Dans un entretien exclusif accordé à notre tabloïd, le Dr Jacques Marcel Akono Ze, Médecin Adjoint à la Commission médicale de la Fédération Camerounaise d’Athlétisme (FCA) dresse le bilan de la couverture médicale de la 30ème édition de la Course de l’Espoir. Il évoque également les prochains chantiers à venir.
Rendu au terme de la 30ème édition de la Course de l’Espoir, quel bilan faites-vous du déploiement de la commission médicale ?
En prélude à la 30ème édition de l’Ascension du Mont Cameroun, je vous avais rassuré que nous allons vivre une très belle fête et qu’elle allait se dérouler de façon saine. C’est l’occasion pour moi de remercier le Chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya à travers le ministre des Sports et de l’Education physique, Pr Narcisse Mouelle Kombi sans oublier le président de la Fédération Camerounaise d’Athlétisme, Emmanuel Motomby Mbome, la Direction de la Santé opérationnelle du Mindef, le Délégué régional pour la santé dans la région du Sud-ouest et le Directeur de l’hôpital régional pour le Sud-ouest qui se sont mobilisés pour le succès de l’évènement. Parlant du bilan sanitaire de cette 30e édition de la Course de l’Espoir, je dirai qu’il est très satisfaisant. Parce que, déjà nous avons finit la Course sans incident majeur. Ce qui était notre principal challenge. Ce matin (dimanche, Ndlr), il était question pour nous de visiter toutes les structures hospitalières pour nous rassurer que tous les cas référer dans ces structures ont bien été pris en charge et qu’ils ont pu rejoindre leur domicile dans les meilleures conditions. Nous pouvons vous rassurer que le travail qui a été fait en amont a énormément contribué pour produire ce résultat positif.
Su le plan de la couverture sanitaire, nous avons crée plusieurs Postes Médicaux Avancés (PMA, Ndlr). On avait une base arrière fixe au niveau des refuges. Nous avions le personnel de santé spécialisé dans tous ces PMA, tous ces refuges. Et au sommet, nous nous sommes battus pour qu’un élément du secourisme puisse y être afin de communiquer avec les officiels techniques en cas d’incident majeur. Sur le plan du transport, vous avez noté la présence de plusieurs ambulances de catégorie B équipées en matériel d’urgences et de réanimation qui étaient parées à toute éventualité. Puisque parlant des cas, le succès n’est pas parce qu’il n y a pas eu de cas. Mais, le succès se trouve au niveau du fait qu’il y ait eu des cas qui ont été rapidement pris en charge.
Quels types de cas ont été enregistrés ?
S’agissant des cas enregistrés, nous avons eu assez de lésions, des contractures musculaires, la fatigue générale parce qu’aller jusqu’au sommet et revenir ce n’est pas du tout chose facile. Mais, l’équipe de la Direction de la Santé Opérationnelle du Mindef a été d’une importance capitale dans le domaine d’accueil et de mise en condition des athlètes à l’arrivée. Ceux qui avaient des petits maux ont reçu des traitements adéquats et les cas les plus sérieux ont été référés dans les structures hospitalières environnantes notamment : à l’Hôpital Régional de Buea où une unité spéciale d’urgence et de réanimation a été créée pour la couverture de la 30e édition de la Course de l’Espoir.
Combien d’athlètes ont été enregistrés pour cette 30e édition de la Course de l’Espoir et comment s’est déroulée leur évaluation médicale ?
La liste générale nous présentait un nombre total de 662 athlètes qui devaient prendre part à cette édition de la Course de l’Espoir. Nous avons procédé à l’évaluation de 541 personnes parmi lesquelles les athlètes qui venaient des pays étrangers (Italie, Tunisie, Ouganda, Kenya, Tchad, Costa Rica, RCA et Tanzanie). Durant ces évaluations, nous avons éliminé une cinquantaine d’athlètes pour plusieurs motifs. Mais, le motif principal était surtout pour les jeunes qui avaient apparemment plus de 20 ans et voulaient prendre part à la course dans la catégorie des Juniors. Ce qui n’était pas possible. D’ailleurs, une note du délégué régional de la Santé Publique pour la région du Sud-ouest a été publiée demandant à tous les Juniors qui ont souvent l’habitude de truquer les âges de pouvoir courir dans la catégorie Seniors. Parce que, plus d’une fois, nous avons rencontré des athlètes qui ont parcouru ces compétitions sur plusieurs années avec les mêmes âges. Lorsque ces athlètes là se présentaient à nous, on leurs conseillait d’aller courir en catégorie seniors. Ils ont été coopérants et compréhensifs cette fois çi. Et, ils ont attaqué pour la première fois en individuel l’Ascension du Mont Cameroun. Je peux vous rassurer que parmi ces jeunes qui ont été mutés vers la catégorie Senior, nous y trouverons des champions dans les années futures.
Qu’est ce qui peut justifier la mise à l’écart de certains athlètes ?
