Face à la chute des financements et à la hausse des résistances médicales, CS4ME félicite le Dr Mark Dybul pour sa nomination à la tête du Fonds mondial. La société civile africaine appelle le nouveau directeur à faire des communautés, des droits et de la riposte antipaludique sa priorité.
La nomination du Dr Mark Dybul au poste de directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme marque un tournant décisif pour la santé publique internationale. Dans un communiqué officiel rendu public depuis Yaoundé par la Plateforme mondiale des organisations de la société civile pour l’élimination du paludisme (CS4ME), la société civile adresse ses chaleureuses félicitations au nouveau dirigeant tout en rappelant avec gravité les enjeux majeurs du moment. Cette communication revêt une importance capitale : elle
dépasse le cadre des simples félicitations diplomatiques pour devenir une véritable feuille de route politique et communautaire. Comme le rappelle fermement l’organisation, le Fonds mondial « repose sur une idée radicale : les personnes vivant avec le VIH, la tuberculose et le paludisme, ou touchées par ces maladies, doivent contribuer à façonner la riposte qui détermine si elles vivent ou pas. >>
Une figure d’expérience pour une institution d’exception
Le Dr Mark Dybul retrouve la tête d’un partenariat qu’il a déjà guidé de 2013 à 2017, fort d’une expérience préalable marquante en tant que coordonnateur américain de la lutte mondiale contre le sida à la tête du PEPFAR de 2006 à 2009. Sa connaissance intime des rouages de la santé mondiale et de l’écosystème du Fonds mondial est perçue comme un atout stratégique indispensable au moment où l’institution fait face à des défis d’une ampleur inédite. Pour CS4ME, ce retour doit être le catalyseur d’un réengagement profond envers la vision originale de l’organisation : un modèle inclusif et démocratique où les voix des communautés et des militants ne sont pas de simples consultations secondaires, mais les piliers fondamentaux de la riposte mondiale contre les trois pandémie.
Un contexte de crise qui exige des priorités claires
L’importance de la déclaration de CS4ME réside dans la lucidité de son analyse face à la crise environnementale et financière actuelle. CS4ME tire le signal d’alarme : « Le contexte du financement est plus difficile que jamais dans l’histoire du Fonds mondial, alors que les principaux bailleurs réduisent leur aide et que les derniers engagements de financement n’ont pas atteint le niveau nécessaire pour répondre aux besoins liés aux épidémies. » En Afrique, cette pression financière s’accompagne d’une stagnation dramatique des progrès sur le front du paludisme et de la menace grandissante de la résistance aux traitements antipaludiques (AMDR), susceptible d’anéantir des décennies d’acquis. Face à ce constat alarmant, CS4ME et son secrétariat, Impact Santé Afrique (ISA), fixent deux priorités incontournables : garantir un investissement massif dans les systèmes de santé communautaires protégeant les droits, le genre et l’accès aux soins des populations vulnérables, des jeunes femmes et des zones isolées ; et faire de la riposte aux résistances médicamenteuses un axe central du programme du Fonds mondial. « Nous félicitons le Dr Mark Dybul et saluons son retour à la tête du Fonds mondial à un moment décisif dans la lutte contre le paludisme. Chaque jour compte, car des vies dépendent de la poursuite des progrès accomplis. Les communautés africaines et la société civile sont prêtes à travailler avec lui pour veiller à ce que les personnes touchées par les trois maladies restent au cœur de l’action », déclare Olivia Ngou, directrice exécutive d’Impact Santé Afrique, secrétariat du réseau CS4ME.
Une mobilisation vigilante et engagée
À travers cette déclaration forte d’Olivia Ngou, CS4ME rappelle l’urgence absolue de la situation et souligne que la rapidité d’exécution sera la clé des succès futurs. Ce réseau rassembleur de plus de 1 000 organisations dans 50 pays réaffirme sa volonté de collaborer étroitement avec la nouvelle direction du Fonds mondial, tout en garantissant un rôle de veille citoyenne stricte sur le respect des engagements pris. L’organisation conclut sur une note d’engagement déterminée : « Ensemble, nous pouvons faire en sorte que ce partenariat produise des résultats à la hauteur de l’urgence et des enjeux actuels, tant en matière de rapidité que
d’ampleur. Nous resterons mobilisés pour mettre fin aux épidémies de VIH/sida, de tuberculose et de paludisme. » Cette communication constitue un appel vibrant à la solidarité internationale pour que le leadership du Dr Mark Dybul s’accompagne de moyens concrets et d’une volonté politique renouvelée.









