Shopping cart

Subtotal 0 CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
INSIDE HOSPITAL

Rhumatologie : Quand l’Hôpital Général de Douala s’y met

Email : 82

Cette formation hospitalière a organisé ses 1ères Journées portes ouvertes consacrées uniquement à la discipline médicale. L’activité a eu lieu les 16 et 17 septembre 2026.

Au programme donc, les causeries éducatives et les consultations gratuites sous la coordination du Pr Fernando Kemta Lekpa. Des femmes et des hommes en grand nombre n’ont pas trainé les pieds pour venir se faire consulter gratuitement à l’Hopital Gènéral de Douala qui a ouvert ses portes pour parler de la Rhumatologie et comprendre surtout les causes des douleurs des articulations et comment s’y prendre.

Pour revenir sur la rhumatologie, les médecins nous font savoir que : « La rhumatologie, c’est une discipline médicale qui s’occupe de toutes les pathologies de l’appareil locomoteur, les pathologies médicales non chirurgicales qui ne demandent pas initialement à être opérées, qui touchent l’appareil locomoteur, les os, les articulations, les muscles, les tendons et de certaines maladies que nous appelons les connectivites qui sont liées à des mécanismes immunologiques », va expliquer le Pr Kemta qui va justifier les raisons d’une telle activité.

Pour lui, « le mal est très profond. Nous avons une population qui est en train de vieillir. Nous avons une population qui a changé ses habitudes de vie. Nous ne faisons plus de sport. Pour les moindres déplacements, nous allons utiliser les motos, nous allons utiliser les taxis. Ce qui fait que nous sommes devenus très sédentaires dans nos activités. Nous avons une population qui est de plus en plus obèse. Et toutes ces situations-là vont entraîner un certain nombre de dommages au niveau de notre appareil à l’origine d’un certain nombre de rhumatismes », va-t-il déclarer.

Facile donc de comprendre qu’il faut « bouger aujourd’hui pour avoir moins de douleur demain », pour reprendre le thème générique choisi pour cette première édition de la rhumatologie.

La mauvaise alimentation, un facteur de risque

«…La nutrition agit de façon primordiale dans la prise en charge de la rhumatologie parce que nous avons des arthroses, nous avons l’obésité, nous avons la goutte. Et dans ces éléments-là, il y a des facteurs clés. Ça veut dire que la façon dont la personne s’alimente, cela veut dire que s’il prend les aliments trop gras, comme les viandes rouges, il y aura une sensibilité au niveau des articulations », relève Cynthia Edidje, nutritionniste, qui s’est attelée à expliquer aux patients les mécanismes de cuisson et les bonnes attitudes alimentaires.

Une leçon bien suivie d’ailleurs : « Je ne savais pas qu’il faut distinguer les huiles que nous utilisons. Je suis venue pour mon mal de dos et du genou droit, mais j’en repars avec une leçon de cuisine. Je ferai désormais attention, même pour mes enfants. En même temps, j’ai été consultée gratuitement. Les résultats seront envoyés dans nos téléphones avec une conduite à tenir», a réagi Dame Cécile Mvondo, rencontrée sur les lieux.

Au terme de deux jours, le bilan fait état de 255 personnes consultées et dont les résultats vont parvenir à chacun, via le téléphone et avec des consignes bien précises


« Pour toutes les douleurs qui durent plus de trois mois, le rhumatologue est la principale personne qu’il faut rencontrer »


Pr Fernando Kemta Lekpa, rhumatologue

Le Pr Fernando Kemta Lekpa, est rhumatologue en service à l’Hôpital Général de Douala. C’est lui qui a coordonné les activités des 1ères Journées de rhumatologie qui se sont tenues du 17 au 18 septembre 2026 dans la cours arrière de cette formation hospitalière.

