Selon un bilan publié ce 30 septembre 2026 par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), 724 131 personnes, soit plus de 170 000 familles, sont touchées. Derrière le triste bilan de 27 morts, 147 blessés et neuf disparus, c’est l’ensemble du tissu socio-économique du pays qui gît sous les débris. Un portrait effrayant d’une crise humanitaire d’une intensité redoutable.
Plus de six mois après les pluies et les débordements massifs de barrages qui ont secoué le Mozambique fin décembre 2025, la tempête s’est tue, mais le cauchemar continue. Selon les données de l’Institut national de gestion des catastrophes (INGD), l’impact cumulé touche désormais 724 131 personnes, soit plus de 170 000 familles. Derrière le triste bilan de 27 morts, 147 blessés et neuf disparus, c’est l’ensemble du tissu socio-économique du pays qui gît sous les débris.
L’ampleur des destructions matérielles témoigne de la violence des intempéries. Plus de 201 000 habitations ont été frappées, dont plus de 5 200 totalement balayées et 12 200 partiellement détruites. Mais au-delà des toits perdus, c’est l’ossature même des services publics qui s’est effondrée : 880 kilomètres de routes sont dégradés, 228 ponts sont hors d’usage et 44 systèmes d’approvisionnement en eau potable ont été réduits à néant.
Cette paralysie logistique complique tragiquement l’accès aux secours. Plus grave encore, 257 établissements de santé ont été endommagés ou dévastés. Dans les régions reculées, les habitants se retrouvent coupés de tout soin médical de base, transformant la moindre blessure ou infection en menace mortelle.
Un pays sous l’ombre des épidémies et du piège du surpeuplement
Bien que la phase de détresse aiguë initiale soit passée et que les déplacements massifs aient décru, l’urgence n’a rien perdu de sa gravité. Aujourd’hui encore, selon les données, 39 centres d’hébergement temporaires fonctionnent à plein régime. Ils abritent plus de 32 000 personnes entassées dans des conditions de surpopulation alarmantes.
Dans ces campements de la dernière chance, les carences sont omniprésentes : manque d’abris décents, nourriture insuffisante, absence de protection pour les plus vulnérables et pénurie d’eau potable. Les eaux stagnantes qui recouvrent encore plusieurs districts constituent un terrain de culture idéal pour les moustiques et les bactéries, faisant peser une menace épidémique imminente. Le choléra et le paludisme guettent des populations affaiblies, dont l’accès à l’hygiène élémentaire (WASH) reste un défi quotidien.
Sécurité alimentaire brisée et vulnérabilité systémique
Le choc est tout aussi dévastateur pour l’économie rurale. Les inondations ont frappé de plein fouet le cœur de la saison agricole, engloutissant plus de 440 000 hectares de cultures et provoquant la perte de plus de 412 000 têtes de bétail. Pour des centaines de milliers de paysans, ce sont des années de labeur et leurs uniques moyens de subsistance qui se sont envolés, plongeant le pays dans une insécurité alimentaire durable.
Sur le terrain, la Croix-Rouge mozambicaine (CVM), soutenue par l’IFRC à travers l’opération MDRMZ027, multiplie les interventions pour passer de la distribution d’urgence au relèvement rapide, notamment par la fourniture de kits de secours, la réhabilitation sanitaire et l’aide à la reconstruction économique. Cependant, alors que le Mozambique demeure plongé dans le calendrier de la saison cyclonique 2025-2026, la moindre intempérie supplémentaire risque de faire voler en éclats ces efforts fragiles.
Face à cela, sans un soutien international massif et soutenu, les communautés mozambicaines, exsangues, ne pourront pas faire face à de nouveaux chocs climatiques. La crise ne fait que commence.









