A l’occasion d’une conférence de presse donnée ce 23 septembre 2026 à Yaoundé, le Syndicat national des praticiens de médecine traditionnelle et complémentaire au Cameroun (SYNAPRAM) a levé le voile sur ses nouveaux défis. Entre l’organisation du prochain Salon international et des Awards de l’excellence, le secteur milite pour un encadrement strict et une véritable intégration dans le système de santé public.
Un tournant décisif pour la pharmacopée camerounaise. Longtemps cantonnée aux marges du système de soins officiel, la médecine traditionnelle entend désormais s’imposer par la rigueur scientifique, l’excellence et la structuration professionnelle. C’est le message fort délivré ce mercredi 23 septembre 2026 à Yaoundé par le Syndicat national des praticiens de médecine traditionnelle et complémentaire au Cameroun (SYNAPRAM).
Vers une industrialisation des savoirs locaux
Au cœur des échanges : l’assainissement de la profession et la valorisation des compétences locales face aux importations massives de produits pharmaceutiques. Pour le syndicat, le Cameroun dispose d’un potentiel inestimable qui ne demande qu’à être financé et encadré.
« Le Cameroun est immensément riche en savoirs médicinaux. Si l’Etat met les mécanismes pour soutenir ses chercheurs locaux, on aura des officines partout, a souligné le président du SYNAPRAM le Pr. Martin Happy lors de la séance de questions-réponses. « Si nous pouvons réduire l’importation des antipaludéens pour en fabriquer sur le plan local avec nos plantes, cela permettra au réel corps professionnel de la médecine traditionnelle de se développer. »
Toutefois, cette ambition industrielle se heurte aux coûts élevés des normes d’homologation. Si la première catégorie de médicaments traditionnels reste soumise aux bonnes pratiques de fabrication, la deuxième catégorie exige des autorisations de mise sur le marché (AMM). « Pour faire l’analyse de toxicité aiguë et soutenue, cela coûte 350 000 FCFA. Le problème se situe au niveau du financement pour pouvoir créer des pharmacies et mener des recherches approfondies en pharmacopée », a précisé le président de l’organisation.
Normes, sécurité et collaboration médicale
Depuis l’adoption de la loi n°2024/018 du 23 décembre 2024 portant exercice et organisation de la médecine traditionnelle, les tradipraticiens sont appelés à collaborer étroitement avec le corps médical conventionnel. Une dynamique déjà encouragée lors de la pandémie de COVID-19, lorsque le chef de l’Etat son excellence Paul Biya avait rappelé la liberté des patients de consulter des tradithérapeutes en milieu hospitalier selon le président du syndicat.
Pour sortir de la clandestinité et lutter contre les remèdes douteux vendus à la sauvette, le SYNAPRAM impose désormais des critères de sélection intransigeants à ses membres et aux candidats de ses concours :
« Nous évaluons la localisation du pratiquant, l’existence d’une adresse physique, ainsi que le respect des règles d’hygiène et des normes de fabrication, contrairement à ce qui est vendu dans les coins de rue. La sécurité, l’efficacité et le respect des règles, de la culture des plantes à la récolte, sont prioritaires. Les votes en ligne ne représentent d’ailleurs que 20 % de la note finale. »
Un Salon international et des Awards pour célébrer l’excellence
Pour concrétiser cette dynamique de valorisation, le SYNAPRAM relance cette année son événement phare, après une période d’interruption. Le Salon international de la médecine traditionnelle se tiendra du 26 au 28 novembre 2026 dans l’enceinte de la paroisse catholique du Lycée Bilingue à Yaoundé. Il réunira transformateurs locaux, herboristes, phytothérapeutes et tradispiritualistes issus du
Cameroun mais aussi de la sous-région, notamment de Guinée et du Bénin.
En prélude à cette grande foire-exposition, la cérémonie officielle des Awards de l’excellence se déroulera le 27 novembre 2026 à la salle des fêtes de la Croix-Rouge du Cameroun. Plus d’une trentaine de candidats concourent cette année pour décrocher les distinctions de meilleurs centres de soins et meilleurs médicaments traditionnels. Un prix spécial, sera également attribué aux leaders et administrateurs pionniers dont les travaux en amont ont permis la réglementation de cette médecine au Cameroun et en Afrique.
« Il est question de valoriser et de reconnaître les tradipraticiens qui se distinguent par leur travail d’excellence et de reconnaître aussi les meilleurs médicaments traditionnels »

A la sortie de cette conférence, ce qu’il faut retenir c’est qu’après la reconnaissance officielle de la médecine traditionnelle au Cameroun, avec la volonté du chef de l’Etat d’intégrer réellement la médecine traditionnelle au sein du système de soins de santé au Cameroun. Il est question de valoriser et de reconnaître les tradipraticiens qui se distinguent par leur travail d’excellence et de reconnaître aussi les meilleurs médicaments traditionnels. Comme je l’ai dit, un médicament de bonne qualité est celui-là qui n’est pas nocif, c’est celui-là qui a été fabriqué dans le système de respect des normes de bonne pratique de fabrication. Les médicaments traditionnels sont régis par le décret sur la pharmacie et catégorisé.
Nous avons la première catégorie qui n’est pas soumise en réglementation mais qui nécessite le respect des normes de bonne pratique. Maintenant, à partir de la deuxième catégorie, il faut des analyses de toxicité, des homologations afin que ce soit vendu à grande échelle. Donc on va parler de la reconnaissance, de la valorisation des praticiens et des produits issus de la pharmacopée locale.
Pour les awards, en ce moment, nous avons plus d’une trentaine. Il y a des candidats locaux, il y a des candidats de la Guinée-Côte d’Orient, il y a des candidats du Bénin. Nous avions reçu des demandes d’autres pays mais malheureusement, le délai d’inscription était dépassé. On espère que l’année prochaine, ils nous contacteront un peu plus tôt.
Le salon, c’est un événement qui vient pour promouvoir les activités de médecine traditionnelle et des produits issus de la pharmacopée locale. C’est une foire à exposition qui est organisée en prélude à la célébration ou à l’organisation de la cérémonie officielle.















