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Mvongo Djou Germaine : Cette vaillante combattante face au cancer

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Publié le · Échos Santé
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À Yaoundé, cette mère célibataire âgée de 38 ans subit les affres du cancer de l’intestin grêle avec métastase hépatique, dont le traitement demeure encore inexistant. Portrait d’une femme face à un combat dont l’issue est incertaine, faute de traitement et de moyens financiers.

Il y a des combats dont on peut envisager l’issue. Mais il y en a d’autres dont on ne connaît ni les tenants ni les aboutissants. C’est dans cette catégorie que se trouve Germaine, 38 ans, qui depuis quatre ans souffre d’une tumeur neuroendocrine de l’intestin grêle avec métastase hépatique ; en termes plus courants, d’un cancer de l’intestin grêle avec métastase sur le foie. Extrêmement rare, ce cancer la ronge à petit feu, faute de traitement et de moyens.

Tout a débuté en 2017 par des symptômes légers, notamment une perte de sensibilité au bras gauche. Germaine a d’abord cru à un problème nerveux : « J’ai souvent des problèmes de dents ; donc, quand j’ai perdu la sensibilité de mon bras gauche, je me suis dit que c’était les nerfs dus aux douleurs dentaires. » S’ensuivent des menstruations plus abondantes que d’habitude, puis ce fameux 25 décembre 2021 où tout a basculé : « Une douleur m’a frappée au niveau du flanc droit. J’ai été conduite à l’Hôpital central.

Après des examens, on a détecté des calculs rénaux. » En plus de cela, les médecins découvrent « une masse au niveau du foie », constatant que l’organe a doublé de volume : « C’est là que tout commence. » Après de multiples investigations, le verdict tombe, sans appel : Germaine souffre d’un cancer de l’intestin grêle avec métastase hépatique.C’est le début des turbulences. Des chimiothérapies lui sont prescrites, mais elles se paient au prix fort : « On m’a prescrit six chimiothérapies, et j’en ai fait seulement quatre. Une chimiothérapie me coûtait environ 350 000 FCFA, l’hospitalisation étant facturée à part pour une durée de trois jours.

»Après sa formation d’aide-soignante, Germaine avait été recrutée dans un centre hospitalier de la place comme remplaçante. Ses petites économies lui ont permis de financer ses premières chimiothérapies. Mais cela n’était pas suffisant. S’y ajoutait une batterie d’examens onéreux : « Il y avait les scanners à 160 000 FCFA, soit 130 000 FCFA plus l’injection à 30 000 FCFA. Actuellement, l’injection coûte déjà 35 000 FCFA, sans compter les examens d’urine. » Devenue une fidèle cliente du Centre Pasteur, elle raconte : « Le Centre Pasteur me connaissait déjà ; toutes les deux semaines, il fallait aller verser au moins 40 000 FCFA pour les examens de sang. » Elle a fini par épuiser toutes ses économies et s’en est remise à la foi qu’elle pratique depuis sa tendre enfance.

Dans cette lutte sans relâche, elle a reçu le soutien de sa paroisse, de ses camarades de classe et d’amis. En revanche, du côté de la famille, le silence est retentissant, quand ce ne sont pas des soupçons de sorcellerie ou un manque total de compassion : « C’est mystique. Pourquoi ce n’est qu’à toi que ce genre de choses arrive ? À peine tu sors de formation, tu tombes déjà malade, et voilà ta fille qui porte des appareils auditifs. » Tels sont les propos désobligeants que Germaine subit au quotidien.Mais pour elle, cela ne pèse pas lourd face à son plus grand combat : trouver des fonds pour entamer le nouveau protocole qui lui a été proposé. « Je suis repartie à l’hôpital avec l’aide de mes camarades. On m’a prescrit six chimiothérapies en comprimés ; j’en ai pris cinq et demie, la sixième n’étant pas une chimiothérapie. Malheureusement, cela n’a rien changé : sur une échelle de 10, j’étais à 2. »Ce cancer étant particulièrement rare, les pistes thérapeutiques relèvent souvent de l’expérimentation.

Son médecin traitant lui a donc proposé un traitement combiné, mais dont le coût se chiffre en millions de francs : une seule injection s’élève à 1 932 000 FCFA, et les comprimés pour un mois reviennent à 6 200 000 FCFA. Ayant contacté des proches à l’étranger pour comparer, elle a constaté qu’avec environ 1 500 000 FCFA, elle pourrait se procurer l’équivalent hors du pays.En attendant, elle a déposé des dossiers de demande d’aide à la mairie et à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), dont elle attend encore les réponses. Malgré la rudesse de ce combat contre la maladie, Germaine continue de prêter sa voix lors des journées dédiées au cancer pour sensibiliser le public et témoigner de son parcours. Elle attend aujourd’hui de savoir si elle pourra vaincre cette maladie rare.

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