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Menace d’Ebola aux frontières du Cameroun : L’Hôpital Régional de Ngaoundéré érige un rempart sanitaire

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Alors que des cas de maladie à virus Ebola sont confirmés dans plusieurs pays africains, notamment le Nigéria voisin, la région de l’Adamaoua renforce son dispositif de vigilance épidémiologique.

Face à la propagation de la maladie à virus Ebola en Afrique et dans les pays voisins du Cameroun, l’Hôpital régional de Ngaoundéré a lancé hier une formation de son personnel afin de renforcer les dispositifs de prévention et de contrôle des infections. L’initiative intervient alors que des pays voisins du Cameroun, comme le Nigéria, ont confirmé un premier cas d’Ebola de souche Bundibugyo le 20 octobre 2026, dans le cadre d’une épidémie qui touche également la République démocratique du Congo, l’Ouganda et le Kenya. Au niveau national, la récente visite à Douala du ministre de la Santé publique s’inscrit dans les mesures de prévention envisagées.

La direction de l’établissement hospitalier, à l’initiative du docteur Gaya Hamza, entend ainsi anticiper tout risque d’introduction du virus dans la région. L’Adamaoua partage une frontière avec le Nigéria, ce qui impose une vigilance particulière aux points d’entrée, aux structures de santé et aux circuits de prise en charge des patients suspects.

La prévention comme premier rempart

Cette formation vise en priorité la protection du personnel de santé, souvent exposé lors des contacts avec des patients présentant une fièvre hémorragique ou des symptômes évocateurs. Les participants ont bénéficié d’enseignements sur la reconnaissance précoce des cas suspects, l’isolement ou la mise en quarantaine, le lavage des mains, l’usage correct des équipements de protection individuelle et la manipulation sans risque des aiguilles et seringues usagées.Un accent particulier est aussi mis sur le prélèvement des échantillons biologiques, qui obéit à des normes très strictes. Les agents apprennent à respecter les protocoles de collecte, à éviter toute exposition aux liquides biologiques et à conditionner les prélèvements selon les normes en vigueur.

Ces mesures sont essentielles, car les procédures de prélèvement et de transport figurent parmi les moments les plus sensibles pour la sécurité des soignants et des personnels de laboratoire. Selon Oumarou Jean Nestor, chef du service des laboratoires de la formation sanitaire, les échantillons prélevés ont une durée de 24 heures pour être acheminés au laboratoire de référence qu’est le Centre Pasteur de Yaoundé, et la température requise doit osciller entre 2 et 8 °C. « Une fois le prélèvement effectué, l’équipe ayant effectué le prélèvement doit informer l’équipe du laboratoire de référence afin que, même si les échantillons arrivent à une heure tardive, il y ait toujours une personne pour les réceptionner », indique le chef du service des laboratoires.

Il s’agit d’assurer un emballage adapté, une traçabilité rigoureuse, une chaîne de transmission claire et une coordination entre les services cliniques, le laboratoire et les autorités sanitaires. Les protocoles de collecte et de transport des prélèvements cliniques, ainsi que les dispositifs de confirmation en laboratoire, constituent des éléments centraux de la préparation à une éventuelle alerte Ebola. Les personnels chargés de l’hygiène hospitalière et de la gestion des déchets sont eux aussi associés à l’exercice. Le nettoyage et la désinfection des locaux, du matériel médical et des surfaces, ainsi que l’élimination sécurisée des déchets contaminés, font partie des mesures prioritaires pour interrompre toute chaîne de transmission au sein de l’hôpital.

Pour l’Hôpital régional de Ngaoundéré, l’enjeu est double : protéger le personnel et les patients, mais aussi maintenir la capacité du système de santé à détecter, isoler et orienter rapidement tout cas suspect. En renforçant les compétences pratiques de ses équipes, l’établissement envoie un signal clair : la prévention, la discipline des gestes barrières et la coordination inter-services restent la première ligne de défense contre Ebola.

La formation, débutée hier, s’achève par des exercices pratiques sur le port des équipements de protection en fonction des cas. Il est ainsi question de joindre la pratique à la théorie dispensée en salle.

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Jean Besane Mangam qui cumule plus de 5 ans d’expérience. Titulaire d’un Master en Histoire et d’un certificat en documentation et archivistique, et correspondant de Echos Santé dans l’Adamaoua depuis 2020. Il a à son actif plusieurs certifiants en journalisme et le fact-checking dont Africa Fact Checking fellowship, Desinfox Afrique Cameroun, Code for Africa et Internews (vaccins et grands singes). Boursier de la Thomson Reuters Foundation / Fonds Mondial, Dakar 2024 mais aussi lauréat de plusieurs prix, Banque Mondiale en 2018, CDC/ Épicentre/CCOUSP en 2021 et Victoria International Media Merit Award en 2022.

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