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    Centre Hospitalier et Universitaire de Yaoundé : L’ANCDC offre plus d’un million de FCFA de matériel de prévention

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    Dans le cadre de la Journée mondiale de la santé bucco-dentaire célébrée en mars dernier, l’Association nationale des chirurgiens-dentistes du Cameroun a remis au Centre Hospitalier et Universitaire de Yaoundé un don d’une valeur de 1,5 million de francs CFA. Composé de 1 152 brosses à dents et dentifrices pédiatriques, de 144 tubes de dentifrice pour adultes, de savons, de blouses, d’une maxi-bouche pédagogique et de 100 litres d’eau de Javel, ce geste vise à renforcer la prévention des maladies bucco-dentaires et à créer une synergie entre les services de pédiatrie et d’odontostomatologie au sein de l’hôpital.

    Dans une salle du Centre Hospitalier et Universitaire de Yaoundé, l’ambiance était à la communion un jeudi de mars 2026. Les rires et les embrassades ont accompagné la clôture d’une campagne de soins gratuits, ponctuée par un geste généreux de l’Association nationale des chirurgiens-dentistes du Cameroun (ANCDC).

    Pendant trois jours, 68 patients ont retrouvé le sourire. Mais ce jour-là, c’est tout un service qui souriait. Sur une table, des cartons s’entassaient : 1 152 brosses à dents pédiatriques, 1 152 dentifrices fluorés, 144 tubes de dentifrice pour adultes, 72 savons, six blouses, une maxi-bouche – matériel pédagogique qui servira à montrer l’art du brossage – et 100 litres d’eau de Javel.

    Ce don, d’une valeur de 1,5 million de francs CFA, était bien plus qu’un simple geste matériel. Il incarnait une vision : celle d’une santé bucco-dentaire enfin reconnue comme un pilier essentiel du bien-être général.Cette mobilisation du mois de mars, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé bucco-dentaire placée sous le thème « Une bouche saine pour une vie heureuse », n’a pas été un événement isolé.

    Elle s’inscrit dans un contexte sanitaire alarmant que les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé rendent terriblement concret : près de 75 % de la population camerounaise souffre d’une pathologie bucco-dentaire. « Trouver une seule personne qui n’a pas de carie dentaire ou qui ne souffre pas d’une inflammation gingivale au Cameroun, c’est encore très difficile », a confié le Dr Salomon ZING, président de l’ANCDC. Les enfants sont particulièrement vulnérables : 91 % des jeunes âgés de 6 à 12 ans sont concernés par la carie dentaire.

    Face à l’ampleur de ce fléau – qui constitue le troisième fléau mondial après les cancers et les maladies cardiovasculaires – la profession se mobilise, consciente que la bouche est la porte d’entrée de l’organisme et que négliger sa santé bucco-dentaire expose à des complications bien au-delà du simple inconfort esthétique.

    Au CHU de Yaoundé, la campagne de consultations et de soins dentaires organisée du 17 au 19 mars 2026 a permis de prendre en charge gratuitement 68 patients, certains pour des soins curatifs, d’autres pour des détartrages ou des séances d’éducation à l’hygiène. « Nous avons besoin d’éléments de prévention », avait souligné le Dr Mengong epse Moneboulou Hortense, chef du service d’Odonto-stomatologie du CHUY, résumant l’objectif de ces journées. Son message, martelé tout au long de la campagne, résonne comme un mantra : « Une bouche qui n’est pas en bonne santé, c’est un corps qui n’est pas en bonne santé.

    Car de la qualité de l’alimentation commence la nutrition dans le corps ». Cette approche globale de la santé bucco-dentaire, qui relie la cavité buccale à l’ensemble de l’organisme, est au cœur des actions menées par l’ANCDC.La synergie créée entre les services hospitaliers a été l’un des points forts de cette mobilisation.

    Comme l’a souligné le Pr Vicky Jocelyne Ama Moor, directeur médical du CHUY : « Au-delà du service de dentisterie, cela va permettre aux services de pédiatrie d’offrir également des brosses à dents, d’avoir une synergie entre la dentisterie et la pédiatrie pour montrer, pendant les moments de vaccination ou les consultations, comment on brosse les dents dans les services hospitaliers ». Cette transversalité, saluée par l’ensemble des acteurs, témoigne d’une prise de conscience : la santé bucco-dentaire ne peut plus rester une spécialité isolée, elle doit être intégrée dans une approche holistique des soins.

    L’engagement de l’ANCDC ne se limite pas à la capitale. En réponse à l’appel du Centre Hospitalier Régional de Bertoua, l’association a acheminé à l’Est du pays un important lot de 1 400 brosses à dents, 1 400 pâtes dentifrices, deux blouses et deux polos pour le personnel soignant. Une initiative qui s’inscrit dans la dynamique de réduction de la prévalence des maladies dentaires, encore trop élevée dans le pays.

