En unissant l’expertise scientifique de l’IRAD et la puissance technique du CENEEMA, le Cameroun se dote d’un levier puissant pour doper sa production agricole.
Ce jeudi 20 août 2026 restera gravé comme une date charnière dans l’histoire agricole du Cameroun. Dans la salle des Actes de la Direction générale de l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD) à Nkolbisson, à Yaoundé, deux grandes institutions publiques ont scellé leur destin commun. D’un côté, la science des semences et des sols. De l’autre, le génie des engins et des techniques de mécanisation. Leur alliance, matérialisée par un Mémorandum d’entente, promet de transformer en profondeur le paysage agropastoral national.
Le Dr Noé WOIN, Directeur général de l’IRAD, et MEBANDE BATE née EKOTTO MINKOUNA Andrée Melanie, Directrice générale du Centre national d’Études et d’Expérimentation du Machinisme Agricole (CENEEMA), ont paraphé les documents en présence de leurs équipes respectives. Ce geste, solennel et chargé de sens, officialise un cadre de collaboration fructueuse entre deux entités qui, jusqu’ici, évoluaient souvent en parallèle. L’IRAD, bras séculier de l’État en matière de recherche et de développement agricole, et le CENEEMA, créé en 1974 avec pour mission principale l’étude, l’expérimentation et l’adaptation du machinisme agricole aux réalités agroécologiques camerounaises, unissent désormais leurs forces pour répondre à un défi commun : nourrir le Cameroun de manière durable et souveraine.
Une synergie au service de la SND30 et de la Vision 2035
Ce partenariat ne doit rien au hasard. Il s’inscrit en droite ligne des objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), qui ambitionne une
transformation structurelle du secteur agricole, et de la Vision du Cameroun à l’horizon 2035, qui place la redynamisation et la mécanisation de la production agricole au cœur de l’émergence économique. Concrètement, ce mémorandum vise à améliorer les rendements et la production agricoles en combinant la recherche fondamentale et appliquée de l’IRAD avec l’expertise technique et opérationnelle du CENEEMA.
L’IRAD apporte sa connaissance des sols, des semences, des pratiques culturales et des enjeux environnementaux. Le CENEEMA, de son côté, met à disposition son parc d’engins – tracteurs, charrues, pulvérisateurs, camions – et son savoir-faire en matière d’aménagement des terres, de préparation des sols et de gestion des équipements agricoles. Ensemble, ils pourront concevoir des techniques agropastorales innovantes, adaptées aux spécificités de chaque région, et les diffuser auprès des producteurs.
Des perspectives prometteuses pour les agriculteurs
Les retombées attendues de cette alliance sont considérables. Les agriculteurs camerounais, qui peinent souvent à accéder à des technologies adaptées et à des conseils scientifiques actualisés, devraient être les premiers bénéficiaires. La recherche permettra d’identifier les variétés les plus performantes et les itinéraires techniques les plus efficaces, tandis que la mécanisation facilitera le défrichement, le labour, le semis et la récolte, réduisant ainsi la pénibilité du travail et augmentant les surfaces cultivables. Cette synergie devrait également contribuer à la politique d’import-substitution agropastorale et halieutique (PIISAH), en renforçant la production locale de denrées de base comme le riz, le maïs ou le manioc. En améliorant les rendements et en réduisant les pertes post-récolte, elle participera à la sécurité alimentaire et à la souveraineté du pays. Un Cameroun où l’agriculture, premier employeur du pays, sera enfin à la hauteur des ambitions nationales et des défis du XXIe siècle.









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