À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre, les effets du stress sur le corps méritent aussi l’attention.
Un entretien d’embauche, un examen ou un problème familial peut parfois nouer le ventre au point de donner envie de courir aux toilettes. Même après être allé à la selle, le besoin peut persister, sans évacuation satisfaisante. Derrière cette réaction physique peut se cacher un lien entre le stress et le système digestif. À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée hier, le 10 octobre, ce phénomène rappelle que le mal-être psychologique ne se limite pas aux pensées et aux émotions : il peut aussi se manifester dans le corps.
Dans une publication diffusée sur sa page Facebook il y a environ deux ans, le Dr Raphaël Bogne, médecin, s’intéresse à ce phénomène appelé ténesme et à son lien possible avec le stress. Il met en lumière les interactions entre le cerveau et l’intestin, qui peuvent expliquer pourquoi certaines personnes ressentent des troubles digestifs lorsqu’elles traversent une période difficile. Quand le stress bouleverse la digestionLa santé mentale et la santé physique sont étroitement liées.
Lorsqu’une personne est inquiète, sous pression ou anxieuse, son organisme déclenche une réaction de stress. Il libère notamment de l’adrénaline et du cortisol, des hormones qui préparent le corps à faire face à une situation perçue comme menaçante. Cette réaction peut aussi modifier le fonctionnement de l’intestin.
Le cerveau et le système digestif communiquent en permanence. Ainsi, une émotion forte peut accélérer ou ralentir le transit intestinal. Chez certaines personnes, le stress provoque des diarrhées ; chez d’autres, il favorise la constipation. Il peut également accentuer la sensibilité du ventre, rendant les crampes, les gaz et les mouvements intestinaux plus difficiles à supporter.
Le spécialiste explique que cette communication entre le cerveau et l’intestin peut contribuer à une sensation persistante d’avoir besoin d’aller à la selle, même lorsque peu ou pas de matières sont évacuées. Le phénomène peut s’accompagner de douleurs abdominales, de ballonnements ou d’un inconfort difficile à ignorer. Le ténesme, un signal à ne pas banaliserLe ténesme désigne une envie persistante d’aller à la selle, souvent accompagnée de la sensation de ne pas avoir complètement vidé l’intestin.
Il peut survenir dans différentes situations et ne signifie pas automatiquement que la personne souffre d’un problème de santé mentale. Lorsque cette sensation apparaît pendant une période de stress, puis s’atténue une fois la tension retombée, un lien avec les émotions est possible. Toutefois, ce seul élément ne permet pas de confirmer que le stress en est la cause. Des infections, une constipation ou une inflammation de l’intestin ou du rectum peuvent également provoquer ces symptômes.
Il est donc important de ne pas attribuer systématiquement les troubles digestifs à l’anxiété. La présence de sang dans les selles, de fièvre, d’une douleur importante ou d’une perte de poids inexpliquée doit conduire à consulter. Des envies répétées qui persistent ou reviennent régulièrement nécessitent également un avis médical.Des gestes simples pour mieux gérer le stressPour limiter les effets du stress sur le quotidien, le Dr Raphaël Bogne évoque plusieurs mesures accessibles. La respiration lente, les exercices de relaxation et la méditation peuvent aider à réduire la tension.
Une activité physique régulière, comme la marche, contribue également au bien-être et peut favoriser un transit intestinal régulier. Le sommeil joue aussi un rôle important. Un repos insuffisant peut accentuer la fatigue et rendre les situations stressantes plus difficiles à gérer. Préserver des horaires de sommeil réguliers et s’accorder des moments de détente sont donc des habitudes utiles. L’alimentation mérite également une attention particulière.
Les fruits, les légumes, les légumineuses et les céréales complètes apportent des fibres qui participent à la régulation du transit. Boire suffisamment d’eau aide aussi à prévenir la constipation. Le café, les plats très épicés et certains aliments peuvent aggraver les symptômes chez des personnes sensibles : il est préférable d’observer ses propres réactions plutôt que de supprimer systématiquement des catégories entières d’aliments. Le médecin évoque enfin les tisanes et les probiotiques parmi les moyens susceptibles d’aider certaines personnes. Leur intérêt dépend toutefois des symptômes et des individus.
Les huiles essentielles ne doivent pas être avalées sans avis professionnel, car elles peuvent présenter des risques.À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, ces manifestations rappellent l’importance de prendre au sérieux aussi bien la souffrance psychologique que ses effets physiques. Apprendre à gérer le stress peut aider, mais des troubles digestifs persistants doivent être évalués par un professionnel de santé.Marie Chantale FAIDA














