L’Hôpital régional de Ngaoundéré a lancé le jeudi 1er octobre 2026 les activités du mois consacré à la lutte contre le cancer du sein et du col de l’utérus. Un lancement sous fond d’appel au dépistage de masse.
Comme à l’accoutumée, l’Hôpital régional de Ngaoundéré se joint encore cette année à la campagne de lutte contre les cancers gynécologiques. Le coup d’envoi des manifestations internes a eu lieu le 1er octobre dans l’enceinte de l’établissement. Cette cérémonie a été rehaussée par la présence de Guillaume Tchédélé, délégué régional de la Santé publique, et de Nini Pawa Jeanine, première vice-présidente du Conseil régional et membre du comité de gestion de l’établissement. Le docteur Gaya Hamza, directeur de la formation sanitaire, conduisait les activités qui ont permis au public de découvrir les réalisations du service d’oncologie en seulement un an et demi de fonctionnement.
Une forte activité au service d’oncologie
Depuis l’arrivée d’un oncologue dans cette formation sanitaire, il y a un peu plus d’un an, plus de 300 patients ont été reçus et pris en charge, selon le directeur de l’hôpital. Parmi eux, une quinzaine de cas évoluent aujourd’hui vers une guérison complète, un résultat encore timide au regard de l’ampleur de la tâche. Sur cette file active de malades, une bonne partie arrive à
l’hôpital avec un stade avancé de la maladie. Cela peut compliquer la prise en charge, d’où l’appel des autorités sanitaires à un dépistage de masse et communautaire. Malgré ces progrès, le constat reste alarmant : 90 à 95 % des patients arrivent à un stade avancé de la maladie, lorsque les options thérapeutiques sont limitées et le pronostic sombre. Cette réalité au niveau régional rejoint les données nationales, qui indiquent que plus de 70 % des cancers du sein sont diagnostiqués aux stades T3 ou T4, et que près de 90 % des cancers au Cameroun sont dépistés tardivement. « Le maître mot est le dépistage précoce, qui favorise la guérison. Nous invitons l’ensemble de la communauté à se joindre au personnel de santé pour lutter contre cette maladie qui n’est pas une fatalité ni synonyme de mort », lance le docteur Gaya Hamza, directeur de l’Hôpital régional de Ngaoundéré.
L’urgence du dépistage précoce
Au service d’oncologie, les données disponibles auprès du chef de service, le docteur Alexandrine Ebenda Owona, indiquent que plusieurs patients pris en charge souffrent d’un cancer du col de l’utérus, et que quelques cas de cancer du sein et d’autres types de cancers sont enregistrés. Face à ce tableau, le délégué régional de la Santé publique lance un appel pressant au dépistage précoce. « Nous appelons l’ensemble de la communauté à une prise de conscience sur le danger que représente le cancer. La région dispose d’un oncologue qui est disponible pour le suivi des malades. Nous invitons tout le monde à s’unir contre le cancer », insiste le délégué régional de la Santé, faisant du dépistage une activité quotidienne et non plus seulement ponctuelle.
Pendant tout le mois d’octobre, les femmes qui se présenteront à l’Hôpital régional de Ngaoundéré bénéficieront d’un examen clinique des seins, d’une inspection visuelle du col de l’utérus après application d’acide acétique (VIA) et, si nécessaire, d’une orientation pour une mammographie ou une biopsie, avec une réduction de 50 % sur les tarifs.
Briser les tabous
Au-delà des aspects techniques, les responsables sanitaires appellent à briser les tabous et la peur du diagnostic. « Mieux vaut découvrir tôt une petite lésion que d’attendre une grosse tumeur », résument-ils, invitant les femmes de 25 à 65 ans à se faire examiner au moins une fois par an. Les familles sont invitées à soutenir les leurs et à les orienter vers le service de prise en charge afin d’éviter les complications. C’est le cas de cette patiente qui a requis l’anonymat. Celle-ci dit avoir bénéficié du soutien de ses proches. À ce jour, elle a repris une activité normale et ne manque pas de conseiller aux proches de soutenir les personnes souffrant de cancer, quel que soit leur niveau.
À Ngaoundéré, Octobre Rose n’est pas qu’un mois de sensibilisation, c’est un combat quotidien pour que le cancer ne soit plus synonyme de fatalité. En plus des populations à sensibiliser, les personnels soignants sont également invités à se faire dépister.













