Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • ACTUALITE
  • Soutenance de mémoire : Mele François Sullyvan, brise les tabous
ACTUALITE

Soutenance de mémoire : Mele François Sullyvan, brise les tabous

Email : 18

Le samedi 22 août 2026, Mele François Sullyvan a brillamment obtenu son diplôme de qualification professionnelle en maintenance informatique avec la note de 17,5/20. Vivant avec une paralysie motrice cérébrale., le jeune homme de 19 ans a prouvé avec brio que le handicap n’est en rien un frein au talent et à la maîtrise technique.

Ce samedi-là, même la pluie battante n’a pas réussi à entamer la sérénité de Mele François Sullyvan. C’est d’un pas assuré que le jeune homme s’est avancé face à une assistance venue nombreuse à l’Institut Supérieur Professionnel Jeru-Informatik le soutenir. Le support de présentation ajusté, la parole accordée, François s’est lancé. Son objectif : défendre son mémoire de fin de formation sur un thème qualifié de complexe par les membres du jury : « La gestion de la maintenance d’un parc informatique dans une clinique ».

Pendant son exposé, combinant théorie et cas pratiques complexes, du dépannage complet d’un PC aux pannes réseaux intermédiaires, François a fait étalage d’une maîtrise parfaite de son sujet. « J’ai choisi ce thème pour aider les gens dans les cliniques, dans le milieu hospitalier, pour garantir la bonne qualité des soins », explique-t-il avec conviction. Passionné, il voit plus loin que la simple réparation : « La maintenance permet de créer ce qui n’existe pas encore. Si un serveur tombe en panne, on ne peut plus récupérer les données. Moi, je peux régler cela avec les bases qu’on m’a apprises. » Interrogé sur l’utilisation de l’intelligence artificielle pour détecter les pannes, le jeune technicien démontre une maturité déconcertante. Quant aux obstacles ? « Rien de spécial, répond-il humblement. Si on me donne un travail, je le fais. En attendant, je travaille sur commande. » Son message aux personnes vivant avec un handicap est simple : « Je veux les encourager à faire comme moi, à s’améliorer sans cesse. »

Une résilience portée par une chaîne d’amour et d’encadrement

Cette réussite avec mention « Très Bien » est l’aboutissement d’un long parcours du combattant. Odile Onogo épouse Nkooloo, sa mère, peine à cacher son émotion : « Après tant de difficultés avec un enfant vivant avec une paralysie motrice cérébrale, des rééducations répétées pour qu’il arrive à ce niveau, je suis très émue. François tenait son stylo entre le pouce et l’index ; dès que la main lui faisait mal, il s’arrêtait et s’en remettait à l’écoute du professeur. Mais sa force, c’est sa détermination. »
Menant de front la préparation de sa Terminale A4 et sa formation professionnelle de 24 mois, le jeune homme n’a jamais baissé les bras. Sa maman lance toutefois un appel vibrant : « Nous aimerions que l’Etat et le public leur donnent une chance, non pas par compassion, mais pour qu’ils montrent leurs compétences au-delà de leurs difficultés. » Un constat partagé par un de ses encadreurs pédagogique Atonside Emmanuel, admiratif : « C’est un enfant très vif d’esprit, une vraie machine. Il fallait juste adapter notre accompagnement pour le garder concentré. Sur le terrain, lors de son stage, il a été unanimement apprécié pour sa technicité. »

Pour un changement de regard et l’accès à l’emploi

Le succès de François s’inscrit dans la vision portée par Léocadie Flore Ngassa Kimen, Présidente fondatrice de l’ASEIMC (Association de soutien aux enfants infirmes moteurs cérébraux), qui œuvre pour la prise en charge de ces enfants, afin d’améliorer leur qualité de vie et les aider à trouver une place dans la société. Pour elle, ce parcours doit ainsi servir de déclic collectif : « le parcours de François doit être un modèle. Nous voulons que chaque enfant vivant avec une paralysie motrice cérébrale puisse bénéficier d’une éducation adaptée, d’une formation professionnelle adaptée à ses capacités et d’un accompagnement individualisé, afin de révéler son potentiel et de construire son autonomie. » Pour Tchana Cédric, promoteur de JERU-Informatik, lui-même en situation de handicap, qui organise des soutenances inclusives devant des chefs d’entreprise, c’est un moyen d’aider ses apprenants à trouver un emploi : « Quand les recruteurs viennent ici, ils comprennent que le candidat n’est pas relié à son handicap, mais à leurs besoins techniques. En six promotions, notre modèle a permis d’insérer près de 40 personnes, dont 8 en mobilité réduite ».

En quittant la salle sous les applaudissements chaleureux du jury et de la foule, François Sullyvan n’a pas seulement validé un diplôme de gestion en maintenance d’un parc informatique, il a brisé les préjugés et tracé la voie vers une société plus inclusive.

img

Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

Leave a Reply

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos Santé n° 1476 du mercredi 2 septembre 2026

×