Malgré un accès quasi généralisé aux soins, de nouveaux cas de contaminations au VIH/SIDA persistent. Pour éliminer le virus d’ici 2030, le pays passe à l’offensive en ciblant la jeunesse et les populations vulnérables.
Si l’accès aux traitements antirétroviraux est aujourd’hui largement garanti sur l’ensemble du territoire togolais, le combat contre l’épidémie entre dans une phase beaucoup plus offensive. L’enjeu dépasse désormais la simple prise en charge médicale des personnes vivant avec le virus : l’objectif prioritaire est de couper définitivement la chaîne des nouvelles infections. En s’appuyant sur un dispositif de prévention renforcé, le gouvernement choisit d’agir directement à la source en ciblant les populations les plus exposées.
Les jeunes, ciblent prioritaires de sensibilisation
Pour faire évoluer durablement les habitudes, la sensibilisation de terrain demeure l’outil de référence. Au cours de l’année 2025, plus de 2,3 millions de personnes ont été mobilisées à travers le pays. Les efforts se focalisent tout particulièrement sur la jeunesse, où la tranche des 15 à 24 ans a représenté plus de 1,3 million de personnes touchées. Dans le même temps, près de 492 000 femmes âgées de 15 à 49 ans et 458 000 personnes au sein de la population générale ont bénéficié de ces campagnes d’information sur la maladie.
Cette dynamique de sensibilisation, porte d’ailleurs ses fruits et se traduit par une adoption croissante des réflexes de protection et de dépistage. En 2025, 650 142 tests de dépistage ont été réalisés, marquant une progression par rapport aux 594 332 enregistrés l’année précédente. Sur l’ensemble des tests effectués en 2025, 10 174 cas se sont révélés positifs, soit un taux de séropositivité de 1,56 %. Si ces résultats permettent une mise sous traitement plus rapide, la détection précoce reste un défi crucial pour éliminer les retards de prise en charge. Parallèlement, la distribution de moyens de protection a franchi un cap majeur, atteignant plus de 20,2 millions de préservatifs distribués (dont 13 millions pour la population générale et 2,7 millions pour les jeunes), contre 16 millions un an plus tôt.
Des progrès probants sur la transmission mère-enfant
Au-delà de ces avancés, les indicateurs de la santé maternelle affichent également une progression concrète. Sur 275 983 femmes enceintes dépistées en 2025, 3 731 femmes séropositives ont été accompagnées et placées sous traitement. Conséquence directe de cet accompagnement : la couverture thérapeutique est grimpée à 90,65 % (contre 86,51 % en 2024), tandis que le taux de transmission mère-enfant est redescendu à 11,35 %, contre 13,44 % un an plus tôt.
Cap vers 2027-2030
Face aux retombées de la raréfaction des financements extérieurs et pour pérenniser ces acquis, le Togo prépare activement son Plan stratégique national 2027-2030. Cette nouvelle feuille de route intègre une modernisation des canaux de communication : recours accru aux réseaux sociaux, aux plateformes numériques et à l’auto-dépistage guidé. L’idée est d’établir un contact direct, moderne et dédramatisé avec les adolescents.
En investissant massivement dans la prévention en amont et en renforçant l’approche communautaire grâce à l’implication des jeunes leaders, les autorités entendent préserver des milliers de vies tout en réduisant la charge financière à long terme pour le système de santé national. L’ambition ultime reste claire : éliminer la menace d’ici 2030.










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