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Santé dans l’Adamaoua : La Délégation régionale et l’UNICEF évaluent 4 ans de partenariat

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Réunies en conclave à Ngaoundéré, les deux institutions ont évalué les avancées significatives enregistrées depuis 2022 dans la santé maternelle, infantile et nutritionnelle.

Depuis 2022, le partenariat entre la Délégation Régionale de la Santé Publique de l’Adamaoua et l’UNICEF constitue un levier majeur pour le renforcement des services de santé de base. Formation des personnels, dotation en équipements, déploiement d’infrastructures et approvisionnement en intrants : les actions menées sur le terrain ont permis des avancées notables. C’est pour mesurer l’impact de ces acquis, lever les goulots d’étranglement et préparer le futur cycle de coopération 2027-2031 que les deux institutions se sont retrouvées en conclave. Présidée par le Délégué Régional de la Santé Publique, Guillaume Tchédelé, aux côtés du Chef de Section Santé et Nutrition de l’UNICEF et de son équipe, la rencontre a permis de passer au crible les interventions menées dans les domaines de la Santé Reproductive, Maternelle, Néonatale, Infantile et des Adolescents (SRMNIA/SNN), de la nutrition et de la lutte contre le VIH.

Des résultats probants sur le terrain

Les bilans présentés témoignent d’une densification de l’offre de soins. Dans le volet SRMNIA/SNN, le déploiement de 60 Agents de Santé Communautaire Polyvalents (ASCP) a permis la référence de 17 812 cas vers les structures de soins, incluant la prise en charge de 1 800 cas d’infections respiratoires aiguës et 2 123 cas de diarrhées traités par la Solution de Réhydratation Orale et le zinc. Vingt-deux prestataires ont bénéficié d’un stage tutoré, une nouvelle centrale à oxygène a été érigée, et 1 620 nouveau-nés prématurés ou de faible poids ont profité de l’approche « Soins Mère-Kangourou ». Sur le plan nutritionnel, l’impact est tout aussi mesurable : 192 enseignants formés, des milliers d’adolescentes supplémentées en fer, acide folique et déparasitées, et la distribution de 7 600 cartons de Plumpy’Nut ainsi que 300 cartons de micronutriments en poudre au profit de près de 11 000 enfants.

En matière de lutte contre le VIH (PTME/PECPA), les indicateurs affichent une séropositivité inférieure à 2 % chez les femmes enceintes suivies en 2024 et de moins de 3 % chez les enfants exposés. Plus de 90 % des femmes enceintes et allaitantes séropositives ont été mises sous traitement antirétroviral, tandis que plus de 99 % des nouveau-nés exposés ont reçu la Névirapine à temps, sous la supervision de mentors déployés dans les 11 districts de santé de la région.

Des défis persistants à surmonter

Malgré ces succès, la réunion n’a pas occulté les difficultés. La couverture géographique reste confinée à deux districts sur douze pour certains volets de la santé maternelle et infantile. En nutrition, une baisse de performance a été relevée concernant la gestion de la Vitamine A, la PCIMAS et la supplémentation en fer, en raison de ruptures d’intrants et d’une insuffisance d’activités de routine dans les zones non couvertes par la KfW. La vaccination souffre également de l’irrégularité des descentes en stratégie avancée, tandis que la PTME fait face au défi de la pérennisation des acquis et de l’extension de l’implication communautaire.

Vers un cycle 2027-2031 élargi et mieux coordonné

Fort de ce diagnostic, le nouveau programme de coopération 2027-2031 ambitionne d’élargir les interventions à au moins les deux tiers des districts sanitaires de la région. Les priorités actées incluent l’acheminement des intrants nutritionnels et des installations WASH jusqu’au « dernier kilomètre », un appui logistique accru, ainsi qu’une validation rigoureuse des données de terrain.

L’implication renforcée des ASCP et des organisations de la société civile (OSC) en matière de communication pour le changement social et comportemental constituera une boussole pour ce nouveau round. Une planification menée en amont et en concertation étroite avec l’ensemble des parties prenantes garantira l’adéquation des actions aux spécificités locales de l’Adamaoua.


Marie Chantale FAIDA

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