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Recensement Général de l’Agriculture : Trois chantiers prioritaires

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Le projet de performance 2026, le suivi des recommandations et l’évaluation du recensement en cours étaient au menu. Le 13e Comité technique du RGAE s’est tenu à Yaoundé sous la coprésidence des ministres de l’Élevage et de l’Agriculture.

Dans l’amphithéâtre silencieux du ministère de l’Élevage, une page décisive de l’histoire agricole camerounaise s’est tournée avec la gravité d’une cérémonie d’État. Le 13e Comité Technique National du Recensement Général de l’Agriculture et de l’Élevage (RGAE) s’est ouvert sous le regard croisé de deux ministres, MINEPIA et MINADER réunis à la même tribune, scellant par leur présence commune l’alliance interministérielle indispensable à ce monument statistique. Cette rencontre, bien plus qu’une simple formalité administrative, représente le battement de cœur d’un processus dont dépend l’avenir alimentaire de tout un pays. Car derrière les tableaux de chiffres et les courbes d’indicateurs se dessine l’ambition souveraine d’un Cameroun qui veut nourrir ses enfants par ses propres mains, mesurant ses forces pour mieux les déployer.

Les travaux de cette session, placés sous le signe de l’exigence méthodologique, s’articulent autour de trois piliers fondamentaux qui structurent l’édifice du RGAE. Le premier volet engage l’avenir immédiat avec l’examen minutieux du projet de performance 2026. Ce document, véritable boussole prospective, soumet à l’évaluation rigoureuse des experts l’utilisation des ressources mobilisées, la pertinence des indicateurs retenus et la cohérence des résultats escomptés. Dans cette partie d’échecs budgétaire où chaque franc dépensé doit produire son effet, la transparence et l’orthodoxie financière s’imposent comme des principes non

négociables.

Le second axe plonge les participants dans un exercice de mémoire collective, celui du suivi-évaluation des recommandations issues de la douzième session. Cette plongée dans l’historique institutionnel n’a rien d’un simple geste rétrospectif. Elle permet de mesurer l’implémentation réelle des décisions antérieures, d’identifier les goulets d’étranglement qui freinent l’avancée sur le terrain et de capitaliser sur les succès pour mieux les reproduire. La sagesse des nations agricoles s’écrit aussi dans cette capacité à tirer les leçons de son propre passé.

Le point nodal de ces assises demeure sans conteste l’évaluation à mi-parcours du recensement mutualisé actuellement déployé sur l’ensemble du territoire national. Cette approche novatrice, qui conjugue les forces humaines, logistiques et techniques, ambitionne de dresser un portrait inédit du Cameroun agricole. Superficies cultivées, cheptel, exploitations familiales, autant de données qui composeront la mosaïque d’un pays rural enfin connu dans ses moindres recoins.

Au-delà des immédiats enjeux techniques, c’est la vision à long terme qui anime cette entreprise titanesque. Les données du RGAE constitueront le socle scientifique irréfutable sur lequel l’État du Cameroun fondera ses politiques agricoles de seconde génération. Dans la perspective de l’émergence agropastorale à l’horizon 2035, chaque chiffre collecté aujourd’hui deviendra une pierre angulaire de l’édifice national de demain. L’agriculture camerounaise, forte de ses réalités enfin mesurées, pourra alors s’élancer vers les sommets de la productivité et de l’autosuffisance, portée par une connaissance intime de ses propres forces et faiblesses.

La session de Yaoundé, par sa rigueur et son ambition, pose ainsi les jalons d’une révolution silencieuse, celle de la donnée statistique au service de la souveraineté alimentaire. Dans les prochains mois, les équipes du RGAE poursuivront leur patient travail de collecte sur le terrain, armées de leurs tablettes et de leur détermination, pour que demain, chaque agriculteur camerounais puisse voir ses efforts reconnus et ses besoins pris en compte par des politiques publiques enfin ajustées à la réalité de son quotidien.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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