Ce qu’est la rhumatologie…

La rhumatologie, c’est une discipline médicale qui s’occupe de toutes les pathologies de l’appareil locomoteur, les pathologies médicales non chirurgicales qui ne demandent pas initialement à être opérées, qui touchent l’appareil locomoteur, les os, les articulations, les muscles, les tendons et de certaines maladies que nous appelons les connectivites qui sont liées à des mécanismes immunologiques.


Est-ce que c’est toutes les douleurs qui nécessitent de consulter un rhumatologue ?

Toutes les douleurs ne nécessitent pas de consulter un rhumatologue. Et il faut bien parler des douleurs de l’appareil locomoteur.

Ces douleurs-là nécessitent, lorsqu’elles arrivent, rencontrer des professionnels de santé, les médecins généralistes en premier. Mais si on se rend compte que l’intensité de la douleur tend à persister au bout de quelques jours, du fait, après la

prise des médicaments usuels, si on se rend compte que ces douleurs sont accompagnées d’un certain nombre de signes, la fièvre, l’amaigrissement, pour ne citer que ceux-là, là, il faut se dire qu’un rhumatologue serait la meilleure chose à faire. Et aussi pour toutes les douleurs qui durent plus de trois mois, le rhumatologue est la principale personne qu’il faut rencontrer dans ce genre de situation.

Est-ce que le mal est si profond au point d’avoir toute une journée à lui consacré ?

Le mal est très profond. Nous avons une population qui est en train de vieillir. Nous avons une population qui a changé ses habitudes de vie. Nous ne faisons plus de sport. Pour les moindres déplacements, nous allons utiliser les motos, nous allons utiliser les taxis. Ce qui fait que nous sommes devenus très sédentaires dans nos activités.

Nous avons une population qui est de plus en plus obèse. Et toutes ces situations-là vont entraîner un certain nombre de dommages au niveau de notre appareil à l’origine d’un certain nombre de rhumatismes.

Vous avez dit « bouger aujourd’hui, moins de douleurs demain ». C’est pour dire quoi ?

C’est pour dire que la rhumatologie et toutes les autres disciplines qui vont s’occuper de l’appareil locomoteur, les traumatologues, les orthopédistes, les neurochirurgiens, pour ne citer que ces spécialités-là, ont un même message à faire passer à la population. Le bon traitement en matière de rhumatisme, c’est le mouvement. Faire du sport est le principal traitement que ces populations doivent avoir pour pouvoir être en meilleure santé.

Le sport doit être adapté à la condition physique de toute personne, à leur âge également.

Est-ce que vous avez mis les mécanismes de suivi après les consultations gratuites ?

Après ces consultations, les patients seront revus en consultation où les examens gratuits qui l’ont été présentés seront analysés, interprétés. Et ceux qui demanderont ou nécessiteront un suivi particulier, ce suivi-là va continuer.

Et pour toutes les autres personnes, ce sera les conseils que nous donnons à ces patients ou à cette population-là aujourd’hui, afin de prévenir ces maux ou afin de les prendre en charge pour ceux qui sont déjà victimes de rhumatisme.

Si vous avez un conseil à donner aux populations ?

Consultez les spécialistes lorsque la douleur tend à durer ou lorsque cette douleur s’accompagne de certains drapeaux rouges.

Ces drapeaux rouges, c’est quoi ?

C’est la fièvre, c’est l’amaigrissement, et c’est les douleurs qui vont survenir la nuit en dehors de tout mouvement. Là, il faut consulter. Les drapeaux rouges également, c’est le sport. Les drapeaux rouges qui vont également amener ces populations à avoir un corps sain, loin de rhumatisme, c’est de contrôler le poids.

« La nutrition agit de façon primordiale dans la prise en charge de la rhumatologie »

Cynthia Medidje

Cynthia Medidje est nutritionniste diététicienne en service à l’Hôpital Général de Douala. Nous l’avons approchée à la fin de la causerie éducative portant sur la nutrition en rapport avec les douleurs articulaires.

