Dans le cadre de la 11ème édition du mois camerounais du Sida, le gouverneur a réuni les acteurs impliqués dans la lutte. L’objectif est de porter le message de lutte contre cette pandémie qui continue de faire de victimes.
Inscrite au calendrier national du ministère de la santé publique et de ses démembrements régionaux, cette campagne se déroule chaque année au mois de novembre, en prélude à la Journée mondiale de lutte contre le sida, célébrée le 1er décembre. Elle vise à intensifier les activités de prévention, de dépistage, de prise en charge et de lutte contre la stigmatisation et la discrimination liées au VIH, en ciblant notamment les jeunes, les femmes, les populations clés et les personnes vivant avec le VIH.
La rencontre qui a réuni les administrations, les structures sanitaires, ainsi que les organisations à base communautaires a permis de présenter les chiffres de l’année dernière et de faire les projections pour cette année. Les participants ont insisté sur la nécessité d’aller au contact des populations, y compris dans les zones périurbaines et les localités difficiles d’accès.
Les échanges ont porté sur le renforcement de la sensibilisation de proximité, l’encouragement au dépistage volontaire, l’amélioration de l’orientation vers les formations sanitaires et la lutte contre les idées reçues autour du VIH/sida. L’enjeu est de faire reculer les nouvelles infections tout en garantissant que les personnes dépistées positives soient rapidement prises en charge et mises sous traitement.
Cette dynamique s’inscrit dans la continuité des actions menées dans la région notamment « Vacances sans sida » qui a permis de tester plus de 2 000 personnes dans la région, avec des cas positifs identifiés et pris en charge, grâce à l’implication de pairs éducateurs.
Des données parlantes de 2025
Selon les statistiques présentées par le coordonnateur régional du groupe technique régional de lutte contre le Vih/sida dans la région, docteur Djibril Mohammadou Moubarack, la région continue de faire de progrès dans un contexte difficile.
« L’année 2025 a été marquée par un événement majeur relatif à une pause dans le financement américain qui a eu des impacts sur le plan budgétaire et sur le plan programmatique avec une répercussion des activités qui a été menée en début de l’année. En 2025 nous avons obtenu des résultats plus ou moins satisfaisants mais qui appellent aussi à d’autres actions supplémentaires afin de pouvoir potentialiser les différents accès d’intervention que nous avons. De façon chiffrée, nous avons sensibilisé 1,3 millions de personnes environ à travers les différents canaux », indique le coordonnateur avant de poursuivre. « Nous avons pu distribuer 151.314 préservatifs et lubrifiants aux différentes communautés et nous avons dépisté 16 072 personnes pour 268 cas dépistés positifs soit un taux de séropositivité qui était à 1,67. Les 268 ont été mis sous traitement donc nous avons un lien au traitement qui était à 100% et nous avons pu mobiliser sur le plan régional seulement 320 000 francs cfa. En ce qui concerne la recherche des enfants perdus de vue parce que c’est aussi une activité au cours de laquelle nous cherchons les enfants issus ou bien nés des mamans séropositives mais qui ne sont pas retournés aux soins, nous avons pu retrouver 19 enfants exposés et sur les 19 enfants, 2 étaient positifs et ils ont été mis sous traitement ». Dans le même temps, 107 personnes qui étaient perdues de vue dans la file active ont été remises sous soins. Selon lui, la communication de masse a été portée à plus de 90% par les médias. Ce qui a permis aux formations sanitaires de retrouver entre 50 et 60% de personnes dépistées. Malheureusement, les contributions financières des partenaires restent marginales et dans un contexte où la contrainte financière globale tendue.
Sensibiliser pour prévenir
Pour le représentant du gouverneur de la région, la sensibilisation communautaire demeure l’un des leviers les plus efficaces de la riposte. Elle permet d’informer sur les modes de transmission, de promouvoir l’usage correct et systématique des préservatifs, d’encourager le dépistage et de combattre la stigmatisation, qui freine souvent l’accès aux soins. Ce qui justifie l’invitation des chefs traditionnels à cette réunion.
Le Mois camerounais de lutte contre le VIH/sida est présenté par le Comité national de lutte contre le sida comme la campagne nationale la plus importante et la plus fédératrice des acteurs de la riposte. Il rassemble les administrations, les organisations de la société civile, les structures de santé et les communautés autour d’activités concertées.
Dans ce contexte de mobilisation populaire attendue, certaines administrations sectorielles brillent malheureusement par une implication morose. Ce qui appelle à
plus d’engagements pour atteindre les résultats. Malgré ces efforts, les indicateurs restent préoccupants dans la région, car, selon les résultats de l’enquête Camphia 2024-2025, la prévalence du Vih chez les personnes de 15 à 49 ans reste établie à 3,9% alors qu’au niveau national, la prévalence est de 4,1%. Ce qui appelle des engagements supplémentaires de la part des divers acteurs, notamment l’accès aux intrants et aux soins. Une mobilisation supplémentaire auprès des orpailleurs, des populations nomades permettrait de mieux faire face à cette maladie qui continue de circuler.






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