Réunis en Ethiopie à l’occasion de la 76e session du Comité régional de l’OMS, plus de 600 délégués et ministres africains affichent leur volonté commune de rompre avec la dépendance extérieure. Entre gestion des urgences épidémiologiques et souveraineté pharmaceutique, le continent veut transformer les promesses politiques en actions durables.
C’est un véritable rendez-vous stratégique pour l’avenir de la santé publique continentale qui s’est ouvert à Addis-Abeba. Du 24 au 28 août 2026, la capitale éthiopienne accueille la 76e session du Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique. Rassemblant plus de 600 délégués, parmi lesquels figurent les ministres de la Santé des 47 Etats membres de la région, cette rencontre de haut niveau entend marquer un tournant décisif : faire passer l’Afrique d’une vulnérabilité structurelle à une résilience durable comme l’a dit Le Dr. Mohamed Janabi : « les ministres se réunissent non pas seulement pour discuter de la santé mais pour aider à façonner l’avenir de près de 1,5 milliards de personnes sur le continent. Les décisions prises aideront à passer de la dépendance à une plus grande autonomie et de l’ambition à l’action. »
Une mobilisation diplomatique pour l’émancipation médicale
La cérémonie officielle d’ouverture s’est tenue le mardi 25 août 2026, en présence de nombreuses personnalités internationales et continentales. Les interventions de hauts responsables, parmi lesquels le Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Mohamed Janabi, le président de la Commission de l’Union africaine et le président de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, ont rythmé ce rassemblement. Le Président de la République fédérale démocratique d’Ethiopie, Taye Atske Selassie, a officiellement déclaré ouverts les travaux,
donnant le ton par un appel pressant en faveur d’une union sacrée de la santé. Un message appuyé par le Dr Mohamed Janabi, qui a vivement exhorté les Etats à agir sans attendre, afin d’extirper le continent de sa dépendance extérieure.
Un passage de témoin axé sur la consolidation des acquis
Dressant le bilan de son mandat, la présidente sortante du Comité, le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré, ministre de la Santé et du Développement social du Mali, a rappelé les progrès accomplis. Elle a souligné les avancées enregistrées dans la gestion des urgences sanitaires et les efforts engagés en faveur de la production locale de médicaments et de vaccins. Passant le témoin à la ministre éthiopienne de la Santé, élue présidente de cette 76e session, la ministre malienne a insisté sur la nécessité de maintenir la dynamique pour consolider les systèmes de soins, améliorer l’accès aux prestations et mobiliser des ressources durables. Le nouveau bureau a ensuite été constitué, avec l’élection du ministre nigérien de la Santé au poste de premier vice-président.
La souveraineté pharmaceutique face aux urgences épidémiologiques
Au-delà du protocole, les débats de cette session inaugurale se déroulent dans un climat d’extrême vigilance. La réapparition de crises épidémiologiques majeures, notamment la forte recrudescence d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, pèse lourdement sur les discussions, tout comme la prise en charge médicale des millions de personnes déplacées et de réfugiés. Face à ces menaces répétées, les délégations placent l’émancipation médicale au cœur de leurs priorités. L’autonomie de production des produits de santé essentiels et la transition vers une médecine préventive sont devenues des axes de travail fondamentaux pour assurer la protection des populations.
Financement pérenne et cap sur la couverture sanitaire universelle
Le financement pérenne de la santé et l’accélération de la Couverture sanitaire universelle constituent l’autre grand chantier de ce sommet. Dans un contexte économique post-pandémique fragilisé par la dette et la baisse de l’aide publique au développement, les pays recherchent activement des modèles alternatifs. Plusieurs nations, dont le Sénégal par la voix de son ministre de la Santé Ibrahima Sy, ainsi que l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Cameroun, ont réaffirmé leur volonté d’accroître les investissements publics. L’objectif est d’alléger les paiements directs supportés par les ménages tout en renforçant les capacités nationales d’approvisionnement.
Alors que les travaux se poursuivent à Addis-Abeba, l’enjeu des prochains jours sera d’adopter des résolutions, des perspectives contraignantes et applicables, capables de garantir à chaque citoyen africain un accès équitable à des soins de qualité.











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