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Cancers du sein et du col de l’utérus : 13 612 nouveaux cas et 7 176 décès en 2024 dans la CEMAC

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Selon le Pr Pierre Marie TEBEU, expert en santé publique et Directeur Général du CIESPAC, la Guinée équatoriale enregistre 353 cas et 188 décès. Le Gabon compte 394 cas et 205 décès. La République centrafricaine déclare 867 cas et 451 décès. Le Congo rapporte 1 344 cas et 759 décès. Le Cameroun affiche 5 203 cas et 2 821 décès. Le Tchad ferme la marche avec 5 451 cas et 2 752 décès.

Ce 1er octobre 2026 marque le coup d’envoi du mois d’Octobre Rose, campagne mondiale de sensibilisation contre le cancer du sein. En Afrique centrale, l’heure n’est plus à la sensibilisation seule. Elle est à l’action coordonnée. Le Centre Inter-États d’Enseignement Supérieur en Santé Publique d’Afrique Centrale, en partenariat avec la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale, publie des données alarmantes. Derrière chaque statistique, des femmes. Derrière chaque chiffre, des familles. Et derrière chaque décès évitable, une occasion manquée

d’agir.

Les chiffres du cancer du sein dans les 6 pays de la CEMAC en 2024 parlent d’eux-mêmes. La Guinée équatoriale enregistre 207 nouveaux cas et 100 décès. Le Gabon compte 295 nouveaux cas et 143 décès. La République centrafricaine déclare 610 nouveaux cas et 284 décès. Le Congo rapporte 755 nouveaux cas et 375 décès. Le Cameroun affiche 2 824 nouveaux cas et 1 368 décès. Le Tchad ferme la marche avec 3 103 nouveaux cas et 1 415 décès. Au total, la sous-région compte 7 794 nouveaux cas et 3 685 décès en une seule année. Des chiffres qui donnent le vertige.

La situation du cancer du col de l’utérus n’est pas moins préoccupante. Le Gabon enregistre 99 nouveaux cas et 62 décès. La Guinée équatoriale compte 146 nouveaux cas et 88 décès. La République centrafricaine déclare 257 nouveaux cas et 167 décès. Le Congo rapporte 589 nouveaux cas et 384 décès. Le Tchad affiche 2 348 nouveaux cas et 1 337 décès. Le Cameroun enregistre 2 379 nouveaux cas et 1 453 décès. Le total pour la CEMAC s’élève à 5 818 nouveaux cas et 3 491 décès en 2024. Ces deux cancers combinés représentent plus de 13 000 nouveaux cas et 7 000 décès annuels dans une région de 60 millions d’habitants.

Face à ce drame, l’Organisation mondiale de la santé a fixé des objectifs clairs. Pour le cancer du sein, l’initiative mondiale 60 60 80 exige que 60 % des cas soient diagnostiqués aux stades I et II, que le diagnostic soit complété en 60 jours maximum et que 80 % des patientes achèvent leur traitement recommandé. Pour le cancer du col de l’utérus, la stratégie 90 70 90 vise à vacciner 90 % des filles contre le HPV avant 15 ans, à dépister 70 % des femmes entre 35 et 45 ans et à traiter 90 % des femmes atteintes.

Le professeur Pierre Marie TEBEU, expert en santé publique et Directeur Général du CIESPAC, ne mâche pas ses mots. « Détecté et traité tôt, le cancer du sein a de meilleures chances de guérison », rappelle-t-il. Il insiste sur l’urgence d’une mobilisation collective. « Agissons ensemble contre le cancer du sein en Afrique centrale », lance-t-il. Pour le cancer du col de l’utérus, son message est tout aussi direct. « Le cancer du col de l’utérus est évitable », affirme-t-il avec conviction. « Chaque femme compte. Parlons-en, dépistons-nous, protégeons nos filles. »

La prévention repose sur des gestes simples et accessibles. Réduire les risques en étant physiquement active, en maintenant un poids favorable à la santé, en limitant l’alcool, en évitant le tabac et en allaitant si possible. Détecter tôt en connaissant ses seins, en consultant rapidement devant tout changement, en bénéficiant d’un examen clinique par un professionnel de santé et en réalisant une mammographie selon l’âge et le risque individuel. Traiter sans retard par un diagnostic rapide, une chirurgie, une radiothérapie ou des traitements médicamenteux selon le cas, avec un accompagnement et un suivi adapté.

Pour le cancer du col de l’utérus, la vaccination contre le HPV constitue une arme décisive. Les filles de 9 à 14 ans doivent recevoir 2 doses espacées de 6 mois. Un rattrapage est possible jusqu’à 26 ans. Le dépistage régulier commence par l’inspection visuelle après application d’acide acétique ou de Lugol, complétée si nécessaire par un test HPV ou une cytologie cervicale. Les femmes de 25 à 49 ans sont invitées à se faire dépister tous les 2 à 5 ans selon les recommandations nationales.

Les signes d’alerte ne doivent jamais être ignorés. Pour le sein, une boule ou un épaississement, un changement de forme, une rétraction du mamelon, un écoulement anormal ou une modification de la peau. Pour le col de l’utérus, des saignements après les rapports sexuels, des saignements en dehors des règles, des pertes vaginales anormales et persistantes, des douleurs dans le bas ventre ou le bassin, des douleurs pendant les rapports sexuels. Devant l’un de ces signes, une seule conduite à tenir. Consulter rapidement un professionnel de santé.

Le professeur TEBEU conclut avec une vision d’espoir. « Des femmes en bonne santé, des familles plus fortes, des communautés plus résilientes. » Ce mois d’Octobre Rose 2026 doit marquer un tournant. La vaccination, le dépistage et le traitement ne sont plus des options. Ils sont des urgences. Chaque femme sauvée est une famille préservée. Chaque dépistage réalisé est une victoire sur l’ignorance. L’Afrique centrale ne peut plus attendre.




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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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