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RDC : Une rentrée scolaire face à l’épidémie d’Ebola

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Malgré la 17ᵉ épidémie qui frappe la République Démocratique du Congo, le gouvernement maintient la rentrée au 1ᵉʳ septembre 2026. Un protocole sanitaire strict et un découpage territorial en trois couleurs visent à préserver la scolarité de millions d’enfants sans exposer leur vie.

En République Démocratique du Congo, les classes rouvriront bien leurs portes le 1er septembre 2026. Face à la 17ᵉ épidémie d’Ebola de son histoire, devenue en trois mois la plus meurtrière du pays avec plus de 2 500 décès recensés, le gouvernement a fait le choix de la continuité éducative. Une annonce conjointe faite par la ministre d’Etat à l’Education Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, et le ministre de la Santé publique, le Dr Roger Kamba.

L’équation est pourtant d’une extrême complexité. Selon l’UNICEF, si les enfants représentent environ 21 % des cas confirmés, ils comptent tragiquement pour un tiers des morts déplorés. Pour éviter que les salles de classe ne se transforment en foyers de contagion, les autorités ont imaginé un dispositif sur mesure, adaptable à chaque territoire.

Vert, orange, rouge : un découpage sur mesure

Le cœur du dispositif repose sur un système d’alerte à trois niveaux attribué selon la gravité de l’épidémie dans chaque zone de santé. A ce jour, environ 2 890 établissements sont déjà classés à haut risque. La répartition est ainsi faite : dans la zone verte (aucun cas), la rentrée s’effectue normalement, accompagnée d’une sensibilisation accrue aux règles d’hygiène ; dans la zone orange (risque modéré), la présence physique est maintenue sous surveillance renforcée, avec port du masque lavage des mains obligatoire ; dans la zone rouge (transmission active), les cours en présentiel sont suspendus au profit d’un « enseignement à distance léger ».

Dans ces zones rouges, pas question de visioconférences irréalistes : l’école devient un simple point de retrait. Tous les 15 jours, à des horaires échelonnés pour éviter les rassemblements, les familles viennent y chercher des supports d’exercices papier. Ces devoirs sont complétés par des programmes éducatifs diffusés à la radio et à la télévision locale, sans exiger aucun équipement numérique. Réévaluée toutes les quatre semaines, cette carte dynamique permettra à chaque école de basculer d’un régime à l’autre selon la circulation du virus.

Un bouclier sanitaire au quotidien

Sur le terrain, les protocoles sanitaires s’annoncent drastiques. Dès le portail, la prise de température par thermoflash frontal sera systématique. Les stations de lavage des mains à l’eau propre et au savon (ou solution hydroalcoolique) deviennent obligatoires à l’entrée de chaque classe, avec consigne de se frotter les mains pendant 40 à 60 secondes.

Outre l’interdiction stricte des contacts physiques (poignées de main, embrassades, partage de gourdes), les enseignants formés veilleront à repérer le moindre symptôme. Si un élève présente de la fièvre, il sera immédiatement isolé avec bienveillance dans un espace dédié. Alertée, une équipe médicale mobile évaluera l’enfant : en cas de doute, une ambulance sécurisée le transportera vers le Centre de traitement d’Ebola (CTE) le plus proche pour un dépistage sanguin. Pendant ce temps, la classe sera décontaminée et les sujets contacts placés sous suivi médical durant 21 jours.

Alors que la souche Bundibugyo à l’origine de cette flambée ne dispose pas encore de traitement ou de vaccin homologué spécifique bien que 70 000 doses d’Ervebo soient testées en essai clinique, la prévention reste la meilleure des armes. Les autorités comptent sur les élèves eux-mêmes pour devenir de véritables « ambassadeurs de l’hygiène » au sein de leurs foyers, un pilier crucial pour briser la chaîne de transmission communautaire.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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