Le président de l’Ordre national des médecins du Cameroun a profité de la dernière assemblée générale ordinaire de son mandat, ce 28 août 2026, pour détailler les progrès accomplis.
« Nous apprécions votre démarche de sollicitude et votre disponibilité. Chaque fois que nous nous sommes réunis, vous avez été avec nous pour diffuser nos résolutions. Et en cela, je tiens particulièrement à vous dire merci. » C’est par ces mots empreints de gratitude que le Dr Rodolphe Fonkoua, président de l’Ordre national des médecins du Cameroun, a ouvert la conférence de presse organisée ce 28 août 2026 à Yaoundé. Le président a ainsi abordé trois dossiers brûlants : les agissements d’une influenceuse promouvant des injections illégales, les publicités mensongères dans les médias, et l’envahissement sans précédent de l’espace médical camerounais par des médecins étrangers organisant des consultations éphémères.
Un bilan administratif salué
Interrogé sur le bilan de son mandat, le Dr Fonkoua a mis en avant des avancées significatives, notamment la numérisation complète de la gestion administrative et financière de l’Ordre. « Aujourd’hui, les inscriptions, les demandes de documents, tout se fait en ligne. La sécurisation de nos fonds, rien ne se fait par monnaie. Tout se paye sur le compte de l’Ordre », a-t-il déclaré avec fierté. Environ trois cents dossiers ont été instruits, avec un suivi rigoureux des confrères dont les pièces étaient incomplètes. Par ailleurs, l’Ordre tient au minimum cinq conseils par an, alors que la loi n’en exige qu’un nombre moindre, afin d’éviter l’accumulation des dossiers et de répondre rapidement aux plaintes du public. Des sanctions disciplinaires ont été prononcées contre les médecins fautifs, tandis que l’institution a défendu « bec et ongles » ceux qui étaient injustement accusés.
Une diaspora médicale activement sollicitée
Le président a également annoncé des avancées inédites dans la coopération avec la diaspora. Des tournées à l’étranger ont permis d’établir des contacts fructueux. Il a révélé que la plus grande sommité mondiale de la chirurgie bariatrique, le Dr Mathias Fobi, un Camerounais, viendra dans les prochains mois former des chirurgiens nationaux à cette technique. De même, un transfert de technologie est en cours avec des orthopédistes camerounais établis en Suisse, qui viendront former leurs confrères à la greffe de cartilage, une alternative novatrice aux prothèses directes. « Nous voulons, à l’exemple des Indiens, amener notre diaspora à s’impliquer activement dans la pratique médicale, afin de relever les différents plateaux techniques », a-t-il insisté.
L’affaire de l’influenceuse : une sanction exemplaire réclamée
Abordant le cas de l’influenceuse ayant fait la promotion de pratiques illégales de remplissage corporel, le Dr Fonkoua a été catégorique : « Dès que nous avons été
informés, nous avons porté plainte, parce que c’est un exercice illégal de la médecine. On ne peut pas faire de la médecine dans une chambre. Ce n’est pas de la sorcellerie, la médecine. » Il a précisé que la procédure judiciaire suit son cours : une première audience s’est tenue il y a deux jours, et certains prévenus sont en détention provisoire.
Médecins étrangers : fin des consultations sauvages
Sur la question épineuse des médecins étrangers, le Dr Fonkoua a opéré une distinction claire. Il a applaudi les missions de formation, comme les campagnes de chirurgie cardiaque à l’hôpital général de Yaoundé, car elles impliquent un transfert de compétences. En revanche, il a fermement condamné les consultations gratuites de quarante-huit heures, qui visent à attirer des patients vers des traitements coûteux à l’étranger, souvent sans résultats. Il a rappelé que tout praticien exerçant au Cameroun doit être inscrit au tableau de l’Ordre, même pour une courte durée. Désormais, l’Ordre n’autorisera plus aucune mission de consultation menée par des médecins étrangers, car « le diagnostic n’est pas le problème majeur de la médecine camerounaise ; les véritables difficultés se situent ailleurs, dans le plateau technique et le suivi des patients ».










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