Pendant que le gouvernement s’emploie à encadrer les tradipraticiens, certains d’entre eux continuent dans la clandestinité. Ce qui justifie l’appel des tradipraticiens à l’endroit du ministère de la santé, et du gouvernement entier pour extirper les mauvaises graines.
Dans la ville de Ngaoundéré comme dans les autres villes secondaires, les tradipraticiens écument les rues à la recherche des potentiels ‘’patients’’. Un service ambulatoire qui n’est pas sans conséquences sur la santé des populations. « Nous sommes des tradipraticiens agréés et homologués par le ministère de la santé publique. A Ngaoundéré, nous sommes encadrés par le délégué régional de la santé qui nous associe à toutes les manifestations liées à la santé », explique Mohamadou Bachirou, délégué de l’association des tradipraticiens de la santé pour l’arrondissement de Belel dans la Vina. Brandissant son certificat d’aptitude à la pratique de la médecine traditionnelle, ce dernier plaide pour des sanctions contre ce qu’il appelle ‘’brebis galeuses’’ dans leur cercle. Bessala Sandjé, herboriste-phytotherapeute spécialisé sur les questions d’infertilité depuis 1985 se veut plus dur. « Avant d’administrer nos produits, nous nous rassurons que le patient présente les résultats des examens médicaux », dit-il tout en rappelant que tous ses produits avant d’être mis à la disposition des consommateurs passent par une batterie de tests, notamment des laboratoires de l’Institut des Recherches Médicales et des Etudes des Plantes Médicinales. Pour ce dernier, la médecine traditionnelle est d’une importance capitale auprès de la médecine conventionnelle. Une complémentarité qui, bien encadrée, permettrait d’aboutir à une meilleure prise en charge des patients.
L’encadrement des autorités sanitaires régionales
La célébration le 31 août dernier de la journée africaine de la médecine traditionnelle à Ngaoundéré se présente pour les tradipraticiens de Ngaoundéré et de la région, de remercier les pouvoirs publics pour l’accompagnement dans la formalisation. « Depuis le vote de la loi de 2024 qui encadre la médecine traditionnelle, nous sommes accompagnés sur le terrain par les services de la santé, la délégation régionale en l’occurrence. Monsieur le délégué, Guillaume Tchédélé et son équipe nous soutiennent sur le terrain. Cette dernière nous appuie dans la sensibilisation de nos pairs à aller vers une homologation de leurs produits », salue Bessala Sandjé. Un encadrement qui se traduit par la présence aux côtés des acteurs de la médecine traditionnelle de la brigade de contrôle de la délégation régionale de la santé qui s’assure de ce que les tradipraticiens sont en règle et que les produits respectent la norme requise pour la consommation humaine.
Sanctions des récalcitrants
« Nous sommes des acteurs de la santé et nous contribuons au bien-être des populations. Il est hors de question que pendant que nous faisons des efforts pour être en règle, d’autres exercent dans
la clandestinité. L’assainissement du milieu permettra de positionner le tradipraticien de la santé en un véritable acteur du système de santé camerounais », indique Mohamadou Bachirou. Modibo Moctar pour sa part enfonce le clou en souhaitant le déguerpissement pur et simple des tradipraticiens installés au quartier Sabongari. Bessala Sandjé quant à lui, s’appuie sur la loi qui régit la médecine traditionnelle au Cameroun afin de sanctionner ceux qui exerceraient en marge des normes définies par la loi de 2024. L’article 38.- (1) de cette loi dispose que ‘’Toute personne reconnue coupable d’exercice illégal de la médecine traditionnelle est passible d’un emprisonnement de un (01) an à dix (10) ans et d’une amende de cinq millions (5 000 000) à vingt millions (20 000 000) de francs CFA ou l’une de ces deux peines seulement. (2) Le juge peut en outre ordonner à l’encontre de toute personne reconnue coupable d’exercice illégal, la fermeture de son établissement et/ou la confiscation de tous objets, médicaments et substances qui auront servi de support à cette activité irrégulière. (3) En cas de récidive, la peine visée à l’alinéa un ci-dessus est portée au double, et la juridiction saisie peut prononcer l’interdiction définitive d’exercer la médecine traditionnelle’’.
Cette loi qui préconise la création de l’ordre de tradipraticien est saluée par les acteurs qui souhaitent qu’au bout de 24 mois fixés, tous ceux qui exercent encore dans l’illégalité puissent se conformer faute de quoi, ils feront face à la rigueur de la loi.
La célébration 2026 de la journée africaine de la médecine traditionnelle met l’accent sur son intégration dans la Couverture Santé Universelle (Csu) remet au goût du jour l’importance de cette médecine dans l’atteinte des objectifs de santé. Malgré les avancées de la médecine conventionnelle, la médecine traditionnelle continue de faire courir les populations.
















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