Deuxième cause de mortalité et première cause de handicap moteur dans le monde, l’AVC peut être évité grâce à une prise en charge précoce des facteurs de risque. C’est le sens de la campagne de sensibilisation menée ce jeudi par l’Hôpital Général de Douala. Entre bilan de santé gratuit et conseils diététiques délivrés par Cynthia Medidje, l’établissement hospitalier s’impose en première ligne pour traquer l’hypertension, le diabète et la sédentarité.
Pour les professionnels de la santé, l’AVC, communément appelé « attaque cérébrale », est une urgence médicale majeure. Il se produit lorsque la circulation sanguine vers une partie du cerveau est interrompue ou réduite, privant alors le tissu cérébral d’oxygène et de nutriments. En quelques minutes, les cellules cérébrales commencent à mourir. En termes plus simples, le Dr Hilaire Ewodo nous fait comprendre que « l’accident vasculaire cérébral est une interruption rapide de la circulation sanguine au niveau cérébral. Elle peut être due soit à un caillot de sang dans un vaisseau, soit à un saignement au niveau d’un vaisseau cérébral. Et ceci est une urgence diagnostique et thérapeutique parce que chaque minute compte.
Chaque minute qui passe après un AVC, nous perdons environ 2 millions de neurones », explique le neurologue.Pour le docteur Caroline Kemeni, c’est un tueur impitoyable : « C’est la deuxième cause de mortalité, loin devant les cancers et les pathologies cardiovasculaires. Et la troisième cause de démence, après la maladie d’Alzheimer. C’est la première cause de handicap moteur dans le monde », dit également la neurologue.
Promouvoir la prévention des pathologies
Une bonne raison pour l’Hôpital général de Douala d’organiser cette activité pour la prévention primaire, qui est donc la meilleure des choses. Et il faut bien le préciser : l’Hôpital général de Douala s’est investi pour promouvoir la prévention des pathologies. C’est ce qui justifie la campagne de dépistage des pathologies liées à ce mal.
Les femmes, plus nombreuses que les hommes, ont suivi les explications des médecins pour éviter le mal et les conseils de la nutritionniste pour une alimentation de qualité. Pour le Dr Hilaire Ewodo donc, il y a de multiples causes qui peuvent entraîner un accident vasculaire cérébral, notamment les causes cardiaques, les problèmes au niveau des vaisseaux sanguins et même des problèmes de sang. Mais ces différents problèmes sont maintenus et entretenus par différents facteurs de risque.
Dans l’ordre, le facteur de risque numéro un, c’est l’hypertension artérielle, qui entraîne des accidents vasculaires cérébraux. Il y a également le diabète, les problèmes de cholestérol avec les dyslipidémies, c’est-à-dire une concentration anormale de lipides dans le sang. Il s’agit principalement d’un excès de mauvais cholestérol ou d’un manque de bon cholestérol. Il faut ajouter à cela les mauvaises habitudes, avec la consommation de tabac, d’alcool, le manque d’exercice physique, notamment la sédentarité, et la mauvaise alimentation, qui sont des facteurs de risque pouvant entraîner des accidents vasculaires cérébraux.
Le rapport entre la nutrition et les AVC
La mauvaise alimentation est un gros facteur de risque, nous a-t-on expliqué sur le site des activités. Un grand moment de connaissances partagées. En suivant donc Cynthia Medidje, on va garder en tête qu’il est important de prévenir la survenue des accidents vasculaires cérébraux en contrôlant ces différents facteurs de risque. Et notamment notre alimentation. Pour la nutritionniste donc, « généralement, on a la mauvaise alimentation en ce qui concerne la qualité de la viande à utiliser. Dans les viandes, on peut avoir du mauvais cholestérol. On a souvent tendance à prendre des viandes rouges, le porc, le bœuf, les viandes de brousse en général. Et on a aussi les viandes maigres. Mais nous, la population camerounaise, on aime les viandes rouges parce qu’on dit que c’est bon dans la bouche, ça a un bon goût, ce n’est pas fade et tout », nous dit-elle. Pourtant, « on est en train de faire un plein de mauvais cholestérol, à cause de la teneur. Par contre, la viande blanche, on peut dire que ce sont des volailles sans la peau. Parce que quand nous préparons, par exemple, le poulet, pour le déplumer, quand nous touchons sa peau, nous ressentons une goutte huileuse au niveau de la peau qui contient beaucoup de graisse. C’est pourquoi, lorsqu’on veut préparer les volailles, il est préférable d’enlever la peau au préalable avant de préparer », nous renseigne-t-elle encore. C’est du moins une partie de ses explications.
Alors, comme l’AVC est un accident qui ne prévient pas : « C’est quelque chose qui arrive subitement, de manière soudaine. C’est pour ça qu’il faut déterminer les facteurs de risque qui permettent de tapisser le lit qui va entraîner ces AVC. Mais lorsqu’il est là, il ne prévient pas, il est brutal, il est subit », avons-nous appris.Il faut donc bien parler d’« une vie après l’AVC ». Et c’est d’ailleurs l’une des grandes préoccupations à l’Hôpital général de Douala. Pour le Dr Hilaire Ewodo, « reprendre la vie après un accident vasculaire cérébral demande de maintenir un suivi hospitalier avec l’équipe médicale qui permettra de contrôler tous ces différents facteurs de risque cardiovasculaire, de prévenir et de suivre les complications ». Mais aussi de « maîtriser tous ces différents facteurs, de faire des exercices physiques, de prendre ses médicaments tous les jours, de contrôler son alimentation et puis de maintenir la physiothérapie, la rééducation pour pouvoir revivre, pour pouvoir retrouver, au moins récupérer du handicap qui peut être après un accident vasculaire cérébral », soutient le neurologue, qui parle de l’état du patient après coup : « Un accident vasculaire cérébral peut être traité.
Il faut savoir qu’il y a plusieurs issues après un accident vasculaire cérébral. On peut avoir une récupération complète. On peut garder un handicap ou alors il peut aussi y avoir un décès », dit le médecin.
Alphonse JENE












