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Drépanocytose au Cameroun : Le dépistage pourrait bientôt se faire dès la naissance

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Réunis à Mfou, du 28 au 30 septembre 2026, les acteurs de santé ont validé les outils et modules de formation pour préparer le déploiement des tests dans les formations sanitaires, avec l’appui du partenariat avec le GEDREPACAM.

Après des heures d’attente, le premier cri du nouveau-né fait sourire toute la salle d’accouchement. Derrière cette joie, quelques gouttes de sang prélevées dès les premières heures de vie pourraient désormais révéler si le bébé est atteint de drépanocytose. Au Cameroun, cette possibilité pourrait bientôt devenir une pratique beaucoup plus courante. Le ministère de la Santé publique veut accélérer le dépistage néonatal afin de repérer la maladie avant l’apparition des premières complications et d’orienter rapidement les enfants vers une prise en charge adaptée. La décision s’inscrit dans la volonté de systématiser le dépistage néonatal dans les maternités. Dans une circulaire datée du 25 juillet 2025, le ministre de la Santé publique invitait déjà les responsables des formations sanitaires publiques à intégrer ce dépistage dans les soins proposés aux nouveau-nés.

20 à 30 % de la population porte le trait

Au Cameroun, la drépanocytose constitue un enjeu important de santé publique. Selon le ministère de la Santé publique, la proportion de personnes porteuses du trait drépanocytaire se situe entre 20 et 30 %, soit environ 3,5 millions de personnes, d’après les données reprises du document stratégique national. Il faut toutefois distinguer le trait drépanocytaire de la maladie. Une personne porteuse du trait possède une copie du gène responsable, sans nécessairement développer la forme majeure de la maladie. Le Plan stratégique national de lutte contre la drépanocytose 2025-2030 estime, pour sa part, que la forme majeure concerne environ 0,71 à 1,60 % des nouveau-nés et des jeunes enfants. Le problème reste notamment celui du diagnostic tardif. Pendant longtemps, des enfants n’étaient identifiés qu’après l’apparition de complications, alors qu’un dépistage réalisé à la naissance permet d’organiser plus tôt leur suivi médical. Le MINSANTE souligne ainsi que plus le diagnostic est précoce, plus la prise en charge peut commencer rapidement et contribuer à réduire les complications.

278 878 tests bientôt disponibles

Pour passer de l’intention au déploiement, le MINSANTE a autorisé l’acquisition de 278 878 tests de diagnostic rapide (TDR). Ces tests doivent prochainement être distribués dans 500 formations sanitaires à travers le pays. Du 28 au 30 septembre 2026, un atelier organisé à Mfou a permis d’élaborer et de valider les outils nécessaires à la formation des professionnels appelés à utiliser ces tests. Trois modules de formation ainsi que cinq outils pratiques ont été produits au terme des travaux. Une formation des personnels de santé est prévue avant le déploiement effectif des TDR. Cette démarche s’appuie notamment sur l’expérience menée depuis plusieurs années par le Groupe d’étude de la drépanocytose au Cameroun (GEDREPACAM). Entre juin 2023 et décembre 2025, dans 17 districts de santé des régions du Centre, du Littoral, de l’Ouest et du Sud, 37 603 naissances ont été enregistrées dans le cadre de cette expérience. Les TDR ont permis de détecter 194 cas, dont 129 ont ensuite été confirmés par un test complémentaire.

Du dépistage à la prise en charge

L’enjeu ne se limite toutefois pas à savoir si un enfant est porteur de la maladie. Une fois le diagnostic établi, le véritable défi consiste à assurer son suivi et à accompagner sa famille. Les expériences conduites au Cameroun montrent déjà la faisabilité du dépistage précoce. Dans la première phase du projet DrepACCI, menée notamment à Yaoundé et Douala, des dizaines de milliers de nouveau-nés et d’enfants ont été dépistés et des professionnels de santé formés. Le projet a ensuite été étendu à d’autres régions. Cette dynamique s’inscrit désormais dans le Plan stratégique national de lutte contre la drépanocytose 2025-2030, qui constitue le cadre national de référence pour organiser la prévention, le dépistage et la prise en charge de la maladie. Pour les familles, l’objectif est surtout de ne plus attendre les premières crises ou complications pour découvrir la maladie.

Dépister tôt, suivre tôt et prendre en charge tôt : c’est désormais le cap affiché par le système de santé camerounais.

Marie Chantale FAIDA

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