Le drame s’est produit dans la nuit du samedi 23 mars 2024. Marve 2 ans et Vic 4 ans, des enfants de la nommée N, auraient succombé à la mort après avoir consommé un produit toxique dans un repas.
N, la mère des enfants Marve âgé de 2 ans et Vic âgé de 4 ans, est inconsolable. Elle a vu ses enfants mourir après avoir consommé un produit toxique dans un repas. Que s’est-il réellement passé ? La question semble ne pas trouver des réponses jusqu’à nos jours. Selon des informations recueillies auprès de la nièce de la dame, ils sont au total 4 enfants qui auraient consommé un produit toxique dans un repas. Les enfants seraient restés seuls à la maison pendant que leur maman était au champ. A côté des enfants décédés, Che âgé de 3 ans et Wis âgé de 2 ans ont plutôt eu la chance. Ils n’ont pas succombé à la mort. Ils sont internés à l’hôpital de District de Kribi pour une prise en charge. Un drame qui remet sur la table l’épineux problème de la gestion des enfants au quotidien par les parents.
Cependant, la maman de l’un des enfants a essayé bien que mal de nous relater les faits. « Nous sommes allés au champ samedi matin. Nous avons laissé les enfants à la maison. Quand nous sommes rentrés, nous avons trouvé les enfants. Après quelques temps, nous avons suivi les cris et les pleurs. Les enfants se plaignaient du mal de ventre. Nous avons commencé par leur donner de l’huile rouge. Après cela, c’est Marve qui a été conduit à la l’hôpital à Socapalm. Malgré la prise en charge. Il va finalement décédé. Quelques minutes après, c’était autour de Vic. Le personnel de santé va essayer bien que mal à faire de leur possible. Nous n’avons plus rien compris quand Che et Wis se plaignent aussi du mal de ventre », relate-t-elle. Elle poursuit : « au regard de la situation, les enfants ont été référés à l’hôpital de District de Kribi. Dèsque nous sommes arrivés, Vic a rendu l’âme après quelques minutes. Les deux autres qui sont à l’hôpital avec moi et ma cousine ont eu la chance. Nous remercions seulement Dieu ». Une situation alarmante qui a permis aux spécialistes de sensibiliser les parents sur le plan de la gestion des enfants au quotidien pour éviter les intoxications très souvent liées aux accidents domestiques, qui à leur tour, constituent la quatrième cause de mortalité chez les enfants.
Catherine Aimée Biloa
Interview- Dr Patrick Ngou
« Ces enfants décédés, ce qui est suspecté est une intoxication aux raticides »

Il est pédiatre à l’hôpital de Régional Annexe de Kribi. Il a tenu à sensibiliser les parents sur le plan de la gestion des enfants au quotidien pour éviter les intoxications très souvent liées aux accidents domestiques, qui à leur tour, constituent la quatrième cause de mortalité chez les enfants.
Deux enfants de 02 et 04 ans trouvent la mort dans la nuit du samedi 23 mars 2024 après avoir consommer du poisson empoissonné par un raticide. Comment peut-on expliquer un tel drame ?
Il y a beaucoup de choses qui peuvent être dites pour ces cas précis. Je ne sais pas si nous pouvons parler d’intoxication alimentaire. Généralement dans ce cas, il y a un repas qui a été fait et que les enfants ont mangé. Même si les enfants vont manger une substance qui est toxique, intentionnellement ou non intentionnellement, nous pouvons avoir un tableau d’intoxication alimentaire. Mais au fait, ce n’est pas l’aliment qui a entrainé l’intoxication. Donc ce cas précis de ces enfants décédés, ce qui suspecté est une intoxication aux raticides. Mais, il y a plusieurs types de raticides. Il n’y a pas une molécule toxique dans les raticides. Il y a plusieurs types de raticides et chacune à sa toxicité. Mais la fréquente de la toxicité des raticides est la défaillance du foie. Nous avons des médicaments qui vont aller détruire le foie et empêcher ce que nous appelons les facteurs de coagulation ne fonctionnent bien. Ce sont des enfants que nous recevons dans les tableaux de douleurs abdominales et d’hémorragies.
Quelles sont intoxications les plus fréquentes chez les enfants ?
