À l’approche de la rentrée, les parents pensent au déparasitage de leurs enfants. Mais faut-il systématiquement les vermifuger? Les spécialistes recommandent surtout une bonne hygiène et une alimentation équilibrée.
À quelques jours de la rentrée, certains parents considèrent le déparasitage comme un passage obligé. Pourtant, il ne s’agit pas simplement de donner un médicament à l’enfant avant chaque reprise des classes ou même chercher à purger l’enfant. Marina Bidjogo, hépatogastro-entérologue à l’Hôpital général de Douala appelle que le déparasitage est indiqué dans la prévention et la prise en charge des parasitoses intestinales. Ces infections sont provoquées par des parasites, notamment des vers, qui peuvent se développer dans le tube digestif. Chez l’enfant, certaines manifestations doivent attirer l’attention des parents. Il peut notamment s’agir de démangeaisons au niveau de l’anus, de perte d’appétit, d’irritabilité, de troubles du sommeil, de douleurs abdominales ou encore de diarrhées. « Lorsqu’on observe que les symptômes se sont accentués », explique la spécialiste, notamment en cas de perte d’appétit importante, d’irritabilité marquée, de douleurs abdominales ou de diarrhée persistante malgré un déparasitage, une consultation médicale devient nécessaire.
Les bons gestes pour éviter les parasitoses à la rentrée
À l’école comme à la maison, les enfants sont régulièrement en contact avec différentes surfaces et peuvent facilement porter leurs mains à la bouche. Certaines habitudes augmentent ainsi le risque d’ingestion de parasites ou de leurs œufs. La spécialiste recommande notamment de ne pas laisser l’enfant manger avec des mains sales, de bien se laver les mains après être allé aux toilettes et avant les repas, mais aussi de laver correctement les fruits avant de les consommer. Une autre précaution est d’éviter de manger les aliments tombés au sol. Une règle parfois difficile à faire respecter aux plus petits, mais qui reste importante pour limiter l’exposition aux microbes et aux parasites. Les ongles constituent également un point de vigilance. Chez les enfants qui souffrent de démangeaisons anales, le grattage peut favoriser la présence d’œufs de certains parasites sous les ongles. «
Nous devons recommander à nos petits bouts de chou d’avoir toujours les ongles coupés courts », insiste la spécialiste. Les parents sont donc invités à vérifier régulièrement les mains de leurs enfants, à couper les ongles courts et à leur apprendre à se laver correctement les mains, notamment après avoir joué et avant de manger.
L’alimentation, un autre pilier de la préparation
La santé de l’enfant avant et pendant l’année scolaire passe également par son alimentation. Pour Émilie Temate Tanambou, diététicienne nutritionniste spécialiste en alimentation tropicale saine, les vacances et la période précédant la rentrée constituent une occasion de revoir les habitudes alimentaires des enfants. Elle conseille notamment de réduire la consommation de produits très raffinés et industriels, tels que les bonbons, biscuits, pâtisseries et viennoiseries, et de privilégier une alimentation plus diversifiée. La spécialiste recommande également de faire une place aux fruits de saison, qui fournissent des vitamines, des minéraux, des fibres et d’autres nutriments utiles au fonctionnement normal de l’organisme. L’objectif n’est donc pas seulement de remplir le cartable de fournitures scolaires, mais aussi de veiller à ce que la gamelle de l’enfant contribue à une alimentation variée et équilibrée.
Attention à l’automédication
Face à la multiplication des maladies souvent observées au début de l’année scolaire, certains parents peuvent être tentés d’administrer plusieurs médicaments préventivement. Une pratique à éviter. Le déparasitage doit répondre à une indication adaptée à l’enfant. En présence de symptômes persistants ou inhabituels, mieux vaut demander l’avis d’un professionnel de santé plutôt que multiplier les traitements sans diagnostic. Par ailleurs, le déparasitage ne protège pas durablement l’enfant contre une nouvelle infestation si les conditions d’hygiène restent mauvaises. Se laver les mains, consommer de l’eau et des aliments propres, maintenir les ongles courts et respecter les règles d’hygiène aux toilettes restent essentiels.
Préparer l’enfant à la rentrée ne consiste donc pas uniquement à acheter de nouveaux vêtements, un sac ou des chaussures. C’est aussi l’occasion de réinstaller progressivement de bonnes habitudes d’hygiène et d’alimentation.
Marie Chantale FAIDA














