Dans l’intimité forcée des bus et taxis, le parfum devient parfois une source de conflit olfactif.
La coquetterie qui tourne à l’agression : dans les bus bondés et les taxis confinés, l’usage excessif de parfum se révèle être une gêne réelle, voire un risque sanitaire pour de nombreux usagers. Un phénomène subtil, mais aux conséquences bien concrètes. La ligne est mince entre le geste d’affirmation de soi et la nuisance collective. « Quand je me parfume, je me sens belle, fraîche, prête à affronter le monde extérieur », explique Liliane. Pourtant, dans l’environnement clos des transports en commun, un simple geste de trop sur le vaporisateur peut transformer le trajet en calvaire. Chaque matin, une bataille invisible se joue : d’un côté, ceux qui aiment laisser derrière eux une « trace olfactive » et de l’autre, ceux qui suffoquent à chaque bouffée. « J’ai failli m’étouffer. Le parfum était tellement fort que j’ai ressenti l’odeur jusque dans ma bouche », s’indigne un usager, témoignant de l’intensité de cette agression sensorielle.
Une question de respect collectif
Le transport public est un lieu de promiscuité où chacun doit apprendre à se parfumer avec modération, tout comme on apprend à parler à voix basse ou à céder sa place : c’est une question de respect collectif. « Je pense que quand on se parfume, c’est d’abord pour soi. Donc, il est inadmissible qu’une odeur qui est censée être la nôtre se retrouve en train d’embêter les autres », s’offusque Romuald. En effet, le fait de mettre son parfum plus qu’il n’en faut peut constituer un risque pour les personnes avec qui on partage le même espace. Selon le personnel sanitaire, certaines essences de ces parfums contiennent des composés allergènes capables d’irriter les voies respiratoires ou la peau, ce qui, dans un espace confiné, devient nocif, surtout pour les enfants, les personnes âgées ou les asthmatiques.
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De plus, ces substances allergènes peuvent également entraîner des symptômes tels que des maux de tête, des nausées, voire de l’anxiété, ainsi que des irritations des yeux et de la gorge. Le transport en commun est l’un des meilleurs moyens de se déplacer. De ce fait, il ne devrait pas être source de stress et autres sentiments de malaise. Il est donc impératif qu’une campagne de sensibilisation sur les comportements à adopter sur le sujet soit menée. Ceci pour préserver le confort et la santé de tous.
Se parfumer doit être un plaisir intime, pas « une arme chimique » partagée. Il est de bon ton d’utiliser votre parfum en quantité raisonnable, de sorte qu’une personne située à une distance équivalente à la longueur de votre bras ne devrait pas le sentir. Ainsi, chacun pourra passer un agréable voyage.
Audray NDENGUE Stg








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