif que sont :1/ Je signale à mon médecin toute douleur dans la poitrine ou essoufflement anormal survenant à l’effort ; 2/ Je signale à mon médecin toute palpitation cardiaque survenant à l’effort ou juste après l’effort ; 3/ Je signale à mon médecin tout malaise survenant à l’effort ou juste après l’effort ; 4/ Je respecte toujours un échauffement et une récupération de 10 min lors de mes activités sportives ;
5/ Je bois 3 à 4 gorgées d’eau toutes les 30 min d’exercice à l’entraînement comme en compétition ; 6/ J’évite les activités intenses par des températures extérieures < – 5° ou > +30° et lors des pics de pollution ; 7/ Je ne fume pas, en tout cas jamais dans les 2 heures qui précédent ou suivent ma pratique sportive ; 8/ Je ne consomme jamais de substance dopante et j’évite l’automédication en général ; 9/ Je ne fais pas de sport intense si j’ai de la fièvre, ni dans les 8 jours qui suivent un épisode grippal (fièvre + courbatures) ; 10/ Je pratique un bilan médical avant de reprendre une activité sportive intense si j’ai plus de 35 ans pour les hommes et 45 ans pour les femmes.
Quelles sont les bonnes pratiques pour la réanimation cardiopulmonaire en cas d’arrêt cardiaque soudain chez un athlète ?
Je dirai simplement qu’il faut connaitre et être formé sur les mesures de premiers secours ; il faut un système d’appel et de transport efficace et enfin, il faut du matériel adapté.
Quels conseils pouvez-vous donner aux athlètes pour minimiser les risques d’accidents cardiovasculaires ?
Je conseillerai aux athlètes de faire des visites pré-compétitions avant les compétitions. Pendant les compétitions : ils doivent pratiquer les 10 règles d’or du sportif. Après les compétitions, ils doivent évaluer leur état de santé.
Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI









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