Avec 9 369 cas confirmés et 18 décès, la rougeole progresse au Cameroun. Dans le Littoral, où 20 districts sur 24 sont touchés, les autorités visent 95 % des enfants ciblés et sollicitent les médias pour contenir les refus sous 5 %.
Le Cameroun organise du 14 au 18 octobre 2026 une campagne nationale de vaccination de suivi contre la rougeole et la rubéole. L’opération couvre les dix régions du pays et vise les enfants de 9 à 59 mois.
Le Délégué régional de la Santé publique pour le Littoral, le Dr Charles Yopndoi, l’a présentée aux médias le vendredi 9 octobre 2026 à Douala, lors d’un briefing tenu à la Délégation régionale.Cette huitième campagne nationale de suivi intervient alors que l’épidémie se prolonge depuis plus de huit mois. Selon le dossier de presse, le pays compte 9 369 cas confirmés à la 33e semaine épidémiologique de 2026, et 122 districts de santé sont en épidémie.
Le Programme élargi de vaccination (PEV) a annoncé 18 décès. Seuls 30 districts ont mené une riposte vaccinale à ce jour, d’après les chiffres présentés par le Dr Shalom Tchokfe Ndoula, secrétaire permanent du PEV, lors d’un briefing à Yaoundé. La campagne concerne près de 6 millions d’enfants sur l’ensemble du territoire.Elle devait d’abord se tenir du 16 au 20 septembre.
Le gouvernement l’a reportée au 14 octobre pour des raisons opérationnelles, car des millions de doses doivent être prépositionnées avec une chaîne du froid garantie dans les districts touchés. L’objectif annoncé est de vacciner au moins 95 % des enfants ciblés.Le Dr Yopndoi attribue la persistance de l’épidémie à une couverture vaccinale insuffisante. Pour 2025, la deuxième dose du vaccin RR est restée à 70 %, contre 85 % pour la première, en dessous du seuil qui permet d’interrompre la transmission.
Le seuil recommandé est de 95 % pour les deux doses. Parmi les cas confirmés, 76 % concernent des enfants non vaccinés. Le pays applique les directives de l’OMS et de l’UNICEF depuis 2001, mais la dernière campagne nationale remonte à juillet 2023, ce qui a laissé s’accumuler des enfants sans protection. La deuxième dose est administrée à partir de 15 mois.La région vise au moins 95 % des 660 110 enfantsDans le Littoral, 20 des 24 districts de santé ont été touchés entre 2025 et 2026. Le Délégué le déclare ainsi : « Nous faisons face depuis quelques années à la persistance de l’épidémie de rougeole sur l’ensemble du territoire national, mais également dans notre région.
Entre 2025 et 2026, elle a affecté 20 sur 24 de nos districts de santé, avec des milliers de cas d’enfants atteints. » La région vise au moins 95 % des 660 110 enfants de 9 à 59 mois résidant dans ses 24 districts. Un stock de 714 010 doses a été prépositionné. Le comité local d’organisation est présidé par le Gouverneur, sous la supervision du Délégué régional. DéploiementLa campagne comporte trois interventions. Elle administre le vaccin combiné rougeole et rubéole, assure le rattrapage de routine des enfants de 0 à 59 mois qui n’ont reçu aucune dose, et vaccine les filles et les garçons de 9 ans contre les infections à HPV.
Les enfants seront reçus dans les formations sanitaires et dans des postes avancés installés dans les marchés, les chefferies, les carrefours, les lieux de culte et les établissements scolaires. Des équipes mobiles iront vers les zones insulaires et montagneuses, les camps de réfugiés, les populations nomades et les ouvriers miniers. La campagne associe le Ministère de l’Éducation de base et le Ministère de la Communication, avec l’appui des autorités administratives et municipales, des leaders communautaires et des ministères de la Jeunesse, des Affaires sociales et de la Promotion de la Femme.La rougeole se transmet par voie aérienne.
Un enfant malade peut contaminer jusqu’à 18 personnes. La maladie peut provoquer des pneumonies, des atteintes cérébrales, la cécité et la mort, surtout chez les enfants de moins de 5 ans. La rubéole, pour sa part, expose les femmes enceintes à un risque de malformations chez le nouveau-né lorsqu’elles contractent le virus. Le vaccin combiné protège contre les deux maladies. Les effets secondaires attendus sont de la fièvre et une douleur à l’endroit de l’injection, qui disparaissent d’eux-mêmes.L’appui des médiasLors du briefing, le Dr Yopndoi, entouré des cadres du PEV et de la représentante de la Délégation régionale de la Communication, a demandé aux journalistes de contenir les refus de vaccination sous la barre des 5 %. L’objectif est de mobiliser 100 % des médias régionaux pour informer au moins 95 % des parents avant le 14 octobre.
Le protocole d’accord signé avec les journalistes prévoit trois engagements. Les médias expliquent le profil de sécurité des vaccins, vérifient les faits auprès des experts du PEV avant de relayer une information, et diffusent chaque jour les sites de vaccination sur les réseaux sociaux et les ondes locales. Ils s’adressent aux 2 711 203 personnes de 15 ans et plus du Littoral, qui forment le relais d’opinion auprès des familles.Le Délégué a reconnu les limites financières de l’opération. « Le cadrage budgétaire dans un contexte de ressources rares et de retrait progressif des partenaires n’a pas permis la mobilisation dont nous avons besoin.
Cela n’empêche pas que, dans une œuvre sociale et humanitaire, les médias puissent accompagner cette activité. » Il a lancé un appel aux familles pour qu’elles autorisent et facilitent la vaccination des enfants de 9 à 59 mois, et qu’elles se rendent auprès des équipes de vaccination.Le Dr Yopndoi a conclu sur l’enjeu collectif de la campagne : « Si tous les enfants sont vaccinés, ils sont tous protégés.
Mais tant qu’il y en a qui ne sont pas vaccinés, il reste un danger pour ceux qui le sont. C’est un bénéfice national d’accompagner tous les ménages à accepter la vaccination. »