Qu’est-ce qu’une nutritionniste vient chercher chez les rhumatologues ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que la nutrition agit de façon primordiale dans la prise en charge de la rhumatologie parce que nous avons des arthroses, nous avons l’obésité, nous avons la goutte. Et dans ces éléments-là, il y a des facteurs clés.

Ça veut dire que la façon dont la personne s’alimente, cela veut dire que s’il prend les aliments trop gras, comme les viandes rouges, il y aura une sensibilité au niveau des articulations. S’il prend la mauvaise huile, parce qu’en réalité, il y a différents types d’huiles, et nous allons recommander généralement de ne pas faire frire les aliments parce que lors de la friture, il y a l’accumulation de graisse et nous savons que la graisse a un effet primordial et direct sur nos articulations. Et aussi, il y a même la consommation d’eau parce que nous allons voir que, moins nous consommons l’eau, plus on ressent des douleurs au niveau de nos articulations parce qu’on a tendance à avoir des frottements qui se passent.

Donc c’est pourquoi, généralement, on demande à tous les patients en rhumatologie de prendre beaucoup d’eau, c’est-à-dire en fonction de son poids. Parce qu’en réalité, on prend de l’eau en fonction de son poids. Ça veut dire que pour une femme, par exemple, on va lui demander de prendre son poids et de le multiplier par 0,03 et là, elle aura sa consommation d’eau. Mais ne pas prendre de l’eau à la trompette. Il y a le verre ou il y a le gobelet.

Donc avec ces éléments-là, elles peuvent mieux consommer de l’eau. Et pour ce qui est de l’homme, il va prendre son poids, il va le multiplier par 0,035 et il aura sa consommation d’eau. Hormis cela, il y a l’assiette santé parce que, généralement, il s’agit aussi d’un équilibre.

Si l’équilibre se passe mal, il y aura aussi un problème d’obésité qui pèse sur nos articulations. C’est pourquoi, généralement, il faut avoir la portion 50-25-25. Donc ça veut dire 25% de protéines, 25% de féculents et 50% de légumes.

En consommant comme ça, ça fait un effet bénéfique pour notre santé. Et généralement, en rhumatologie, on a la maladie qu’on appelle la goutte. Et la goutte, généralement, c’est un taux élevé d’acide urique.

Donc ça veut dire qu’il y a des aliments que, lorsque nous en consommons, le taux d’acide urique peut être élevé. Et on va regarder les aliments riches en purines comme les viandes rouges qui contiennent de la purine. On a des poissons gras,

comme le maquereau, comme le thon, comme la sardine, ils contiennent des purines.

Et on va voir que cet effet-là, l’acide urique, va toujours s’élever. On ne va pas comprendre pourquoi, à chaque fois, le taux d’acide urique ne fait qu’être élevé. C’est parce qu’en réalité, le patient se retrouve en train de consommer ces aliments-là. Il y a aussi la consommation d’alcool, comme nos bières.

Parce que chaque fois qu’on va prendre la bière, on va se demander pourquoi le taux d’acide urique, pourquoi j’ai la goutte, pourquoi ça continue à être élevé. Donc, le patient a justement besoin de venir chez la nutritionniste et la diététicienne, pour avoir la connaissance de l’aliment.

Madame, vous avez parlé tout à l’heure du maquereau. Nous sommes dans un univers où on ne peut pas se passer de ça. Vous voulez finalement qu’on meurt de faim ou quoi ?

Non, mais en réalité, c’est pourquoi j’ai dit que ça dépend de la pathologie. Nous savons qu’en cas de goutte, on va regarder les aliments qui sont riches en purines. Et les aliments riches en purines, le maquereau fait partie, malgré le fait que c’est l’un des meilleurs poissons, parce qu’il est riche en oméga 3.