Il y a beaucoup de choses à retenir sur le plan de la gestion de l’enfant. Il faut rappeler quelles sont les circonstances et les intoxications les plus fréquentes dans la maison. Aujourd’hui pour ces enfants décédés, cela est un raticide. Mais, aurait pu être autre chose. Les enfants adorent la curiosité et les jeux. Ces médicaments ou ces substances toxiques sont souvent attrayantes au niveau du regard. Vous allez voir des petits granulés contre les souris et les rats qui sont rouges, bleu ou rose. L’enfant le prend et le cache. Après, vous retrouver cet enfant avec les autres du voisinage en train de faire des jeux. Ils préparent avec des substances toxiques et ils mangent. Parfois, les parents ne sont pas au courant parce que c’est souvent chez le voisin que les enfants vont manger. Du coup, nous allons nous dire la voisine a empoissonné nos enfants. La limite dans ces histoires, nous ne savons pas ce qui est intoxication et ce qui est empoisonnement. Généralement, cela se présente comme un empoisonnement. Donc dans la plupart des cas, nous avons des enfants qui ont ces substances toxiques quelque part. Ils ont attendus que les parents ne soient pas là pour ensuite le manger. Le cas très probants des enfants décédés à la Socapalm. Parfois le produit intoxicant est difficile à retrouver.
Existe-t-il d’autres ?
Nous avons également des pastilles contre les moustiques, les médicaments, les sirops, etc. Puisque, nous savons que tout médicament est un poison. Cela dépend de la dose. Nous avons les antidépresseurs. Nous avons les enfants intoxiqués aux antidépresseurs. Nous avons la soude. Nous avons vu des enfants dont les parents sont des quincaillers et ils ont consommés la soude. Nous avons de l’eau de javel. Il y a mille et une toxiques dans l’environnement. Nous avons des fumées de réchauds. Vous allez voir des enfants, la mère sort. Elle laisse l’aîné de 10 ans à la maison et elle dit occupe-toi des petits frères. Ils se retrouvent une pièce. Ils allument et réchaud et ils ferment tout. Ils préparent et ils mangent. Ils éteignent le réchaud et ils restent dans la pièce confinée. Vous arrivez et vous trouvez les enfants avec la salive qui sort au niveau de la bouche et des narines. Ils sont décédés. Mais, comme les gens ont vu le repas. Ils ont l’impression que c’est le repas. Puisque quand ils arrivent, toutes les vapeurs et les fumées se sont déjà dissipés. Tout le monde commence à incriminer le repas. Alors que probablement, c’était le réchaud. Cela ressort la complexité dans le diagnostic des intoxications. Il n’est pas évident.
Quelles sont les manifestions que l’on peut observer ?
Vous comprenez que les manifestations dépendent du type d’intoxication. Une intoxication au pétrole ne se présente pas comme une intoxication à un médicament ou aux raticides. Nous les appelons les toxidraumes. Très souvent, le médecin regarde tel symptôme et vous dis dans 90% des cas le médicament incriminé est tel. Si comprenez que, si vous ne trouvez pas le médicament incriminé. Vous ne pouvez pas trouver l’antidote. Parfois, le médecin se sert des manifestations pour corriger. L’antidote sert à réduire les symptômes. Ils peuvent emporter le patient. Nous réduisons les symptômes pour permettre que l’organisme évacue normalement le médicament.
Pour les enfants décédés. Qu’est-ce-qui peut justifier leur décès ?
Le souci avec les enfants décédés, nous n’avons l’heure exacte de la consommation du raticide. Ils ont été laissés sans suivi et de surveillance. Il n’y avait pas de parents. Nous avons deux qui sont décédés et deux qui sont en vie. Il y a des choses qui ont été faites avant qu’ils soient admis à l’hôpital. Dans nos habitudes, nous nous disons lorsque quelqu’un a bu un produit toxique. Il faut automatiquement lui donner l’huile rouge, le lait non sucré ou il faut essayer de faire vomir. Cela peut être dangereux de faire vomir la personne. Si vous avez un produit qui brûle et que l’enfant a bu. Il est déjà dans l’estomac. Si vous le faites vomir. Le produit toxique va encore ressortir et le bruler une deuxième fois. Pour certains, il est recommandé de faire vomir rapidement. Pour d’autres, il est interdit de faire vomir l’enfant. Dans la conception aussi, elles sont nombreuses les personnes qui considèrent le miel ou encore la pierre noire comme des antidotes. Ce ne sont pas des antidotes. C’est dangereux parce que cela fait perdre le temps.
Quelle est la première urgence face à une intoxication ?
La première urgence serait d’amener le malade à l’hôpital. C’est on va demander docteur quels sont les premiers gestes de secours avant d’amener à l’hôpital sans cesse. Le geste de secours, c’est par rapport à un produit précis. Pour l’eau de javel, le pétrole, la soude caustique, il ne fait pas faire vomir le patient. Pour les médicaments, nous pouvons tolérer que l’on fasse vomir. Mais, nous ne pouvons pas le faire pour un enfant de 2 mois. Il peut aussi avoir une fausse route. Il n’y a pas de recette miracle pour toutes les formes d’intoxications. Les intoxications viennent des accidents domestiques. Les accidents domestiques constituent la quatrième cause de mortalité des enfants.
Interview réalisée par Catherine Aimée Biloa









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