À la tribune de la FAO, la délégation camerounaise a plaidé pour une application concrète des référentiels internationaux face aux défis des zoonoses.
Au cœur des instances internationales, la voix du Cameroun a résonné avec force pour souligner l’interdépendance indissociable entre la santé humaine, la santé animale, la santé végétale et la préservation de l’environnement. Devant un parterre de hauts responsables de la FAO, de ministres et de diplomates, le chef de la délégation camerounaise a insisté sur l’importance des grands référentiels mondiaux. Du Codex Alimentarius aux normes de l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OMSA), en passant par les réglementations phytosanitaires et le Règlement Sanitaire International, ces instruments fournissent un langage commun indispensable pour maîtriser les risques le long de toute la chaîne agroalimentaire.
Cependant, la simple existence de ces règles ne suffit plus. Porteur d’une expérience nationale riche forgée au carrefour du bassin du Congo et de ses cinq zones agroécologiques, le Cameroun a mis en avant son engagement face aux menaces zoonotiques. Les leçons tirées d’épisodes sanitaires passés ont conduit le pays à structurer une véritable architecture institutionnelle. Placée sous la supervision des Services du Premier Ministre, la Plateforme nationale « Une seule santé », à travers le Programme National de Prévention et de Lutte contre les Zoonoses Émergentes et Réémergentes (PNPLZER), matérialise cette volonté d’action transversale et coordonnée.
Cette dynamique institutionnelle s’appuie résolument sur un appareil de normalisation performant. Piloté par l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR), qui référence plus de 3 200 normes à travers 34 secteurs, le pays a franchi des caps significatifs avec l’homologation de 113 normes sur l’élevage et la pisciculture, ainsi que de 25 normes dédiées à la technologie alimentaire. Sur le terrain, la matérialisation de ces politiques repose sur des maillons opérationnels
solides : les services vétérinaires, le Laboratoire national vétérinaire (LANAVET), le Réseau d’Epidémio-Surveillance animale (RESCAM) et le Centre de coordination des urgences en santé animale.
Fort de ces acquis, le Cameroun a soumis à la communauté internationale trois enseignements majeurs pour l’avenir des systèmes agroalimentaires. Premièrement, les normes doivent impérativement être adaptées aux contextes nationaux sans altérer leur cohérence globale. Deuxièmement, leur mise en œuvre exige un portage politique au plus haut niveau et une synergie permanente entre les secteurs concernés. Enfin, la crédibilité de ces dispositifs demeure tributaire de capacités opérationnelles tangibles, englobant laboratoires, systèmes de surveillance, plans de préparation, ressources humaines et financements adéquats.
En appelant à passer de l’énoncé théorique des normes à leur application mesurable, le Cameroun réaffirme sa position de nation proactive. Cette tribune romaine a ainsi permis de lancer un vibrant appel à la solidarité et à la coopération internationale, seules garantes de la résilience des chaînes d’approvisionnement et de la sécurité sanitaire des populations à travers le globe.








