Le Centre National d’Éducation (CNE) a battu le rappel des troupes scientifiques et institutionnelles, le mois dernier, à l’occasion de la quatrième édition de ses journées d’études. Placée sous la haute présidence de la Secrétaire générale du MINRESI, le Pr Rebecca Étamé, cette rencontre a offert un espace de réflexion pluridisciplinaire d’une rare intensise
Le ton était donné dès l’énoncé du thème central de cette 4e édition : « Cancer du sein au Cameroun : regards croisés sur les pratiques, les parcours et les réponses des acteurs, de la recherche scientifique à l’action publique ». Loin des discours convenus, l’événement a fait se croiser les regards de médecins, d’universitaires, de chercheurs de l’Institut de Recherches Médicales et d’Études des Plantes Médicinales (IMPM) ainsi que du Secrétaire permanent du Comité national de lutte contre le cancer.
Cette confrontation des perspectives biomédicales, nutritionnelles, sociologiques et institutionnelles a permis de mettre en lumière la complexité du parcours des patientes. Pour ancrer les débats dans le réel, deux émouvants témoignages de femmes en rémission ont rappelé à l’assemblée la dimension humaine et intime de la maladie. Leurs récits ont mis en exergue les pesanteurs socioculturelles, la peur du diagnostic tardif et le poids des tabous qui continuent d’entourer le cancer du sein dans les familles.
L’alimentation comme bouclier et la prévention comme priorité
Au cœur des discussions, la question de la prévention a tenu une place prépondérante. Reprenant une formule forte lors de son allocution, le Pr Rebecca Étamé a insisté sur le rôle cardinal de l’assiette : “La nourriture est d’abord un alicament”. Elle a ainsi appelé à une prise de conscience collective face à la prolifération des mauvaises habitudes alimentaires, pointées du doigt dans la genèse de nombreuses pathologies chroniques.
Les travaux ont également permis de formuler des recommandations stratégiques fortes, résumées en cinq axes majeurs : Renforcer le dépistage précoce pour inverser la courbe des diagnostics tardifs. Améliorer l’accès concret aux traitements innovants et aux plateaux techniques médicaux adaptés. Instaurer un suivi global et durable des patientes, bien au-delà de la phase aiguë des soins.
Intensifier la sensibilisation des communautés pour déconstruire les mythes et vaincre les tabous. Promouvoir activement une alimentation équilibrée et saine au quotidien.
Du concept à la concrétisation sur le terrain
Joignant l’acte à la parole, cette 4e édition des journées d’études du CNE ne s’est pas limitée aux seules joutes intellectuelles. Un volet pratique a marqué la journée à travers l’organisation de séances de dépistage offertes au personnel féminin du CNE et du Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MINRESI).
À l’heure où s’achève cette séquence d’Octobre Rose 2026, le message porté par le MINRESI et ses démembrements résonne comme un impératif catégorique : la lutte contre le cancer du sein ne saurait se conjuguer au seul temps d’un mois commémoratif. Elle exige une synergie permanente, un dialogue constant entre la science, les professionnels de santé, les patientes et les pouvoirs publics, afin de bâtir des réponses durables, accessibles et profondément ancrées dans les réalités camerounaises.