Et on va voir que c’est uniquement le patient qui a la goutte. Parce qu’un patient qui a un problème articulé, comme la lombalgie ou la gonarthrose, on ne va pas l’interdire son maquereau. C’est la goutte principalement parce qu’on vérifie le taux d’acide urique.

Vous avez parlé tout à l’heure des huiles. L’huile rouge, l’huile végétale et j’en oublie certainement. Quelle est la bonne finalement à consommer ?

En réalité, comme je disais au patient tout à l’heure, il n’existe pas de bonne huile ou de mauvaise huile. C’est la méthode culinaire à adopter. Parce que réellement, si on veut prendre le cas de l’huile rouge, l’huile rouge contient la provitamine A. Et on va voir qu’en chauffant beaucoup l’huile rouge, on perd sa provitamine A et on augmente la dose d’acide gras saturé. Et ça fait qu’il y a un problème en réalité.

On va voir par exemple que les huiles d’olive sont riches en oméga 9. On va voir que les huiles de tournesol, c’est les omégas 6. En réalité, il n’y a pas de mauvaise huile, si on veut parler dans le sens thème. Mais on va regarder la façon de cuisiner. On va voir par exemple des gens qui prennent de l’huile et mettent en début de cuisson.

Alors qu’on dit que ce sont des huiles d’assaisonnement, en réalité, on se pose la

question. Mais on assaisonne le repas ou on assaisonne la mamie. Il faut mieux assaisonner le repas que d’assaisonner la mamie.

On va par exemple recommander de mettre de l’huile à la fin pour bénéficier des propriétés de l’huile et non de les mettre en début de cuisson. En réalité, c’est de ça qu’il s’agit. Que ce soit les huiles de palme raffinée ou les huiles d’olive ou toutes les autres huiles d’ailleurs.

Il faut connaître la méthode culinaire à adopter et non de dire qu’il faut éviter ceci. Non, ce n’est pas une question d’éviter, c’est une question de méthode culinaire.

Vous voulez nous rassurer qu’en tenant compte de tout ce que vous nous dites là, le rhumatisme est parti complètement, c’est ça ?

Non, pas complètement. C’est qu’on va emboîter en disant par exemple qu’il y a des choses qui ne peuvent pas nous arriver si on prévient en s’alimentant comme ça. Mais si on a déjà la pathologie, il ne s’agit pas uniquement de la nutrition.

Non, la nutrition fait partie. Ça veut dire qu’il y a les autres collaborateurs. On a nos rhumatologues qui sont au-devant de la scène parce qu’il y a des médicaments qu’ils vont prescrire.

On a les kinésithérapeutes, on a même les psychologues parce qu’en réalité, le psychologue va nous un peu essayer d’éviter le stress par exemple. Parce que si on vient en nutrition, on dit que, tu ne manges pas ton maquereau préféré à cause de ta goutte, ça fait un peu problématique. Donc vous voyez que c’est un problème multidisciplinaire.

Donc il faut qu’il y ait tous ces corps de métier là pour qu’ensemble nous puissions aider le patient à mieux se sentir dans sa peau. Il ne faut pas éliminer les épices puisque nous sommes dans un pays où il y a beaucoup d’épices. Non, il ne faut pas éliminer les épices.

Mais en réalité, ça dépend aussi des autres pathologies associées. Parce que on peut avoir la goutte et on fait face par exemple à un syndrome métabolique. Vous voyez qu’il y a encore d’autres aliments qu’on va vous dire d’éviter

En fait, c’est pour vous montrer l’importance aussi de venir chez les nutritionnistes que nous sommes. L’aliment a un rôle à jouer dans la santé de tout patient. Et dans chaque pathologie, il y a des aliments qu’on va prioriser par rapport à d’autres. Parce que là, on recherche généralement les nutriments que ces aliments contiennent pour voir comment les absorber, comment les digérer, comment même les stocker pour une bonne performance ou pour le bien-être.

Alphonse Jènè

Comments are closed

Articles similaires