Plusieurs raisons sont à l’origine de la mise à l’écart de près 50 athlètes avant le début de la course. La raison la plus fréquente aura été celle de l’hyper tension artérielle. Quelque soit le grade de l’hyper tension décelée, le candidat est immédiatement déclaré inapte. Nous avons aussi des personnes ayant plusieurs problèmes cardiaques qui ont été repérée. Ce n’est pas possible d’accepter qu’ils prennent part à la course puisque c’est un risque d’arrêt cardio respiratoire et notre rôle majeur n’était pas de les éliminer. Mais de les protéger en prodiguant des conseils notamment de pouvoir rencontrer le plus rapidement possible un médecin spécialisé dans le domaine et pourquoi ne pas se soigner et venir prendre part à la prochaine édition de la Course. Nous avons également eu des antécédents de tuberculose et d’autres maladies. Sur le plan physique, il était question pour nous de déceler toutes les anomalies telles que : la hernie, les antécédents chirurgicaux etc. C’était là des points qui éliminaient certains athlètes.
Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?
Nous avons eu assez de difficultés parce que les athlètes ne sont pas arrivés au même moment. Et, certains d’entre eux ne voulaient pas prendre part aux visites médicales. C’est quand ils ont compris qu’ils ne pouvaient pas percevoir le matériel de compétition sans avoir une fiche médicale validée par un médecin compétent, qu’ils sont venus en masse passer à la visite médicale. Et cet effet de masse nous a beaucoup compliquée la tache parce que chacun voulait rapidement faire sa visite pour aller ensuite percevoir son matériel surtout pour ceux qui devaient faire le relais parce qu’ils devaient aller dormir soit au premier ou au deuxième refuge. L’autre difficulté que nous avons rencontré se situe au niveau des interventions. Lorsqu’on déclarait une personne inapte, il fallait lui donner des raisons valables. Car, nous sommes restés ferme sur les prescriptions données par le délégué régionale de la Santé Publique de la Région du Sud-ouest.
Que dire de la prise en charge des athlètes étrangers ?
Parlant des étrangers, six athlètes ont pris part à la course, ils ont effectivement effectué des visites médicales et durant la course, aucun de ces six athlètes n’a présenté un problème. C’est aussi une assurance dans la coopération avec les structures internationales qui nous ont envoyés des personnes aptes. Certes, ces athlètes n’ont pas gagné, mais ils ont pu compétir dans d’excellentes conditions et surtout découvrir le Mont Cameroun. Je pense que durant les années à venir, ils reviendront avec un esprit revanchard.

Quelles sont les dispositions qui ont été prises pour assurer une nutrition de qualité aux athlètes ?
Sur le plan nutritionnel, des paquets de récupération ont été constitués. Nous disons un grand merci à notre partenaire Madiba qui a pu mettre à la disposition de la commission chargé de la récupération, la boisson nécessaire pour pouvoir constituer ces paquets. Vous vous êtes rendus compte que jusqu’à la fin de la course, aucun athlète n’était couché se plaignant soit d’une fatigue extrême ou d’autres circonstances liées à la mauvaise récupération. Ce qui nous permet d’affirmer que le président de la commission a su gérer de façon efficace et efficiente la ressource nécessaire pour la mise en forme des athlètes durant cette compétition.
Quelles étaient les différentes étapes de la visite médicale ?
Parlant de l’organisation liée à l’évaluation médicale ou visite médicale, l’athlète parcourait plusieurs ateliers, le tout premier atelier consistait à identifier l’athlète sur la fiche générale des candidats et ensuite procédé à la prise des paramètres. Après cet atelier, l’athlète était conduit vers un médecin pour qu’il puisse être examiné. L’autre critère concernait uniquement les personnes qui s’entrainent individuellement et qui venait pour la première fois prendre part à l’Ascension du Mont Cameroun sans connaître le parcours. A ce niveau, nous procédions par des conseils en leur recommandant de ne pas prendre de risques majeurs. Car, notre objectif était de finir cette course sans aucun incident.
Quelle aura été la plus grande innovation au cours de cette édition de la course de l’espoir?
Nous avons insisté sur le fait que tous les athlètes qui devaient prendre part à cette compétition de façon individuelle jusqu’au sommet, tous les équipes relayeurs et tous les Juniors devraient après avoir fini l’évaluation médicale aller chez un cardiologue qui était disponible et présent au stade Molyko. Sur place, il procédait à l’évaluation du profil cardiaque de tous les athlètes. L’examen qu’il faisait était l’électrocardiogramme. Cela nous a beaucoup facilité le travail. En collaboration avec ce cardiologue, les cas de suspicion d’hyper tension artérielle et tous les pathologies liées au dysfonctionnement cardiaque, l’électrocardiogramme confirmait justement notre diagnostic. Donc, c’était cela l’innovation majeure. A présent, nous allons commencer à préparer le deuxième meeting interclubs de la Fédération Camerounaise d’Athlétisme qui est annoncé dans la ville de Douala au mois de mars prochain. Nous allons innover continuellement pour que les athlètes se sentent de plus en plus sécurisés pendant les activités organisées par la Fédération Camerounaise d’Athlétisme.
Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI












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