    Le Dr Salomon ZING a rappelé l’importance de ces actions de proximité : « Ce que nous apportons, c’est la prise en charge actuelle en 2024 de ces urgences au cabinet dentaire. Dès lundi, quand les patients iront dans les cabinets dentaires, ils seront mieux pris en charge ».Au-delà des dons de matériel et des consultations gratuites, la formation continue des praticiens constitue un autre pilier de la stratégie de l’ANCDC. Les 2èmes journées scientifiques nationales organisées à Garoua ont permis de placer la barre très haut sur le thème crucial des urgences en odontostomatologie.

    L’objectif est clair : améliorer la prise en charge des patients en outillant les praticiens avec les nouvelles technologies et les protocoles les plus récents. Cette montée en compétence des professionnels est indispensable pour faire face à la demande croissante et diversifier l’offre de soins sur l’ensemble du territoire.

    La Journée mondiale de la santé bucco-dentaire a également été l’occasion pour la présidente de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes du Cameroun (ONCDC), le Dr Chantal Tankoua Sunou, de rappeler une vérité fondamentale : « La santé bucco-dentaire constitue un pilier essentiel du bien-être général tout au long de la vie ». Elle a insisté sur l’impact des affections bucco-dentaires qui, bien au-delà des douleurs et de l’inconfort, « peuvent également être associées à d’autres pathologies, notamment le diabète, l’hypertension artérielle, les maladies rénales ou cardiovasculaires ».

    Un lien que les campagnes de sensibilisation s’efforcent de populariser auprès du grand public.L’espoir, pour la profession, repose sur l’intégration progressive de certaines pathologies bucco-dentaires dans le panier de soins de la Couverture santé universelle (CSU). Une avancée majeure saluée par le Dr Tankoua Sunou, qui permettrait de « garantir un accès équitable à des soins de qualité ».

    Car comme elle le martèle, la santé orale « ne constitue pas une option mais une nécessité fondamentale ». L’accès aux soins reste en effet inégal, notamment dans les zones rurales où la densité de chirurgiens-dentistes est très faible. Le Dr Dorothée MAA, experte en promotion de la santé bucco-dentaire, rappelle que la peur du dentiste et le manque d’information créent souvent un cercle vicieux : en évitant les soins nécessaires, les patients risquent de développer des complications plus graves.Les messages de prévention délivrés lors de ces campagnes sont simples mais essentiels : un brossage biquotidien avec un dentifrice fluoré, le remplacement de la brosse tous les trois mois, l’utilisation du fil dentaire, une alimentation équilibrée pauvre en sucres, et surtout, une consultation systématique chez le chirurgien-dentiste au moins deux fois par an.

    Le Dr Tankoua Sunou insiste sur le caractère évitable de ces maladies : « La nécessité de sensibiliser, informer et prévenir s’impose avec acuité ». Les gestes qui sauvent les dents sont à la portée de tous, encore faut-il les connaître et les adopter au quotidien.L’action de l’ANCDC s’étend également à la lutte contre l’exercice illégal de la profession. Le Dr Chantal Tankoua Sunou a mis en garde contre les complications dues à la pratique des « charlatans » : inflammations du palais, brûlures de la gencive, infections graves, voire septicémies généralisées.

    Un protocole d’assainissement est en cours, passant par la création d’une carte sanitaire pour identifier les structures illégales et protéger les populations. Cette régulation est indispensable pour garantir la qualité et la sécurité des soins bucco-dentaires.Le 19 mars 2026 restera comme une journée de sourires retrouvés au CHU de Yaoundé. Les 68 patients pris en charge gratuitement, les brosses à dents distribuées aux enfants, la synergie créée entre les services de pédiatrie et d’odontostomatologie : autant de signes que la santé bucco-dentaire gagne du terrain dans les priorités du système de santé camerounais.

    Le Pr Ama Moor résume l’état d’esprit général : « Ce geste montre que la santé est une affaire de tous ». L’ANCDC promet déjà de pérenniser cette collaboration, afin que chaque 20 mars, la santé bucco-dentaire ne soit plus un oublié de la santé publique. Car comme le rappelle le Dr Mengong : « Lorsqu’on n’a pas une bonne hygiène dentaire, nous sommes exposés à plusieurs maladies : maladies cardiaques, maladies pulmonaires.

    Plusieurs maladies entrent par la bouche, car la bouche est la porte d’entrée du corps humain. » Une vérité simple qui, si elle était largement partagée et appliquée, sauverait chaque année des milliers de Camerounais de la douleur et des complications évitables.

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    Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

    Rédacteur en Chef Adjoint

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