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Sécurité humanitaire : La croix rouge en RDC s’inquiète des attaques contre ses volontaires

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Dimanche 23 août 2026, le mouvement international de la Croix Rouge annonçait avoir déjà enregistré 11 incidents violents contre ses volontaires. Un chiffre qui ne tient pas compte de tous les autres assauts subi dans les structures de santé de l’État, les centres de traitement d’Ébola et les équipes de décontamination.

Sur le terrain, la méfiance est devenue aussi redoutable que le virus. La peur de la maladie, le refus des restrictions sanitaires imposées lors des inhumations et la propagation de rumeurs infondées entretiennent une hostilité grandissante au sein des communautés locales.

Ces actes de violence répétés compliquent dramatiquement le contrôle de l’épidémie dans une région déjà martyrisée par les conflits, tout en mettant directement en péril la vie de bénévoles qui se dévouent jour après jour pour sauver des populations vulnérables.Une escalade des agressions sur le terrainAu centième jour de l’épidémie, l’organisation dresse un bilan amer : au moins neuf de ses volontaires ont été blessés, plusieurs ambulances ont été endommagées et du matériel médical d’intervention crucial a été délibérément saccagé.

La séquence des derniers jours illustre la gravité de la situation. Le mercredi 19 août, à Beni, au cœur du Nord-Kivu, trois volontaires de la Croix-Rouge ont été violemment agressés avant que leur matériel de riposte ne soit réduit en miettes.

La veille, deux autres bénévoles subissaient un sort similaire dans la province voisine du Haut-Uélé : attaqués alors qu’ils tentaient d’assurer une inhumation digne et sécurisée à Malikuti, dans la zone de santé de Rungu, ils ont dû être évacués en urgence vers Isiro, abandonnant derrière eux deux véhicules d’intervention.

Escorte militaire ou neutralité : une équation difficileFace à la multiplication de ces menaces directes, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Evariste Somo Kakule, a tranché le 19 août dernier. Il a ordonné l’engagement actif de l’armée (FARDC) et de la police (PNC) pour escorter systématiquement les ambulances et les convois sanitaires.

Ce bouclier sécuritaire vise officiellement à garantir la continuité des soins, à maintenir la surveillance épidémiologique et à protéger les soignants dans les zones les plus instables.Cependant, cette réponse sécuritaire divise profondément. Fidèle à ses principes fondamentaux, la Croix Rouge privilégie historiquement le dialogue, la sensibilisation et l’acceptation communautaire, plutôt qu’une protection armée ostensible.

Pour l’institution humanitaire, le déploiement d’hommes en armes aux côtés des soignants risque d’altérer la perception de sa neutralité, renforçant la suspicion des habitants et transformant les véhicules de secours en cibles pour les groupes armés.Restaurer la confiance pour éviter le drameCe dilemme met en lumière la fragilité des interventions d’urgence en zone de crise. Si l’absence de protection expose directement les travailleurs humanitaires à des agressions meurtrières, le recours aux forces armées menace de rompre le fil déjà fragile qui les lie aux communautés.

En dernière analyse, la bataille contre l’épidémie dans l’est de la RDC ne pourra être remportée par la seule force des armes ou des protocoles médicaux. Sans un effort renouvelé pour dissiper les rumeurs, rétablir le dialogue et regagner la confiance des populations, la riposte sanitaire risque de s’enfermer dans un cercle vicieux où la violence finit par priver les plus démunis de l’accès aux soins essentiels.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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