Entre campagnes contre l’hépatite B, rappel des vaccins infantiles et lutte contre la désinformation, le Dr Emmanuel Ntsobe mobilise ses équipes pour protéger durablement les populations.
Au moment où l’année scolaire 2026-2027 démarre au Cameroun, la protection sanitaire des plus jeunes et des communautés est une priorité majeure. À la tête du Centre de vaccination internationale (CVI) de Yaoundé, le Dr Emmanuel Ntsobe déploie une feuille de route offensive pour prévenir la propagation des maladies évitables. À travers une combinaison de campagnes ciblées, d’actions de sensibilisation et d’un suivi rigoureux de la couverture vaccinale, le CVI s’impose comme un pôle essentiel de la sécurité sanitaire dans la capitale camerounaise.
Des campagnes d’envergure ciblées sur la rentrée
Pour anticiper les risques sanitaires liés au retour en classe, la direction du CVI a orchestré des opérations coup de poing. « Le Centre de vaccination internationale de Yaoundé se porte bien », affirme d’emblée le Dr Emmanuel Ntsobe, en
précisant que les activités menées sont directement axées sur l’actualité de la rentrée scolaire. C’est dans ce cadre qu’une vaste campagne de dépistage et de vaccination contre l’hépatite B a été organisée durant tout le mois de juillet, en écho à la Journée mondiale de lutte contre l’hépatite virale. Cette initiative a mobilisé près de 900 personnes, suscitant « un fort engouement et une forte adhésion des populations de l’arrondissement de Yaoundé 2, mais aussi de plusieurs autres arrondissements de la ville ». Le directeur reconnaît toutefois que « la durée a été un facteur limitant », ajoutant que le centre serait allé bien au-delà si l’extension avait été possible.
Dans la continuité de ces efforts, une seconde campagne a été lancée le 1ᵉʳ août pour permettre aux parents de mettre à jour le statut vaccinal de leurs enfants. Le Dr Ntsobe souligne une idée reçue très répandue : « Pour plusieurs parents, on a l’impression qu’après 9 mois, après 15 mois, dans le cas du programme élargi de vaccination, la vaccination est terminée. Mais non, il y a des rendez-vous qui sont planifiés et qui doivent être respectés pour que la protection initiée continue d’être efficace ». À travers cet exercice, le centre a déjà réussi à sensibiliser environ 1 200 personnes sur l’importance de cette continuité.
La lutte contre l’hésitation vaccinale et la désinformation
Au-delà des aspects logistiques, le Dr Emmanuel Ntsobe identifie le défi majeur de son institution : « Continuer à briser l’hésitation vaccinale. » Selon lui, les programmes de vaccination pâtissent fortement des fausses informations : « Les activités de vaccination souffrent de la désinformation, et cette désinformation est accentuée par les réseaux sociaux où on véhicule des images et des messages pas fondés à longueur de journée. » Face à ce constat, l’objectif prioritaire est de « remettre en confiance les populations ». Pour rappeler l’impact vital de cet acte médical, le directeur formule une comparaison forte : « Après la découverte de l’eau potable, la vaccination est l’une des inventions scientifiques qui a fait le plus de bien au monde, à travers la protection des couches et l’éradication des maladies telles que la peste. »
Cap sur la vulgarisation et la prévention des épidémies
En ce qui concerne les perspectives d’avenir, le médecin ambitionne d’intensifier la sensibilisation et de vulgariser des vaccins encore méconnus. « Des vaccins sont méconnus de la foule, tels que le vaccin de la fièvre typhoïde. « Jusqu’à présent, beaucoup de personnes ne savent pas que ce vaccin existe », déplore-t-il, s’appuyant sur une étude menée au sein du CVI montrant que « seulement 29 % de la population avait connaissance de l’existence de ce vaccin ». Rappelant que la fièvre typhoïde est un véritable problème de santé publique qui peut être évité, le Dr Ntsobe encourage vivement chacun à solliciter ce vaccin « disponible et efficace ».
Enfin, concernant la menace épidémique du Mpox, le responsable se veut rassurant quant aux mesures préventives : « Il y a un protocole rigoureux qui peut nous permettre de détecter des signes d’alerte et, fort heureusement, jusqu’à présent, nous n’avons pas encore reçu un patient présentant des cas suspects. » En tant qu’établissement spécialisé, le CVI se dit prêt à répondre aux sollicitations tout en appliquant les règles de protection requises : « Nous sommes prêts pour, s’il y a des demandeurs de la vaccination, le centre va se porter garant de prendre en charge le patient tout en protégeant notre personnel. »










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