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Nigéria : La fièvre de Lassa s’intensifie

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Selon le dernier bilan de la semaine épidémiologique 33 publié par le Nigeria Centre for Disease Control (NCDC), le pays enregistre 1035 cas confirmés et 252 décès. Un chiffre alarmant qui met en cause les facteurs climatiques, environnementaux etc. La prévention et l’hygiène comme premier moyen de riposte.

Le Nigéria fait face à une recrudescence inquiétante de la fièvre de Lassa. Selon le bilan de la semaine épidémiologique 33 rendu public par le Nigeria Centre for Disease Control (NCDC) couvrant la période du 10 au 16 août 2026, le pays comptabilise 1 035 cas confirmés et 252 décès. Une situation sanitaire qui s’alourdit rapidement avec : 14 nouvelles infections signalées en une seule semaine contre 4 la semaine précédente, le taux de létalité atteint désormais 24,4 %, marquant une nette hausse par rapport aux 18,6 % enregistrés à la même période l’année dernière. Au total, la maladie s’est propagée à 23 Etats et 117 zones de gouvernement local, la tranche d’âge la plus touchée restant celle des jeunes adultes de 21 à 30 ans. Cinq États concentrent à eux seuls 87 % des infections : Bauchi, Ondo, Taraba, Benue et Edo.

Le rat multimamellaire, le vecteur de la maladie poussé vers les habitations

La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique virale aiguë transmise principalement à l’homme par le rat multimamellaire. Cette hausse alarmante s’explique en premier lieu par des facteurs environnementaux et climatiques. La dégradation des habitats naturels et les variations saisonnières poussent ces rongeurs à migrer massivement vers les habitations et les zones agricoles à la recherche de nourriture. Ce rapprochement démultiplie les risques de contamination des aliments, de l’eau et des objets domestiques par les urines ou les excréments des animaux, exposant directement les populations locales.

Un retard de diagnostic, l’autre piège mortel

Le retard de diagnostic constitue une cause majeure de la forte mortalité observée. Aux premiers stades de l’infection, les symptômes restent très similaires à ceux de maladies courantes comme le paludisme ou la fièvre typhoïde. Faute de tests de dépistage rapides et systématiques, les patients attendent souvent l’apparition de complications graves ou d’hémorragies avant de consulter. Ce délai crucial nuit à l’efficacité du traitement antiviral (la ribavirine), qui doit pourtant être administré dès les premiers symptômes pour maximiser les chances de survie.

Outre la transmission par les rongeurs, le virus se propage par contact interhumain, notamment en milieu hospitalier. Les défaillances du système de santé local en matière de prévention et de contrôle des infections ont entraîné la contamination de dizaines de professionnels de santé depuis le début de l’épidémie. Pour faire face à cette vulnérabilité qui fragilise la riposte globale, le NCDC a déployé en urgence des équipes de réponse rapide sur le terrain afin d’imposer des protocoles d’hygiène stricts et de protéger les soignants en première ligne.

Le stockage hermétique et hygiène, les gestes essentiels pour se protéger

La persistance du virus est également alimentée par les habitudes de stockage des denrées alimentaires dans les zones rurales et semi-urbaines. Les céréales et aliments de base y sont encore trop souvent conservés à l’air libre ou dans des récipients rudimentaires, facilement accessibles aux rongeurs. Pour stopper la chaîne de transmission et contenir cette crise étendue, la riposte repose prioritairement sur l’hygiène communautaire : conserver les vivres dans des contenants hermétiques, maintenir une salubrité rigoureuse autour des logements et éliminer tout contact avec les rongeurs.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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